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CHAPITRE IX

Si l’hérédité donnait de si mauvais chefs à l'empire d’Orient, l'élection ne lui en fournissait pas de meilleurs. Les controverses religieuses furent ranimées par Bardanes, qui, sectateur fervent du monothélisme, convoqua un synode d’évêques favorables à cette doctrine, pour qu'ils abolissent les condamnations prononcées par le sixième concile œcuménique. Alors les Romains refusèrent obéissance au nouvel empereur, et déposèrent l’exarque ; on en vint même aux armes, et ce fut avec peine que le pontife, aidé par le clergé, parvint à séparer les combattants.

Les Arabes étaient toujours menaçants; les Bulgares, sous prétexte de venger Justinien, firent irruption dans la Thrace ; mais, après s'être avancés jusqu'aux portes de Constantinople, ils s’en retournèrent rassasiés de sang et de butin. Tout contribuait à faire haïr et mépriser Bardanes ; enfin Rufus, un de ses officiers, gagné par les patrices Georges et Théodore, entre dans le palais au moment où l’empereur sommeillait après un copieux banquet, l’enveloppe dans son manteau, et l’apporte entre ses bras dans l’hippodrome, où on lui arrache les yeux. Il est ensuite envoyé dans un monastère, pour y expier un règne de dix-sept mois.

. La phraséologie pompeuse des historiens byzantins nous fournit si peu de lumière, que nous ne savons ce qu'ils entendent quand ils font mention du peuple, ni par qui ce peuple

(1) Scurüsser, Gesch, der bildersturmenden Kaiser; Francfort, 1812.

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était représenté sous un despotisme aussi absolu. Peut-être le fantôme du sénat recouvrait-il quelque autorité dans les interrègnes, et, d’accord avec le clergé, s’appuyait-il alors de l’assentiment tumultueux de l’armée et de la plèbe.

Le peuple donc , réuni dans Sainte-Sophie, proclama Artémius, secrétaire d'État; il prit le nom d’Anastase II, et, tout

en profitant de l2 tr ‘son, condamna George et ses complices à la peine infligée . instruit et expérimenté, il s’appliqua à rétablir ! p l'Église, en acceptant l'autorité des six conciles tant au pape. Il mit à la tête des armées un ce: ié dans l’Isaurie, de parents pauvres qui s’étaient tran dans la Thrace pour y faire le

commerce de bestiaux. Un jour, Léon obtint de son père de conduire lui-même cinq cents moutons à l’empereur Justinien, quise trouvait en grande disette de vivres. Le fait en lui-même et les manières franches du jeune garçon plurent au prince, qui le plaça dans ses gardes. Zélé et courageux, il fit un chemin rapide, à tel point que l’empereur, jaloux de ses succès, l’envoya aux Alains pour les entraîner à faire la guerre aux Avares, sur la foi de promesses d’autant plus généreuses qu'il ne comptait pas les tenir. Léon réussit dans sa mission ; mais ayant trouvé à son retour l'armée romaine taillée en piè-

ces, il pénétra dans les montagnes avec cinquante Alains seu-

lement, réunit quatre cents fuyards, mit en déroute un gros d’ennemis, s’empara de quelques bâtiments, et revint, comme par miracle, à Constantinople.

Anastase IT, admirant sa vaillance et son habileté, lui confia une armée nombreuse, pour défendre l’Asie Mineure contre les Sarrasins. Informé, sur ces entrefaites, que le calife Soliman avait fait d'immenses coupes dans les forêts du Liban pour équiper une puissante flotte, l’empereur se hâta d’en armer une capable de lui tenir tête, et il en donna le commandement à Jean, diacre de Sainte-Sophie. Mais, à peine arrivés à Rhodes, les soldats se mutinent contre leur général et le tuent; puis, désespérant d'obtenir leur pardon, ils déclarent Anastase indigne du trône, proclament à sa place Théodose, obscur receveur des impôts à Adramyttium (Adramiti dans l’Anatolie), et lui font revêtir la pourpre de vive force,

À cette nouvelle, Anastase fortifie Constantinople, puis se réfugie à Nicée en Bithynie; mais Théodose vient attaquer ia capitale, dont il se rend maître après six mois de siége, et Anastase renonce, sous promesse de la vie, à un trône qu'il aurait

Anastase I,

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Léon l'Isaurien.

Cuite des images.

pu illustrer par ses vertus. Théodose Lil, aux pieds duquél il

vient se jeter en habit monastique, le relègue à Thessalonique.

Il lui restait un adversaire plus rédoutable dans Léon l'Isaurien, qui, refusant de se soumettre, se préparait à soutenir son bienfaiteur, quand il reçut de l’Arabe Moslem, frère du calife, désireux de semer la discorde dans l'empire, une lettre ainsi conçue ; Tu es digne de régner ; viens à nous ; nous ie seconderôns, ef nous conviendrons d'une paix avantageuse pour tous,

Léon se rendit à son appel, s’entendit avec lui, et fut salué auguste par les Arabes, qui cherchèrent ensuite à lui couper la retraite; mais il s’ouvrit passage à ia tête de trois cents bravés, Il comptait aussi sur l’Arménien Artavasde, son gendre, qui jouissait d'un grand crédit parmi les siens ; ilse dirigea donc vers Nicomédie avec des forces considérables, Le fils de Théodose s'étant avancé contre lui, il le vainquit et le fit prisonnier ; puis il marcha sur Constantinople, salué partout comme empereur, s

Théodose, qui avait accepté le sceptre sans le désirer, envoya sans regret le patriarche et les principaux sénateurs le remettre à Léon ; ilse fit ensuite ordonner prêtre avec son fils, rentra dans l'obscurité, dont il était sorti malgré lui. Retiré dans un couvent d’Éphèse, il s’appliqua à copier en lettres d'or les Évangiles et les Psaumes ; puis, au moment dè mourir, il voulut qu'on inscrivit sur son tombeau le mot YTIEIA, guérison. .

La porte d'Or de Constantinople s’ouvrit ‘levant le triomphant Léon, au milieu des acclamations bruyantes du peuple, qui, sans être jamais détrompé par une longue expérience,

“croit, à chaque nouveau règne, toucher enfin au bonheur,

Néanmoins, il était permis d’espérer un avenir meilleur sous Léon, dont la vaillance promettait un défenseur intrépide, et l’activité un bon administrateur, Il avait juré, entre les mains des évêques, de respecter les décrets dés conciles et les décisions de l'Église; mais les résultats furent loin de répondre aux espérances, et Léon voulut se montrer hérésiarque sur un trône d'où tant d'empereurs avaient déjà, pour des querelles religieuses, semé le trouble dans l'empire,

On sait quelle horreur Moïse avait inspirée aux Hébreux pour toute représentation figurée, soit des hommes ou de la Divinité, dans l'intention de les prémunir contre leur penchant à confondre l'image avec le sujet. Les premiers chrétiens, sortis de la synagogue, s’abstinrent probablement du culte des ima-

EMPEREURS ISAURIENS. 183 ges; car les effigiés que la tradition fait remonteraux preniiers temps du christianisme ne s'appuient pas sur des autorités suffisantes.

Mais, outre qu’il est naturel à l'homme de contempler avec respect la ressemblance de ceux qu’il a chéris ou vénérés, les Romains rendaïent une espèce de culte aux portraits des empereurs vivants et morts; il est donc probable que les chrétiens, attentifs à faire tourner au profit de la vérité les instruments du mensonge, ne tardèrent pas à reproduire l'effigie du Christ et des apôtres. L'ignorance vulgaire peut s’égarer parfois jusqu’à adorer l'objet matériel qui n'avait d'autre destination que d'élever lâme vers le Créateur ; c'est pourquoi certains Pères de l'Église et des conciles réprouvèrent les images, soit à cause d’une opinion particulière ou de quelque danger spécial qu'ils apercevaient; mais l'Église, qui, invariable dans le dogme, se plie, quant aux rites et à la discipline, aux circonstances, selon les pays et les temps, jugea cette rigueur inutile quand le motif, c’est-à-dire la crainte de lidolâtrie, eut disparu. ‘

Après l'extension du christianisme, et lorsqu'il eut occupé les lieux où dominait le polythéisme et converti à un usage sacré les choses profanes, les images du Sauveur et des saints se multiplièrent ; du reste, les faits historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament étaient une source excellente pour les arts, alimentés jusqu'alors par le polythéisme, et pouvaient séduire les barbares qui, par la curiosité de connaître la signification des peintures, s’élevèrent parfois jusqu’à la connaissance des vérités morales de l'Évangile.

Lorsque Nestorius parut faire outrage à Marie en lui r:fusant le titre de Mère de Dieu, elle fut représentée partout avec l'enfant divin dans ses bras. Certaines images que l'on appelait dyuporoinros (non faites à la main) acquirent surtout un grand crédit : tels étaient le voile avec lequel une pieuse femme (1) avait essuyé le visage du Rédempteur souffrant, et le saint suaire dans lequel il avait été enveloppé après sa mort, et qui tous deux conservaient l'empreinte divine,

Le Nord lui-même, quoi qu'on en dise, avait l'usage des images avant Charlemagne ; Bède le Vénérable, décrivant une église anglo-saxonne, bâtie par saint Benoît en 680, s'exprime

(1) éco elr6vx, porte-image, mots dont la tradition à tiré une sainte Véronique.

ainsi : «La nef était ornée des effigies de la Vierge et des ap0- «tres; dans l'aile au midi, étaient représentés les principaux « événements de l'Évangile, et dans celle au nord, les visions « de l’Apocalypse..…. Le paysan le plus grossier ne pouvait y « entrer sans rencontrer d'utiles enseignements, sans se plaire «à contempler la douceur de Jésus-Christ et les traits de ses « fidèles serviteurs ; ou bien il étudiait les mystères sublimes « de l’incarnation et de la rédemption, et le spectacle du ju- « gement dernier lui apprenait à apaiser la justice du Tout- « Puissant (1). »

Il s'était néanmoins introduit des abus, comme entoute chose humaine, abus très-faciles à comprendre chez des gens sortis à peine de l’idolâtrie qui, soit barbare ou cultivée, avait eu pour caractère la déification de la créature. Sérénus, évêque de Marseille, indigné de voir confondre trop souvent le signe avec la chose signifiée, fit jeter hors des églises ei mettre en morceaux certains simulacres qu'on ne révérait pas seulement, mais qu'on aüorait. Grégoire le Grand, informé de ce fait, lui écrivit : « Je loue ton zèle à empêcher qu'on adore des simu- « lacres faits de main d'homme ; mais je pense que tu n'aurais « pas dû les briser, attendu qu'ils sont placés dans les églises, «afin que ceux qui ne savent pas lire voient sur les murailles « ce qu'ils ne peuvent apprendr. dans les livres. Tu aurais donc « mieux fait de conserver les images en disant au peup!* que « c’est une erreur de les adorer (2). »

L'Église apportait donc dans ce culte cette juste mou ation qui favorise l’élan des beaux-arts, charme l'imagination, vient en aide aux esprits contemplatifs, sauf à prévenir l’idolâtrie. Mais l’ignorant prophète de l'Arabie avait proscrit tout ce qui était image, tant pour se conformer aux idées qu’il avait empruntées aux Juifs, que pour extirper chez ses compatriotes tout germe de polythéisme; ses successeurs les détruisirent partout où ils portèrent leurs armes; Yésid II défendit aux chrétiens ses tributaires d’en exposer dans les églises, et Léon l'Isaurien put voir les effets de cette probihition, lorsqu'il faisait la guerre en Asie. Il n'est donc pas besoin de croire, comme on le raconte, qu’au temps où il gardait les troupeaux de son père, des Juifs lui avaient prédit la plus haute fortune, à la condition qu'il détruirait ce qu’ils appelaient une idolâtrie.

(1) Hom. in nat, d. Benedicti, t. VIT, col. 465. (2) Ep. VI, 10,

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Lorsqu'il fut ensuite parvenu à ce trône sur lequel il n'aurait pu sans folie, dans sa jeunesse, espérer de s'asseoir, il exerça cette autorité que les empereurs de Constantinople s’arrogeaient sur les choses ecclésiastiques, en prohibant le‘culte des images.

Il paraît qu'il s’en tint là d’abord, les laissant d’ailleurs subsister, et voulant seulement qu'elles fussent placées assez haut pour que:les baisers des fidèles ne pussent y atteindre; mais ce furent des ordres, non une instruction, et des ordres donnés sans que le synode eût été consulté. De là, une grande rumeur; on supposa que Léon agissait ainsi sous l'inspiration des mahométans et des juifs, et que le désir de les convertir à la foi chrétienne le déterminait à faire cette concession à leur antipathie : bruits qui, de même que l’horoscope dont nous venons de parler, attestent combien la vénération pour les images était enracinée et généralement admise. Bien que les prélats grecs se montrassent trop souvent asservis à la volonté impériale, le patriarche Germain protesta contre ce décret, et écrivit au pape, ainsi qu'aux autres évêques, en invoquant l'autorité et les nombreux miracles à l'appui du culte des images.

Tandis que l'Église discrtait, l'empereur avait recours à la force, et le peuple aux émeutes. Léon, aigri par la résistance, fulmina des ordres plus sévères et voulut qu’ils fussent observés. Il envoya renverser un christ qui se trouvait dans le vestibule du palais; les femmes s’y opposèrent d’abord par les prières, et, n’obtenant rien ainsi, elles culbutèrent de l'échelle l’exécuteur du décret. Léon apaisa le tumulte en faisant couler le sang, multiplia les supplices contre ceux qui résistaient, et bannit le patriarche Germain. Une bibliothèque renfermant trente mille volumes était annexée au palais, et surveillée par un professeur qui, avec douze collègues, y enseignait aux frais de l'État les sciences sacrées et profanes. Les empereurs ne prenaient d'ordinaire aucune décision importante qu'après avoir consulté ces hommes éclairés. Léon, sans avoir demandé leur avis, voulut qu'ils approuvassent ce qu'il avait fait; sur leur refus, il fit incendier l'édifice, où brûlèrent les livres et ceux qui les gardaient.

Telles étaient les raisons du Henri VIII de l'Orient. Le peuple, blessé dans ses affections les plus sacrées, faisait entendre de toutes parts des murmures ou des vociférations contre le briseur d'images (iconociaste). En Grèce et dans les Cyclades,

il se souleva en fureur, ét, proélamant Cosma empereur, mit en mer uné flotte contre Léon, dont la valeur réprima la révolte, non le mécontentement; partout se multipliaient les violences et l'affliction,. En quelque lieu que se présentassent les envoyés de Léon pour renverser les effigies, le peuple s’armäait de pierres et de couteaux pour les défendre ; mais l’émpereur entendait être obéi, ét la prison, les supplices, attendaient les récalcitrants. |

Le pape Grégoire II lui adressa deux lettres pour lui exposer la doctrine de l'Église sur cette matière; mais, pour toute réponse, l’iconoclaste redoubla d'exigence et de menaces. Grégoire IE, montrani autant de zèle avec moins d’égards, lui écrivit d'un ton plus énergique, jusqu’à lui réprocher sa présomption ignorante et le menacer de voir l'Italie entière se révolter. « Pourquoi, lui disait-il, n’avez-vous pas interrogé, comme em- « pereur et chef des chrétiens, les lumières d'hommes instruits « et expérimentés? Ils vous auraient enseigné que, si Dieu dé- « fendit d’adorer les ouvrages des hommes, ce fut à cause des « idolâtres qui habitaient la terre promise. L’ignorance peut « seule vous faire croire que nousadorons des pierres, des mu- «railles et des planches; nous le faisons uniquement en sou « venir de ceux dont ces objets portent le nom et offrent la « ressemblance, et afin d'élever en haut notre esprit engourdi «et grossier, Diéu nous préserve de les considérer comme « dieux, et de mettre là notre confiance; mais nous disons à « l’image de Notre-Seigneur : Seigneur Jésus, secoures-nous « ef sauves-nous ; nous disons à celle de sa sainte Mère : Sainte « Marie, priez votre fils de sauver nos dmes; si c’est celle d'un « martyr : Saint Étienne, vous qui répandites votrs sang pour « Jésus-Christ, vous qui dtes particulièrement en grâce auprès de « lui, pries pour nous, »

Le prêtre George, qui devait présenter cette lettre, n’en eut pas le courage, et revintavec elle, Grégoire voulait le déposer, s’il ne se fût résigné à la reporter ; mais il fut arrôté sur la route par des soldats impériaux qui le jetèrent en prison après lui avoir enlevé la dépêche, Cette fois la réponse de l'Isaurien fut : « J’enverrai à Rome briser l'image de saint Pierre ; j'agirai avec « le pape Grégoire comme Constant avet Martin, en le faisant « enlever chargé de chaînes, » QE

Mais le pape lui répliqua : « Les pontifes sont les médiateurs « et les arbitres de la paix entre l'Orient et l'Occident, et vos u mehaces ne nous effrayent pas. Nous sommes en sûreté à

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« quelques milles de Rome. Les regards des nations sont fixés «sur notre humilité; elles révèrent icisbas comme un dieu « l’apôtre saint Pierre, dont vous menacez de btiser la figure; « Les royaumes les plus redulés de l'Occident rendent hom: « mage au Christ et à son vicaire, ét vous seul êtes soûrd À sa « voix. Si vous persistsz, le sang qui pourrait être versé retoms « bera sur vous, »

Le pape sentait donc déjà qu’il pourrait, dans les nations nouvelles, trouver un appui contre l'oppression du monde an tique; s’apercevant des machinations ourdies contre lui, il veilla à la sûreté de sà personne, en même temps qu’il informa l'Italie de ce qui se passait. Les peuples de la Pentapole et les Vénitiens, loin d’obéir à l’empereur contre le pape, se -déclarèrent pour le culte de leurs ancêtrés, et, reñnoncçunt à l’obéissance, secouèrent le joug de Constantinople. Le pape, faisant usage de ses armes, réunit quatre-vingt-treize évêques d'Italie, qui fulminèrent l’añathème contre ceux qui détruiraient et profaneraient les images saintes,

À ces nouvelles, Léon devint furiéux; mais, comrne il ne pouvait rien alors contre la vie des rebelles, illes menaça dans leurs biens en accroissant d’un tiers le tribut ét la capitation dans la Calabre et la Sicile, où il séquestra les domaines du saint-siége. Puis, afin de subjuguer l'Italie, il arma une flotté nombreuse, qui fut dispersée par la tempête, et il ne 8e trouva

plus en état de s'opposer à l'indépendance de cette belle contrée,

Tandis que Léon perdait ainsi quelques riches provinces et

jetait le trouble dans d’autres, les Sarrasins s’enhardissalent à l’attaquer. Ce même Moslem, qui l’avait encouragé à s'emparer du diadème, surprit Pergame et s’en rendit maître, bien qué ses habitants eussent cru la rendre inexpugnable en égorgeant une femme enceinte, et en plongeant leurs mains dans l'eau où ils avaient fait bouillir le fœtus (1). Constantinople se vit ensuite assiégée de nouveau par dix-huit cents voiles et cent vingt mille guerriers; mais de violentes tempêtes et le feu grégeois détruisirent cet armement formidable. La capitale fut ainsi dégagée après treize mois, et sa délivrance put encore, malgré la perte de soixante mille personnes, être considérée comme un triomphe signalé, Le calife irrité ordonna, pour s'en venger, d’exterminer tous les chrétiens qui refuseraient d'embrasser l’islamisme, ce qui accrut le nombre des martyrs,

(1) Tasoru, Cevnen., ad. Ann, Leon.

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