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de se voir dépossédés de leurs terres, ils firent en sorlc que
Moire du palais.
le majordome ne füt plus l’homme du roi, mais celui du
‘royaume, afin que, l’un venant à changer, l’autre restât en
place. Lorsqu'ils l’eurent obtenu, ils se virent assurés de leurs possessions ; le maire du palais, chef de la partie la plus puissante de la nation, inamovible au milieu des mutations du pouvoir royal, rendait chaque jour plus légers les liens de sa dépendance. Les grands finirent même par s’attribuer l’élection de ce dignitaire, sans que le roi intervint par son vote ou même par l'investiture. Sur les instances des grands, Clotaire II jura de ne jamais enlever à Varnacaire la charge de maire du palais du royaume de Bourgogne, ni à Raddon celle de maire de l’Austrasie ; il en fit de même pour celui de Neustrie (1).
Déote et inamovible, cette dignité ne tarda point à devenir héréditaire, les grands ayant intérêt à substituer au défunt un membre de la même famille, qui leur conservât leurs bénéfices comme à des clients. Voilà donc une charge de palais devenue dignité de l'État, héréditaire et très-puissante. Le
. lieutenant du roi devint le général de l’armée, et le juge du
palais se trouva le plus grand justicier du royaume, accumu- Jant sur sa personne les pouvoirs que laissait échapper la main débile des princes. Que manquait-il aux maires du palais ? de constituer l’unité pour leur office, c’est-à-dire qu’un seul püt l'exercer pour toutes les parties du royaume.
La minorité des rois contribua à accomplir la révolution ; car, en cent quatorze ans, un ou deux seulement parvinrent à l’âge d'homme, et aucun n’acquit l'énergie nécessaire pour régner. Aussi l’histoire les désigne-t-elle sous le nom de rois fainéants. La fermeté du maire du palais contrastait avec leur
(1) On trouve la même charge chez les Anglo-Sax6hs.
Voyez Pniiprs, Englische Reichs und Rechtsgeschichte; Berlin, 1898.
Sismonni, dans son /istoire des Français et dans celle de la Chute de l’empire romain, a déduit le mot majordome de mord et dom, juge de l'assassinat, comme si c'eût été un magistrat élu par le peuple pour protéger ses franchises contre le roi ; supposition dénuée de tout fondement,
Voyez aussi PEnTz, Gesch. des Merovingischen Hausmeier ; 1819.
GOUYE DE LONGMARE, Disser{alion sur la chronologie des rois mérovingiens depuis la mort de Dagobert Ie' jusqu'au sacre de Pépin; Paris, 1756.
Scamior, Gesch. von Frankreich; Hambourg, 1835.
Lenvénou, Hisloire des institutions mérovingiennes el carlovingiennes; Rennes, 2 vol.
Et parmi les anciens écrivains : FRÉéDÉGAIRE et ses continuateurs ; les autres chroniques rapportées par Bouquer, t. Il, III, IV ; quelques Vies de saints, et la
gavante comnilalion de Henni DE VALSIS,
ns
es la
faiblesse toujours croissante. Théodebert II avait élevé à ce poste, en Austrasie, Arnulf ou Arnoul, qui, issu d’une famille noble gallo-romaine, avait acquis, par son esprit et son savoir, une grande réputation, à laquelle vint se joindre la puissance, jusqu'au moment où il se retira des affaires et fut élu évêque de Metz, sa patrie.
Il avait pour parent et pour ami (1) Pépin, fils de Carloman, d'une famille austrasienne, et propriétaire de grands domaines sur la Meuse, où s'élevait son château de Landen. Après s'être signalé lui-même par ses vertus, son mérite et sa piété, il fut, comme l’évêque de Metz, compté au nombre des saints.
Les seigneurs de l’Austrasie s'étaient déterminés, par le conseil d’Arnulf et de Pépin, à donner la couronne à Clotaire II, roi de Neustrie, qui, reconnaissant envers eux, leur témoignait du respect.et condescendait volontiers à leurs désirs. Ce fut à leur suggestion qu’il convoqua à Paris les principaux leudes et les évêques des trois royaumes, pour remédier aux dissensions qui déchiraient la Gaule. Dans ce champ de mars, les sei-
gneurs, que leur union rendait prépondérants, ne songèrent
qu’à consolider leur autorité. Le fisc restitua les biens enlevés aux vassaux par Brunehaut durant les guerres civiles; divers impôts furent abolis, le clergé et le peuple recouvrèrent l’élection des évêques, et l’on rétablit le privilége de la juridiction ecclésiastique.
(1) Descendance d’Arnulf et de Pépin :
Pépin de Landen ou le Vieux, Arnulf, évêque de Metz, mort en 639. mort en 640.
| | Grill. PERS Begga, mariée à Anségise, Saint-Cihäur.
| Childebert. Pepin d’Héristal ou le Gros, Le duo Martin, mort en 714. mort en 680.
nn
er Grimdald. Charles Martel, chiläebrand.
d maire du palais,
Théodoald. ; ras
RÉ | | chitlrude, Carloman, Pépin le Bref, Grippon.
mariée à Odilon, mort en 755, roi en duc de Bavière. 752-708.
| om, Tassillon, | dernier Charlemagne. Carloman.
äuc de Bavière,
Pé le Vieux.
Dagobert Ier,
Clotaire nomma alors Pépin maire du palais d'Austrasie, en lui confiant, ainsi qu’à Arnulf, l'éducation de son fils Dagobert, proclarhé roi de cette contrée. A la mort de Varnacaire, lé roi proposa aux leudes d’élire un maire du palais pour la Neustrie; mais ils refusèrent de s’arroger un semblable droit (1).
La tranquillité intérieure permit au royaume de respirer. Le commerce prit de l’activité avec l’Angleterre, l'Espagne, l'Italie, la Syrie, l'Égypte, l'Afrique. Les Saxons, qui avaient fait de nouvelles incursions, furent battus au dela du Weser par les deux rois, et réduits à payer le tribut de cinq cents vaches, comme précédemment.
Quand Clotaire mourut, le partage ordinaire entre ses fils se serait renouvelé, si Pépin n’eût amené les Neustriens et les Bourguignons à reconnaître Dagobert, qui régnait depuis six ans sur l’Austrasie, tandis que Caribert, son frère, était proclamé dans l’Aquitaine, où il avait cherché un refuge,
Cette lisière de la Gaule, qui s'appuie au versant occidental des Pyrénées, occupée par les débris des anciens Ibères (Basques où Gascons), avait toujours été se rétrécissant par les empiétements des Romains et dés Goths. Lorsque les Francs eurent refoulé ces derniers, ils ne subjuguèrent pas les Basques. Les petits hommes du Béarn virent au contraire descendre de leurs rochers, au temps de Clotaire IT, ces gigantesques montagnards, aux capes rouges d’étoffe grossière, aux guêtres de crin, et occuper le pays auquel ils donnèrent le nom de Gascogne. Amand, leur duc, avait donné sa fille Gisèle en mariage à Caribert, qui, n’ayant survécu que peu d'années, laissa trois fils : Hildéric, Boggis et Bertram. Le premier ayant péri de mort violente, Dagobert chercha à réunir l’Aquitaine à la couronhe; mais le duc des Gascons le contraignit de la laisser à ses deux neveux, comme duché tributaire. Ce duché passa ensuite à Eudes, que l’on croit fils de Boggis, et les ducs d’Aquitaine, les plus grands vassaux de la couronne franque, devinrent l'appui de la famille en décadence des Mérovingiens, sous les ruines de laquelle ils s’ensevelirent.
Arnulf, ayant pris l’habit monastique, eut pour successeur au siége de Metz Cunipert, évêque de Cologne, par le conseil
(1) Clotarius cum proceribus ét leudis Burgundiæ conjungitur, cum eos sollicitasset si vellent, mortuo jam Warnechario, alium in ejus honoris gradum sublimare. Sed omnes unanimiler denegantes se nequaquam velle majorem domus eligere, regis gratiam obnixe petentes cum rege transigere. (FRÉDÉGAIRE, C, 54.)
restit d’am bassa
taire aux pêct trasi P.
duquel Pépin fit recueillir les lois de tous les peuples germaniques obéissant à Dagobert. Ce roi, en suivant les avis de ses deux ministres, procura du soulagement au royaume; il parcourut ses États en rendant la justice en personne, protégea le commerce, et institua la foire de Saint-Denis, qui attirait cha que année, durant quatre semaines, une fotle nombreuse de Säxons, d'Espagnols, de Lombards, de Marseillais.
Les Francs allaient aussi trafiquer au dehors; déjà assez policés pour sentir le besoin des denrées de l’inde et des produits des manufactures grecques, quelques chefs entreprirent de s'ouvrir à main armée une route entre Constantinople et la France, par la vallée du Danube. Partant de la Bavière, dernière limite des Francs, ils poursuivaient leur chemin jusqu’à la mer Noire ; là, bien préparés à repousser toute attaque, ils traversaient le pays des Avares et des Bulgares, et ramenaïent ainsi leur convoi de marchandises. Un certain Samon, natif de Sentgau, dans le Hainaut, ayant quitté son pays pour trafiquer, avait acquis une grande influence dans une tribu de Slaves Vénèdes, Tchèques ou Bohômes probablement. Le kacan des Avares étant mort à cette époque, toutes les peuplades qui lui obéissaient, comme il était arrivé à la mort d’Attila, secouèrent le joug, et Samon dirigea si bien par ses conseils sa tribu d'adoption qu'il l’affranchit de toute dépendance. Elle l’en récompensa par le titre de roi, -et il épousa douze femmes qui lui donnèrent trente-sept enfants, dont quinze filles.
Mais, ses sujets ayant insulté et pillé une caravane de marchands francs, Dagobert demanda satisfaction. Samon, dont l'autorité n'était pas assez grande pour contraindre les siens à restitution, tâcha d'amener Dagobert à contracter des liens d'amitié avec les Slaves. 22 est impossible, lui répondit l'ambassadeur Sicarius, que des chrétiens serviteurs de Dieu s'allient avec des chiens. Samon répondit à cette insolence : Si vous étes les serviteurs de Dieu, nous sommes les chiens de Dieu, et puisque vous commettez lant de méfaits contre Dieu, nous avons de lui licence de vous mordre!
Alors commença la guerre, à laquelle prirent part les Lombards comme alliés des Francs, et les Allemans comme tributaires; mais, bien que ces derniers et le duc de Frioul, unis aux Neustriens, missent en déroute les Slaves, ils ne les cmpêchèrent point de ravager la Thuringe et de battre les Austrasiens près de Wogatisbourg.
Peut-être les Austrasiens s’étaient-iis laissé battre pour faire
honte à Dagobert, odieux comme souillé de tous les vices et des actions les plus détestables. Il avait trois femmes, outre des concubines sans nombre, et, quand il voyageait pour rendre la justice, il faisait égorger quelques grands du pays; enfin, les leudes de la Neustrie, fatigués et jaloux de la domination de Pépin, s'étaient emparés du roi et l'avaient forcé à transporter sa résidence à Paris. Là, bien qu’il conservât sa charge, Pépin se trouvait entravé par les barons neustriens, qui allèrent jusqu’à attenter à ses jours; on peut donc supposer que ce fut à cause de leur mécontentement contre le roi et les barons que les Austrasiens laissèrent la victoire aux Slaves. Les soupçons ajoutèrent encore à la cruauté de Dagobert. Peu de temps auparavant, il avait donné asile en Bavière à une tribu de Bulgares qui s'était soustraite à la domination des Avares; craignant alors qu’elle ne s’unît aux Slaves, il la fit massacrer au nombre de neuf mille familles. Afin d'assurer la frontière de l’Austrasie, il chercha à se concilier les Saxons méridionaux, en leur faisant remise de l’ancien tribut de cinq cents génisses; il ramena à de meilleurs sentiments à son égard les Austrasiens , en leur donnant pour roi son troisième fils Sigebert II, qu'il confia à l’évêque Cunibert et au duc Adalgisèle, à l’exclusion de Pépin. Il réussit ainsi à opposer une bonne ligne de défense aux attaques des Slaves.
Les Bretons établis sur les côtes de l’Armorique avaient aussi levé la tête, et, à chaque changement de roi, ils se jetaient en pillards sur les rives de la Loire et de la Sarthe. Durant les dissensions civiles, au temps de Brunehaut et de Frédégonde, ils étaient comme indépendants ; lorsque Dagobert parvint au trône, le duc Judicaël prit le titre de roi, et les laissa continuer leurs incursions sur les terres des Francs.
Dagobert, craignant de s’arracher à ses honteux loisirs, envoya saint Éloi pour traiter avec Judicaël, qui, à sa suggestion, vint trouver Dagobert dans son palais de Clichy. Il en fut accueilli splendidement, reçut de riches présents, et conclut alliance avec lui; mais, loin de perdre de son indépendance, il put alors faire valoir son titre de roi, désormais légitimé, sur la noblesse inquiète de son pays. Un second royaume paraissait ainsi s’affermir au milieu de la France, quand la mort de Dagobert et celle de Judicaël laissèrent Alan, le fils de ce der: nier, exposé à des atiaques dont son âge et sa faiblesse ne lui permettaient pas de triompher. Les seigneurs voisins occupèrent différentes parties du pays; les rois francs prirent Nantes,
Renné duisit Dag bauch des nota d’aut qu'il 4 fait l4 lui de heure royal, tation aller d profes en or donna en mo éparg Dagob sait ve le soin les ch:
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retiré rachet vertus place] L'ar faste, avec l queur tombe nis, O1 mand AP l’'adm qui, d rent 1 les tu ans ( L’/
Rennes, Dol, Saint-Malo, et l'héritage des rois bretons se réduisit au pays de Cornouailles. :
Dagobert, qui passait des voluptés à la dévotion, de la débauche à la pénitence, enrichissait, pour étouffer ses remords, des monastères et des églises ; il fonda plusieurs abbayes, et notamment celle de Saint-Denis, qu’il enrichit en dévalisant d’autres églises, peu soucieux de s’attirer le courroux des saints qu'il offensait, s’il obtenait la protection de celui dont il avait fait l’objet de sa prédilection. Il eut constamment auprès de lui deux hommes qui furent ensuite rangés parmi les bienheureux. Audoénus (Ouen), chargé de la garde du sceau royal, et ensuite évêque de Rouen, jouissait d’une telle réputation que le duc des Bretons refusa l'invitation du roi pour aller dîner avec le pieux ministre. Éloi, de Cadillac, exerçait la profession d'orfévre. Le roi, lui ayant commandé un trône tout en or et en pierreries, fut si content de son ouvrage qu’il ordonna de le récompenser selon son mérite; alors l’artiste lui en montra un autre entièrement pareil, fait avec l’or qu’il avait épargné sur le premier, et qu'il aurait pu retenir impunément. Dagobert admira une loyauté qui, bien que de devoir, paraissait vertu dans ces temps, où elle était si rare, et il lui confia le soin des monnaies. Éloi seconda la magnificence du roi, et les chants populaires exaltaient le faste de Dagobert, le siége d’or et le baudrier qu'Éloi avait faits pour lui; s'étant ensuite retiré du monde, il s’occupait à orner les châsses des saints, et rachetait les esclaves avec le gain qu'il tirait de son travail. Ses vertus lui méritèrent l’évêché de Noyon, et plus tard une place parmi les saints.
L'amitié de Dagobert pour ces deux fidèles serviteurs, son faste, la dévotion avec laquelle il chantait lui-même au chœur avec les religieux, purent lui faire pardonner par les chroniqueurs ses vices et sa faiblesse, dont le peuple gémissait ; étant tombé malade au palais d’Épinay, il se fit transporter à Saint-Denis, où il mourut à l’âge de trente-huit ans, après avoir recommandé aux seigneurs, aux évêques, la reine Nantilde et son fils.
Après Dagobert, aucun roi ne gouverna plus par lui-même; l'administration tout entière fut laissée aux maires du palais, qui, durant la minorité d’une série de princes enfants, exercèrent la plénitude du pouvoir, tantôten lutte, tantôt d’accord avec les tuteurs des princes ou avec les grands vassaux. Cinquante ans de guerres civiles furent la suite de cet état de choses. L'Austrasie et la Neustrie étaient considérées comme deux
Saint Ouen,
Saint Éloi.
Pa
nations «:.unetes : la première, plus teutonique par ses usages ; l’autre, plus romaine. Comme là civilisation était plus avancée chez les Neustriens, et que les grands n'avaient pr: détruire les ahrimans ou petits propriétaires, ni acquérir une position stable, les rois y avaient prévalu, Dans l’Austrasie, au contraire, la haute noblesse s'était affermie au point de balancer le pouvoir royal ; elle détermina à cette époque une révolution qui donna la prépondérance aux pays du Rhin sur ceux qui avoisinent la Seine, et fit dominer de nouveaux les idées aristocratiques de la Germanie.
Le royaume de Dagobert resta partagé entre Sigebert IT, roi d’Austrasie, et ClovisIf, roi de Neustrie et de Bourgogne : ce dernier âgé de-trois ans, l’autre à peine majeur. Pépin, qui, de retour en Austrasie, recouvra la dignité de maire du palais (4), conclut un traité de paix avec Éga, maire du palais du roi neustrien, chargé de la tutelle avec la reine Nantilde.
Le malheur fut que Pépin et Éga moururent presque à la même époque, et que nul de leurs successeurs ne les égala en habileté et en désintéressement. Le poste de Pépin fut disputé entre Grimoald, son fils, et Othon, précepteur du roi; mais, son compétiteur ayant été assassiné par Leutur, duc des Alemans, Grimoald s’empara du pouvoir suprême, dont il se servit pour affermir l'autorité royale contre les grands, parmi lesquels Radulf avait même pris le titre de roi de Thuringe. Dans le cours de quatorze ans, Grimoald favorisa la justice, et marcha d'accord avec Sigebert ; mais, quand ce prince mourut, il renferma son fils Dagobert dans un couvent d'Irlande, et tenta de mettre sur le trône Childebert, son propre fils.
La jalousie des seigneurs austrasiens ne le souffrit pas ; s'étant insurgés, ils arrêtèrent Grimoald et ses fils, qu'ils remirent, avec le royaume, entre les mains de Clovis II, qui les fit mourir dans leur prison à Paris.
(1) + Maires du palais:
Bertoald, en Bourgogne. Bertaire, en Neustrie. Protadius, ib. . Théodald, ib.
Varnacaire, ib. Raghenfred, ib.
Landric, en Neustrie. Arnulf, en Austrasie.
Fa. 1h. Pépin de Landen, ib, £rkingaid, ib, Grimoald, ib.
Ébroia, ib. Wuilfoald, ib.
“Waraton, ib. Pépin d’Héristall, ib.
Gilemar, ib. Charles Martel, ib,
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Erkinoald, maire du palais de ce prince, ne nourrissait pas des projets moins ambitieux ; aspirant à dominer sans contrôle, surtout depuis la réunion des trois royaumes et des trois charges de maire du palais, il rabaissait les grands dignitaires pour élever la classe moyenne des ahrimans, que la domiuetion des leudes cherchait à étouffer. Cette conduite déplut à la reine Nantilde, qui, se voyant privée de toute autorité, se rendit cn Bourgogne, où elle fit élire par les grands, pour maire dit palais, Flaocat, d’origine franque, à qui elle donna la win de sa nièce, Néanmoins les deux rivaux ne se firent pas la guerre; puis, Flaocat'étant mort, Erkinoald se trouva de nouveau à la tête des trois royaumes, et les fit refleurir par son administration. Des plaques d'or et d'argent ornaient le tombeau de saint Denis; Clovis les ayant fait enlever pour acheter du pain aux pauvres, les moines dirent que, par un châtiment du ciel, il avait perdu la raison ; d’autres la louérent; mais, en réalité, il n’était qu’un instrument dans les mains d’'Erkinoald. Pour le dominer plus librement, il lui fit épouser une jeune fille d’une rare beauté, nommée Bathilde, enlevée par des corsaires sur les côtes de l’Angleterre, mais si vertueuse et qui sut tant se faire aimer que, loin de lui reprocher son origine incertaine , les contemporains supposèrent qu’elle était de sang royal.
A la mort de Clovis, Erkinoald maintint le royaume indivis entreles fils de ce prince, Clotaire IT, Childérie IT et Thierry I, qui régnérent sous la tutelle de Bathilde, soumise elle-même à la volonté du maire du palais, auteur de sa fortune. Lorsqu'il mourut, les divisions éclatèrent, et le royaume fut partagé. Les grands de la Neustrie et de la Bourgogne se rangèrent autour de Clotaire IIT, en lui donnant pour maire du palais le comte Ébroïn, qui, né dans la plus basse condition, s'était élevé à ce haut rang à force d’habileté et d'ambition. De leur côté, les Austrasiens mirent sur le trône Childéric II, âgé de trois ans, et nommèrent Wulfoald maire du palais,
Bathilde s’était montrée digne de sa haute fortune par son administration prudente et par des réformes bien entendues. La capitation, la plus injuste’ des taxes, parce qu’elle conduisait les Francs à renoncer au mariage ou à en vendre les fruits, fut supprimée ; elle mit un frein au trafic effronté des choses sacrées, qui se faisait tant pour les évêchés que pour les plus humbles dignités; puis elle ouvrit des couvents, asile dans les tempêtes civiles et soulagement à la misère publique. Sa dou-
Bathilde.
Saint Léger.
ceur, qui s'alliait à la fermeté, refrénait la tyrannie ambitieuse d’Ébroïn ; mais celui-ci, pour qui toute retenue était une gêne, l’amena ou la contraignit à prendre le voile dans l’abbaye de Chelles. Alors le maire du palais, voulant faire revenir à la couronne les droits usurpés sur elle, ainsi que les biens cédés par faiblesse ou arrachés violemment, eut recours aux expédients les plus despotiques. Neuf évêques, un grand nombre de prêtres, et les chefs des familles les plus puissantes, furent exterminés ; puis, à la mort de Clotaire, il fit couronner Thierry II, son frère, sans avoir même consulté les grands.
Les Neustriens n'osèrent tenter une résistance périlleuse ; mais les seigneurs de l’Austrasie et de la Bourgogne, craignant qu'il ne songeât à leur imposer la domination du roi de Neustrie, prirent les armes à l'instigation de saint Léger, évêque d’Autun, et du maire du palais Wulfoald; après avoir envahi la Neustrie, ils contraignirent Thierry à se renfermer dans le monastère de Saint-Denis, Ébroïn dans celui de Luxeuil, et toute la France reconnut pour roi Childéric LU.
Saint Léger ne recueillit pas d’heureux fruits de la révolution qu'il avait fomentée. Une dame Claudia, ayant laissé une grande partie de ses biens à l’évêque de Clermont, Hector, patrice de Marseille, amant de la fille déshéritée, cita l’évêque pour qu’il eût à restituer cet héritage. Léger, trompé par l’apparente justice de cette réclamation, soutint avec chaleur le perti du plaignant; dès lors le roi et les grands, dont il avait encouru la haine pour sa vertu et la hardiesse avec iaquelle il flétrissait leurs vices, résolurent de s’en défaire, et, dans ce but, ils l’accusèrent de machiner avec Hector contre l’autorité du souverain, Le Marseillais fut tué, et lui renfermé à Luxeuil.
Childéric se fit beaucoup d’ennemis par cette rigueur et ses violences brutales, en même temps que ses vices le rendaient méprisable; enfin, un noble franc, nommé Bodilon, qu’il avait condamné pour une faute légère à être fouetté comme un esclave, l’assassina dans la forteresse de Chelles avec sa femme, alors enceinte, et toute sa famille, à l'exception, dit-on, d’un jeune enfant qui se retira dans un monastère sous le nom du frère Daniel.
Wulfoald, qui s'était enfui en Austrasie, se mit à la tête du parti ;opulaire, Le fils de Sigebert Il, repoussé du trône par la
famille de Pépin, qui avait l'espoir d'y monter elle-même, et réfugié ann rds de Wilfrid évêque d'Vank fut nannal4 nan son
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conseil, et proclamé sous le nom de Dagobert II. Les leudes de Neustrie et de Bourgogne tirèrent aussi du couvent, pour le mettre sur le trône, Thierry If, auquel ils donnèrent pour maire du palais Leudèse, fils d’Erkinoald. Au milieu de ces agitations, Ébroïn sortit également de sa pieuse prison, et, s'étant concerté avec Wulfoald pour recouvrer l'autorité, il fit apparaître un Clovis IT et un Clotaire IV, fils prétendus de Clotaire ; puis il ne tarda point à se délivrer, par ses perfidies, de Leudèse, son rival, et se réjouit des maux que saint Léger eut à souffrir. Livré par deux moines, ce prélat fut en butte à des tourments cruels ; mais, dit la légende, tout couvert de blessures, les lèvres et la langue coupées, il se trouvait à l’instant guéri et parlait mieux que jamais. Ébroïn, irrité de voir que les tortures tournaient à la gloire de son ennemi, et qu'il était honoré comme martyr de son vivant, convoqua un concile pour le faire dégrader, comme complice de l'assassinat de Childéric; mais l’évêque se borna à répondre, dans l’interrogatoire qu’on lui fit subir, que Dieu seul pouvait lire dans le secret de son cœur. Les évêques voulurent accepter ces paroles comme un aveu; ils déchirèrent donc sa tunique, le dégradèrent, et le livrèrent à Ébroïn, qui le fit décapiter.
Sacritiant les deux Mérovingiens supposés, Ébroïn laissa régner Thierry IE, à la condition d’être son maire du palais; libre alors d’assouvir ses vengeances, il déposa et bannit des évêques, pilla églises et couvents, et troubia les religieuses et les moines dans leurs tranquilles retraites.
Sur ces entrefaites, les leudes austrasiens, qui, toujours peu dociles envers leurs rois, avaient livré Brunchaut au supplice et déshérité le fils de Sigebert IT, se révoltèrent ouvertement, et décrétèrent la mort de Dagobert et de son fils Sigebert. Saint Wilfrid, ce prélat qui l'avait accueilli dans son infortune, tomba dans les mains des Austrasiens, qui lui dirent : Qui vous donne la hardiesse de paraitre sur le territoire des Francs, vous qui mériteriez la mort pour nous avoir ramené ici ce Dagobert, roi sans foi, chef sans courage, qui laissait tomber nos villes sans défense, notre gloire se couvrir d'ignominie ; qui méprisait les conseils des leudes, et, comme Rodoam, aggravait les impôts? Il en a été payé comme il mérilait, et vous pouvez voir son cadavre gisant sans honneurs.
Wilfrid leur répondit : J'ai fait ce que je devais en secourant l’exilé et en protégeant l'infortune ; j'ai méprisé l'injustice des hommes, et obéi à la justice de Dieu. .
Les leudes eonfièrent alors le pouvoir suprême à deux ducs où princes des Francs : à Martin, fils de Clodolf, et à Pépin d'Héristal}, fils d'Anségisèle, descendants tous deux du maire du palais Arnulf. Pépin, ayant hérité par Begga, sa mère, fille de Pépin le Vieux, des immenses domaines de ce seigneur, était au premier rang de l'aristocratie du pays.
Ébroïn, voyant que cette révolution menaçait aussi la Neustrie et devait assurer le triomphe de l'aristocratie, eut recours aux armes; vainqueur des Austrasiens à Leucofao (Liffol), il contraignit Pépin à battre en retraite, fit prisonnier Martin dans Laon, et l’envoya à la mort, quoiqu'il lui eût promis sûreté,
La monarchie mérovingienne parut alors sauvée, et la prépondérance de la France occidentale assurée. Ébroïn s’apprétait à réunir les trois royaumes, quand il fut assassiné par Hermanfroi, officier du fisc, qu’il avait convaincu de prévarication et dépossédé de ses biens. Comme nous ne connaissons ses actes que sur la foi de ses ennemis, nous devons accueillir avec réserve toutes les atrocités dont on le chargea, lorsque la cause dont il était le principal appui eut succombé avec lui. Il se montra, à coup sûr, pilote habile et vigoureux au milieu de la tempête; conformément à l'esprit des Neustriens qui l’avaient élu, il visa sans cesse à abaisser les ducs et à saper l’aristocratie, pour établir l’unité, aussi nécessaire qu’impossible alors. Les moyens auxquels il eut recours étaient les meilleurs. Le premier fut de choisir les ducs et les grands dans d’autres provinces que celles où ils avaient des domaines, des clients et des esclaves; én effet, séparés de ces instruments de leur puissance, ils seraiemt devenus les premiers serviteurs du roi, sans pouvoir rendre leurs charges héréditaires, Il fit aussi preuve d'adresse en se ménageant l'amitié des hommes libres de l’Austrasie, pour les opposer aux grands propriétaires; en outre, il parait qu’il tenta de soumettre à des lois et à des coutumes uniformes les diverses nations composant le royaume des Francs : cette réforme devait être l'ouvrage du temps (1).
Les seigneurs de Neustrie et de Bourgogne lui donnèrent pour successeur Varaton, qui contraignit les Austrasiens à le reconnaître, mais pour être bientôt dépouillé de sa dignité par son
(1) Interea Hilderico regi expetunt universi ut lalia daret decreta per tria quaæ obtinuerat regna, ut uniuscujusque palrix legem vel consuetudinem observaret, sicut antiqui judices conservavere, (Scriptores Rerum Gallic. et Francic., Il, 613, Vie ‘de SAINT LÉGER.)
fils Gislemar. Ce nouveau chef ne tarda point à mourir, ét fut remplacé par son beau-frère Bertaire, qui, chétif dé sa personne et de peu de capacité, prenait des airs de hauteur avec les leudes de Bourgogne et de Neustrie; indignés de cette conduite, Aldéramn, Reul et quelques autres passèrent du côté de Pépin , lüi donnèrent des otages ët l'excitérent contre Bertaire.
Pépin avait reçu, après la mort dé Martin, l'hommage d’un grand nombre de seigneurs austrasiens, ét il exerçait les fonétions de maire du palais sans en avoir lé titre; mettant à profit la mauvaise administration de la Neüstrie, dont il reçut les transfuges à bras ouverts, il déploya coômmé eux sa bannière, et somma Thierry II de rétablir tous les grands dans Leurs domaines et leurs dignités. J’érai bientôt moi-méme chercher ces serfs fugitifs ! telle fut la réponse de Bertaire , et cetté réponse mit le feu à la mine. Pépin, à la tête d’une armée formidable, entre dans la Neustrie, et à Testrÿ; dans lé Vérmandois, il résout la question entre la France romaine et la France teutonique, entre les grands et les petits propriétaires. Lés Neustrienis furent vaincus, et Bertaire en fuyant péril soùs lés coups des siens ; Thierry HI, fait prisonnier ; dut accepter Pépin pour maire du palais.
C’est là une de ces batailles qui changent l'aspect dés nations, à tel point que certains historiens Pont regardée comme une nouvelle invasion germanique. Les Austrasiens, population aux habitudes teutoniques, l’emportèrent alors sur les Neustriens ct les Aquitains, enclins à la civilisation romaine; de là une politique plus conforme au caractère des conquérants, auxquels elle rendit de la force. Les ahrimans, petits propriétaires de la Neustrie, privés de représentant et de défenséur, durent obéir au duc héréditaire de l’Austrasie, chef des grands leudes ; le peuple fut dépouillé de tout droit, ét l'aristocratie, affermissant sa prédominance, rétablit les assemblées nationales et substitua la langue teutonique à l'idiome romain.
Pépin, quoique rien ne pût lui faire obstacle, ne renversa point les Mérovingiens; mais, bien qu'ils restassent encore soixante-cinq ans sur le trône, entouré trop tôt des formes et de la corruption romaines, ils ne furent plus que des fantômes de rois. Un chroniqueur, qui racontait les choses comme il les voyait, tout simplement, s'exprime ainsi : « C'était la coutume, « chez les Francs, que les princes régnassent, sans faire ou « vouloir autre chose que manger et boire stupidement, rester
Pépin d'Héristal.
Bataille de Testry.
« chezeux, présider, au commencement de mai, l'assemblée « du peuple, saluer les gens et en être salués (4). » En effet, la fonction de roi se réduisait à en avoir le titre, à se placer sur le siége d’or sans dossier ni bras, à porter la barbe et la chevelure longues, et à jouer le rôle de l’homme qui commande. Le monarque donnait audience et répondait aux ambassadeurs ; mais sa réponse lui était dictée. Le maire du palais lui assignait un revenu déterminé, au delà duquel il ne possédait qu'une petite maison de campagne, quelques terres, et à peine assez d'esclaves pour le servir. C'était là qu’il vivait toute l’année, pour n'en être tiré qu’au mois de mai, comme une vieille relique que l’on respecte encore; montant alors sur un char traîné par des bœufs, dont un esclave aiguillonnait le pas tardif, il comparaissait dans l'assemblée des grands avec le manteau bleu et blanc, en forme de dalmatique, raccourci des deux côtés, tombant jusqu’aux pieds, par devant, et traînant par derrière ; il avait sur la tête un cercle d’or avec double rang de pierres précieuses, et tenait à la main une verge d’or qui était enrichie de pierreries à l'extrémité (2). Après avoir reçu le don annuel, il retournait à son manoir ; mais tout ce qui concernait l’État au dedans et au dehors, c'était l'affaire du maire du palais, qui commandait en son nom.
A la mort de Thierry, Pépin donna la couronne à Clovis II, puis à Childebert LI, ses fils, et ensuite à Dagobert IT, fils du dernier. Il n’y eut point, de roi d’Austrasie. Le maire du palais témoigna des égards et de la condescendance aux leudes neustriens, et fit épouser à son fils Grimoald Anstrude, veuve de Bertaire. Après avoir fait du duché d’Austrasie le centre du gouvernement, dont le siége fut Cologne ou Héristall, près de Liége , il plaça à Paris Norbert en qualité de maire du palais, et ensuite son fils Grimoald ; mais ce n’était qu’une ombre d’indépendance, car rien ne se faisait que d’après ses ordres.
Cependant plusieurs seigneurs et princes tributaires n’avaient prêté leur concours à Pépin que pour régner avec lui, non pour l'élever au-dessus d'eux; ils refusèrent donc à ce parvenu l’obéissance qu'ils avaient promise aux Mérovingiens. Alan,
(1) Genti Francorum olim erat moris gentes secundum genus principari, et nihil aliud agere vel disponere quam irrationabiliter edere et bibere, domique morari, el kal. maii præsidere coram tota gente, et salutare illas, et salutari ab illis. (Historia Miscell.)
(2) C’est ainsi qu’il apparaît dans le cérémonial de l'assemblée convoquée à Valenciennes en 693,
duc des Bretor<, Eudes, duc d'Aquitaine et de Gascogne, Ratbod, duc des Frisons, Gothfred et Villicar, ducs des Alemans, se déclarèrent indépendants. Afin de rétablir la tranquillité de l'intérieur, Pépin fut donc obligé, tout d’abord, de les assaillir et de les vaincre avant qu'ils devinssent redoutables par l’accord.
Dès ce moment, il s’occupa de remédier aux désordres qui s'étaient introduits dans l’administration. Déjà, lorsqu'il avait été reconnu duc d’Austrasie par les leudes, il disposait des bénéfices à sa volonté, et recevait l'hommage des vassaux de la couronne, nommait les magistrats, les ducs, les comtes, les centeniers; en un mot, il était roi. Il étendit alors cette autorité sur la Bourgogne et la Neustrie, et se trouva ainsi l'arbitre de trois cents duchés; il conféra ou confisqua les bénéfices, reçut les ambassadeurs, et fut tout-puissant durant les vingtsept années qu'il gouverna, grands et petits aimant mieux s'adresser au puissant maire du palais qu'aux descendants dégénérés de Clovis.
Observant moins les lois de l’Église que les usages germaniques , il épousa deux femmes, Plectrude et Alpaïde ; il eut de la première Drogon, duc de Champagne, mort en 708, et Grimoald, maire du palais de Neustrie. Ce dernier était désigné pour succéder à son père ; mais, ayant été assassiné dans l'église de Saint-Lambert, à Liége, Pépin demanda que son autorité passât à Théodoald, son fils naturel, âgé de six ans, sous la direction de Plectrude. Aussitôt que Pépin eut cessé de vivre, Plectrude courut dans la Neustrie pour se concilier les leudes, ou pour les contraindre à accepter cet enfant qui
devait être tuteur de Dagobert III, enfant lui-même; mais 16 décemb ce
les seigneurs, joyeux de se voir affranchis de l’administration vigoureuse de Pépin, lèvent la tête, excitent quelque sentiment de pudeur chez Dagobert, et le décident à prendre les armes. Dans la forêt de Compiègne, ils attaquent les Austrasiens, et leur font éprouver une telle déroute que Théodoald eut de la peine à se réfugier à Cologne, où il mourut bientôt. Lxgnbert retombe tout à coup dans sa nonchalance; les seigueurs neustriens abolissent tout ce qui avait été fait par Pépin, et choisissent Raghenfred pour maire du palais; puis, le roi étant mort, ils mettent sur le trône ce frère Daniel, dont nous avons fait mention, fils supposé de Childéric Il, et lui donnent le nom de Chilpéric II.
Raghenfred se proposai
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NEUYIÈME ÉPOQUE.
choses, et d’assujettir les Francs orjentaux à ceux de l'Occident ; il se constitua donc maire du palais des provinces placées sur la rive gauche de la Moselle, et s’allia avec Ratbod, duc des Frisons. Les Austrasiens avaient autant d’éloignement pour les Neustriens que pour le gouyernement d’un enfant et d’une femme; mais, désunis et sans guide, ils ne pouvaient s'arrêter à aucun parti.