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donnée fut remplacée par Koufa, où les vétérans de l’islamisme établirent leur résidence. Djaloula et Néhavend ne tardèrent pas à céder, et la victoire des victoires, remportée près de cette dernière ville sur cent cinquante mille Perses accourus pour défendre l’indépendance de leur patrie, détermina la chute de l'empire d’Artaxar.
Les Arabe:, successivemeut maîtres d'Amadan (Ecbatane), d'Ispahan, de Casvain, de Tauris, de Réi (Ragés), s'avancèrent jusque sur les côtes de la mer Caspienne; puis, revenant vers l'Arménie et la Mésopotamie, après avoir repassé le Tigre à Mossoul, ils rencontrèrent leurs compagnons d'armes, dans la joie du triomphe obtenu par eux en Syrie ; enfin ils arrivèrent à Persépolis, première capitale de l'empire de Cyrus, et le sanctuaire des mages.
Yezdedgerd avait à peine appris la prise de Djaloula, qu'il s'était enfui à travers les montagnes du Farsistan, et s'était fortifié dans Réi, boulevard du Khorassan, où s'élevait un des plus anciens temples du Feu; mais, se voyant bientôt atteint par l'ennemi, ilse réfugia dans le désert de Kirman, demanda secours aux Sedgestains, et s'arrêta au point extrême où l’empire des Turcs confinait avec celui de la Chine, Ce dernier était alors gouverné par le grand Taï-tsung, qui ne refusa point assistance au monarque déchu. Chose étonnante, la Chine, isolée du monde, ressentait, aux extrémiits de l'Asie, le contre-coup du choc de ces Bédouins, qui, depuis dix ans à peine, s'étaient élancés hors de leurs déserts ignorés.
Le calife Othman promit le gouvernement du Khorassän à celui qui s'aventurerait le premier dans les contrées populeuses dont était formé autrefois le royaume de Bactriane, et le coursier de l’Arabe ne tarda point à se désaltérer dans les eaux de l’Oxus.
Mais déjà Yezdedgerd, qui avait trouvé un accueil hospitalier dans la Fargane, sur les rives de l’laxarte, avait traversé l'Oxus. Avec les secours que lui avait fournis le roi de Samur-
‘ande, avec les hordes turques de la Sogdiane et de la Seythie, et les Chinois des frontières, il revenait tenter encore la chance des armes, quand ses propres troupes se révoltérent contre lui. Contraint de s'enfuir de nouveau, il atteignit le fleuve Margus, où il trouva un meunier qui, sans souci de la chute des trônes, faisait marcher son moulin. I lui offrit ses anneaux et ses bracelets, pour le passer au plus vite à l'autre bord; mais le rustre, peu touché des malheurs du monarque et méconnuis-
étui aut Guè lors la t:
sant l'immense valeur de ces ornements inutiles, lui répondit : Je gagne quatre drachmes d'argent par jour; je ne veux pas me déranger de mon travail, si vous ne m'en donnez autant.
Pendant que le malheureux prince cherchait à lui faire entendre que son offre s'élevait des milliers de fois au delà, des cavaliers turcs arrivèrent, et tranchèrent les jours du dernier des Sassanides. Firouz, son fils, se mit au service de la Chine. Le fils de celui-ci, ayant conçu le projet de remonter sur le trône de ses ancôtres, prit le titre de roi des rois, et s’avança vers la Perse ; mais, ne trouvant point l'assistance qu’il avait espérée, il retourna mourir en Chine.
L’immense étendue de territoire occupée par les royaumes de l’Asie, divisée entre des satrapes presque indépendants, ne permettait pas de réunir dans un seul effort défensif toute l’énergie de la nation; voilà pourquoi nous avons vu déjà plusieurs fois les Perses succomber sous le choc d’une poignée d'hommes résolus. Les successeurs du prophète, désirant établir leur domination sur ces contrées et y fixer leur résidence, répartirent la Perse entre leurs divers capitaines, en leur assignant à chacun une contrée dont ils eurent à terminer la conquête et à consommer l'oppression. Zidjad, qui acheva de réduire l'Irak sous le calife Mohawiah, déploya la rigueur la plus féroce. Insulté par les habitants de Koufa, il les fit renfermer dans la mosquée, où l’on coupa les mains à quatrevingts d'entre eux. Les carégites et les partisans d’Ali furent réprimés par lui à force de sang; il défendit, dans Bassora, de fermer les portes ni jour ni nuit et de circuler dans les rues après la prière du soir. Aboul Moghéira, musulman très-fervent, ne voulut pas cesser d'aller à la mosquée pour faire ses dévotions, et il répondait aux promesses comme aux menaces du gouverneur : Je ne le puis, quand vous me donneriez l'univers,
— Eh bien, va; mais n'en dis rien.
— Je ne puis m'abstenir de louer le bien et de réprouver le mal !
Zidjad lui fit trancher la tête. Plus rigide encore que lui, son lieutenant Samara envoya à la mort, en six mois, huit mille habitants de Bassora.
La race des Sassanides etla seconde domination des Perses étaient donc terminées; le feu s'éteignit de nouveau sur les autels des mages et ne fut entretenu en secret que par les Guèbres, tolérés comme leschrétiens et les juifs, Le tablier du forgeron, arboré au temps d'Abraham pour arracher le pays à la tyrannie
, abätiü par les Parihes, puis relevé par
— es = Ée pr
Égypte.
Artaxar, fut cette fois déchiré en lambeaux. La Perse ne recouvra plus son indépendance qu’à l’époque où Ismail-Sofi, Arabe d’origine et schyite de croyance, y fonda une dynastie nouvelle, rivale de celle d'Othman, qui s'était assise sur le trône des Constantins.
Un autre antique royaume était renversé par Amrou, né d'une prostituée. Après avoir été l'adversaire de Mahomet, aux dépens duquel s'était exercée sa satire, il avait apporté, avec sa conversion, le secours d’une excellente épée et d’une volonté énergique aux premières campagnes de l’apostolat guerrier. Il faisait la guerre en Syrie quand, désireux d'obtenir des triomphes égaux à ceux de Kaled et d’Abou Obéidah, il dirigea quatre mille hommes sur l'Égypte, qui obéissait de nom, mais non de fait, à l'empire romain. A cette nouvelle, Omar s’effraya de son audace; soumettant toutefois sa prudence à la fatalité, il écrivit au général aventureux : Si cette lellre te trouve encore en Syrie, reviens immédiatement sur tes pas. Si lu as déjà franchi les frontières de l'Égypte, marche, et confie-toi dans le secours de Dieu et de tes frères.
Amrou, pressentant le contenu de la dépêche, attendit pour l'ouvrir qu'il fût sur le territoire égyptien; il la montra alors à ses officiers, et, tous étant d’avis de poursuivre, il continua sa marche, prit Péluse, la clef du pays, et pénétra dans la vallée du Nil. Memphis, l’ancienne résidence des Pharaons, fut emportée, et une viile appelée aujourd’hui le Vieux-Caire s’éleva sur la rive opposée.
Les Arabes furent aidés dans leur conquête par les Cophtes, habitants primitifs du pays; indignés de l'intolérance des empereurs de Constantinople, qui prétendaient, de jacobites qu'ils étaient, les amener au catholicisme et leur faire abandonner leur langue et l’écriture nationale pour celle des Grecs, ils saisirent avidement cette occasion de venger leur indépendance et leur religion. Macaukas, riche et noble personnage du pays, qui avait obtenu, en dissimulant ses croyances, l'intendance de la haute Égypte, s'était hâté, dès qu'il avait vu grandir la puissance de Mahomet, de lui envoyer rendre hommage; le prophète, en retour, l’avait reconnu pour prince des Cophtes. I fit alors sa soumission au calife, et s'engagea, par un traité, à lui payer une pièce d’or par chrétien, en exceplant toutefois les vieillards, les moines, les femmes et les enfants au-dessous de seize ans.
Les jacobites acquirent à ce prix leur tranquillité, et ce fut
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par toute l'Égypte à qui poursuivrait les Grecs et ferait meilleur accueil à Amrou. Le général arabe, dont l’armée s'était accrue, la ramena du haut pays dans le Delta, puis sur Alexandrie. Le patriarche Cyrus, qui occupait le siége archiépiscopal après en avoir fait chasser l’hérétique Benjamin, employa ses efforts pour détourner la tempête à l’aide de négociations; il ne se proposait rien moins que de convertir le calife, de le marier avec la fille d'Héraclius, et d'assurer ainsi la paix du monde. Ces rêves se dissipèrent bientôt aux cris d'Allah akbar ! élevés par les musulmans, qui se présentaient menaçants sous les murs d'Alexandrie. Cette ville, une des plus importantes de l'empire, était fortifiée avec toutes les ressources de l’art, tant du côté de la mer que de celui de la terre. Si Héraclius eût secondé les citoyens, il n'aurait pas été déçu par leur courage ; car ils soutinrent seuls avec intrépidité un siége de quatorze mois, poussé par les Arabes avec toute la valeur qui peut suppléer à l'absence de machines de guerre. Vingt-trois mille d’entre eux périrent sous les murailles dans les assauts réitérés qu'ils leur donnèrent, et dans lesquels Amrou combattait toujours aux premiers rangs et montait le premier sur la brèche; s’étant un jour avancé témérairement dans la citadelle, il s’y trouva seul avec un ami et un esclave. Fait prisonnier sans avoir été reconnu, il fut conduit avec son esclave Mosléma devant le préfet, qui leur demanda sur le ton du reproche pourquoi is venaient apporter tant de ravages sur les terres des chrétiens : Nous venons, répondit Amrou, pour vous contraindre à embrasser l'Islam, ou à payer un tribut annuel; autrement vous serez passés au fil de épée !
Ce langage hautain l’aurait trahi si son esclave n’avait eu la présence d’esprit de lui donner un soufflet, en lui ordonnant de se taire devant son supérieur. L’arlifice produisit son effet, et Mosléma fut envoyé avec ses deux esclaves présumés pour obtenir des conditions de paix. Le cri qui s’éleva dans tout le camp à leur arrivée instruisit les assiégés de l’artifice dont ils avaient été dupes, et leur péril s'accrut de tout ce que cet événement ajouta à l'audace de l’ennémi.
Peu de temps après, Amrou écrivait à Omar : « La grande «cité de l'Occident a été prise par les tiens avec une vaillance «et une ardeur merveilleuses, Son opulénce, sa beauté, ne « peuvent s'exprimer par des paroles ; elle renferme quatre «mille palais, autant de bains, quatre théâtres où lieux de « divertissement, douze mille boutiques de comestibles où
Siége d'Alexandrie,
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