‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 5 sur 79 · AE · texte numérisé non relu

AE

Amrou le gouverna tant que vécut Omar ; puis Othman y envoya à sa place Abdallah, son frère de lait, qui avait servi de scribe. à Mahomet, dont il corrompait à dessein les révélations pour les livrer à ses ennemis comme matière à risée et à calomnies. Repentant de ses torts, il en obtint le pardon. Pour effacer son apostasie et justifier le choix du kalife, il se proposa de soumettre l’Afrique du Nil à l'Atlantique. Il entra done, .à la tête de quarante mille guerriers, dans la province de Tripoli, où s'étaient retirés les Romains et les habitants fugitifs des pays occupés. L’exarque Grégoire réunit cent vingt mille soldats, Maures pour la plupart, et livra bataille à l'ennemi plusieurs jours de suite. Grégoire avait promis cent mille pièces d’or et sa fille, qui combattait à ses côtés, à quiconque lui apporterait la tête du général arabe. Abdallah en promit autant, mais avec plus de succès ; cependant Zobéir, qui abattit la tête de l’exarque, refusa le prix, trouvant indigne de recevoir de l'argent et une chrétienne en récompense de sa valeur,

Les Arabes s’avancèrent jusqu'à Soufétala (Sabtélé), en poussant même des reconnaissances dans les vallées de l’Atlas; mais, épuisés pai la longueur de la gucrre et par les maladies, ils regagnèrent l'Égypte pour y jouir de leur énorme butin, puisqu'il revint mille pièces d’or à chaque fantassin et trois mille aux cavaliers. Un peu plus tard (31 de l’hégire), Ali Sarh conduisit les Arabes dans la Nubie, alors ennemie des Blemmyes, qui peut-être n'avaient pas encore renoncé à l’idolâtrie.

que lui a donné la nature, afin que l’on puisse recueillir les trésors qu'il a semés.

« Ce peuple protégé du ciel, qui semble, comme les abeilles, destiné à trayailler pour autrui sans tirer profit de ses travaux, laboure superficiellement le terrain, et, y déposant des. semences peu pressées, attend leur fécondation de la bonté de celui par qui tout germe, croit et'mûrit. Le grain se développe, la tige s'élève, l’épi mûrit, alimenté par d’épaisses rosées qui suppléent aux pluies et maintiennent l'humidité féconde dont le sol est abreuvé, La riche moisson est immédiatement suivie de la stérilité. De cette manière, empereur des fidèles, cette contrée présente alternativement l’image d’un désert poudreux, d'une plaine liquide et argentée, d’un marais noir et fangeux, d'une prairie verte et ondoyante, d’un jardin émaillé de fleurs, et d’un champ chargé de blondes moissons. Béni soit l’auteur de tant de merveilles ! |

« Je te propose trois choses, empereur des fidèles, pour la prospérité de l'Égypte et le bonheur de.ses habitants, qui, si elles sont exécutées, feront pleuvoir les bénédictions sur la tête des fidèles : 1° que les taxes ne soient pas augmentées ; 2° que le tiers du revenu public soit consacré à l’entretien des canaux, des ponts et des digues ; 3° que la perception des impôts soit faite en nature sur les diverses productions de la terre, Agis ainsi, si tu veux que la félicité réside parmi tes nouveaux sujets, La naix et la hénédiction du ciel soient eur toi, em-

pereur des fideles! »

Dong rent ; échaïr des v inces!

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Y Dongala, capitale des Nubiens, capitula, et les rois s’engagè-

le rent à livrer annuellement un tribut, de trois cents esclaves, en

ns échange desquels ils devaient recevoir des califes des grains et

a- des vivres. Le refus, ou le retard de ce tribut, devint une cause

ur incessante de guerres.

0- Peut-être est-ce l’origine de la traite périodique des esclaves

0, noirs que faisaient les caravanes du Sennaar et qui, répandus

= dans toute l'Égypte, altérèrent le type de la race indigène et

es facilitèrent la fusion des vainqueurs avec les vaincus. Macrisi

ol- aflirme que cette fusion eut lieu peu de temps après la con- |

u- quête ; en effet, nous voyons le commerce refleurir et des |

es églises cophtes s'élever à côté des mosquées. Cependant un | 1

p- grand nombre d'Égyptiens se réfugièrent dans la Nubie, où ils | ji

at, | vécurent isolés ct de vie pastorale. En 703, tous les chrétiens |

te de l'Égypte furent soumis à un tribut personnel et marqués à |

de la main avec un fer rouge, de l'effigie d’un lion; ceux qui ne | portaient pas ce signe avaient les deux mains coupées. Un roi

en de Nubie fit tous ses efforts pour empêcher cette oppression,

et les chrétiens obtinrent quelque soulagement.

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