‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 6 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

«L'histoire politique et religieuse du califat, empire de de « l'Islam par excellence, n'offre que le spectacle désolant d’a-

ige « trocités, d’assassinats, de trahisons, d’excès du genre le plus : « détestable. D’autres empires eurent leur âge de sang, mais ils les, : « connurent aussi des jours de félicité et de paix ; celui des une « califes, agité et bouleversé sans cesse par des factions politi-

et « ques et des sectes religieuses, ne goûta pas une heure de reden « pos. Aucun règne ne fut exempt de forfaits; les lettres amolde «lirent les mœurs plus qu’elles ne les polirent, et humanité eu- « ne put jamais déposer le deuil (1).» Telle est la scène qui ug- s'ouvre après les trois premiers califes, à l’époque où il semux,

blait que les musulmans n’eussent étendu leurs conquêtes que pour couvrir de carnage un plus vaste territoire.

(1) HamMER, Min, de l'Orient, 1, 385.

La mort d’Ali et la victoire assurèrent enfin le premier rang à Mohawiad, de la famille des Ommiades ét fils de l’idolâtre

Abou-Sofian. La succession sanglante de Mahomet tomba ainsi

dans la descendance de ses persécuteurs, et la haute direction de l’islamisme se trouva livrée aux défenseurs les plus acharnés de l’idolâtrie.

Chargé par Omar du gouvernement de la Syrie, il s'était concilié les cœurs par sa libéralité durant la paix, par son bonheur à la guerre. Il trouva donc beaucoup de partisans lorsqu'il sé leva comme vengeur d’Othman, et son élection fut confirmée par l’astuce et l'épée d’Amrou. Mohawiah força Hassan, fils d’Ali, à renoncer à toute prétention au pouvoir et à passer ses jours dans une obscure sainteté auprès du tombeau de son aïeul. Il introduisit alors de grands changements dans le gouvernement des fidèles; or, bien qu’il répugnât aux habitudes et au fanatisme des Arabes de voir une dignité qui réunissait la sainteté et la puissance, se transmettre comme un héritage, il fit proclamer pour son successeur son fils Yézid, dont l’Ame, comme la manière de vivre, n’avait rien de viril. Il transféra ensuite le siége du gouvernement de Médine à Damas, où il voulait aussi faire transporter la chaire dans laquelle avait préché Mahomet; mais une éclipse de soleil manifesta la désapprobation du ciel.

Comme Constantin après son installation à Byzance, les califes se trouvèrent alors dispensés de toutes les coutumes particulières aux Arabes, que le prophète s'était abstenu de violer: cessant d’être de simples patriarches comme les quatre premiers d’entre eux, ils S’appuyèrent sur la force comme les autres rois, et devinrent des despotes entourés de faste,

Les fonctions d'iman ou chef suprême de la religion paraissaient au moins dues à la famille du prophète; elles furent usurpées par Mohawiah, qui, voyant se multiplier les controverses sur les points obscurs du Coran (car déjà on en avait fait deux cents commentaires) réunit à Damas un grand nombre de cadis et d’imans, pour concilier ce que les divers passages offraient de contradictoire, Il chargea six des plus capables de mettre par écrit ce quileur paraîtrait plus conforme à la saine raison, et leur travail produisit l’Amalek, auquel seul il altribua exclusivement l’autorité; les autres gloses furent détruites, avec prohibition d’en faire de nouvelles, comme si pareille défense pouvait être observée,

Ces changements déplaisaient aux zélés musulmans et aux

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