‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 58 sur 79 · A52 ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

A52 ÉPILOGUE

ver de l’exagération dans l'exemple de ces lettrés, de ces ministres qui, précédés de leur cercueil, vont faire entendre la vérité à l'empereur; mais l’un d'eux a écrit ces mots: La ruine des dynasties de Tsin et de Soui est venue de ce qu’au lieu de se borner, comme les anciens, à une surveillance générale, lu seule qui convienne à un souverain, ils prétendirent gouverner chaque chose immédiatement et par eux-mêmes (1). N'est-ce pas là une des causes de ruine les plus générales pour les monarchies ?

Nous avons rapporté les injures prodiguées aux bonzes et au culte de Fo; mais il faut se rappeler que nous puisions uniquement dans les ouvrages des lettrés, ennemis déclarés d’une religion qui ruinait leur docte matérialisme et, qui plus est, leur puissance oftiielle. Qui peut dire sous quel aspect différent se présenteront ces récits, quand la guerre, ce terrible instrument de civilisation, aura brisé les barrières dans lesquelles cette nation aux langes de soie traine sa longue enfance. Peut-être ce jour-là n’est pas loin de nous.

Quel étonnement n’excite pas cette nation des Arabes! Ils sont divisés dans i:" presqu'île native en mille républiques ennemies, chacune avec ses dieux distincts, et leur histoire est un désert où les seuls jalons sont des batailles, Un seul lien les unissait, la croyance où ils étaient de descendre tous d'Abraham. Ce lien, Mahomet le fortifie. Il enseigne une religion sans mystères, un culte sans sacerdoce, une charité limitée aux croyants ; il impose des privations, promet des jouissances, et proclame que celui-là seul est noble à qui Por coule de la bouche et de la main, ou qui frappe par la parole, comme avec la flèche et l’épée; il convertit enfin les anciennes rivalités en émulation de fierté et de valeur.

Quand les tribus ont cessé d’être ennemies, elles ne peuvent plus se livrer naturellement au pillage des caravanes ; alors les Arabes s'élancent de la péninsule avec une volonté forte, un caractère ardent, soutenus par le sentiment personnel du devoir et du mérite, qui les rend bien supérieurs à la mollesse assyrienne, à la corruption byzantine, à la nonchalance des grandes métropoles de l'Asie. Dévots comme des moines, batailleurs comme des héros, ils prient et massacrent, jeûnent et saccagent, s’identifient en Dieu par l'inspiration, et se vautrent dans la fange des voluptés; ils ne se proposent d’autre

(1) Du Harpe, Compilalivr “‘'ouvrages faits sous les Ming.

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