‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 59 sur 79 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

but, dans leurs expéditions, que d'étendre le royaume de Dieu, et, pensant que tout homme est destiné à contribuer à celte tâche, ils ne s'inquiètent pas du rôle qui revient à chacun, capitaine ou soldat, calife ou iman. De là, ce dévouement absolu des premiers vicaires du prophète, qui ne mêlent à leurs actions aucune ambition privée, aucune jalousie, aucune rivalité. Simples dans leurs habitudes, ardents dans leur foi, les compagnons du prophète vivent encore, et trente-six mille cités sont réduites à l’obéissance, quatre mille temples du Christ ou du Feu renversés, et quatorze cents mosquées s'élèvent triomphantes.

Les peuples de l’Asie et de l’Afrique, accoutumés de longue main au despotisme, ne s’effrayent pas de ce nouveau joug. Les sujets de l'empire avaient oublié l’honneur national, sans acquérir la majesté du peuple romain; ils n’opposèrent donc pas à une domination immorale cette résistance vigoureuse qui aurait dû la repousser. Cependant les Égyptiens et les Syriens, bien qu'affaiblis et efféminés sous les successeurs d'Alexandre et sous les Romains, déployèrent parfois un courage audacieux; il n’y eut que les Espagnols qui se défendirent en héros.

L'Islam, fondé sur une idée vraie et sublime de la Divinité, sans mystères qui pussent dépasser la raison humaine ou lui répugner; posant pour premières vertus la libéralité, la magnanimité, le courage héroïque; affranchi des luttes du sacerdoce et de la souveraineté, enseignant des préceptes assez en rapport avec la corruption de la nature humaine, avait de

grandes chances de succès, et il est étés int qu'il n'ait pas conquis le monde. Mais, tandis qu'il préc {ait l'amour et l’humiiité, il insinuait l'orgueil et l’arrogan +, ;1: sont des germes

de destruction. Bientôt sur l’héroïsme dévot se greffe la soif du pillage et du pouvoir; l’égoïsme revient, et le calife se sépare de l’iman, le successeur du prophèi:, du roi des croyants. Cependant ce schisme n'empêche pas que l’Église et l'État restent concentrés dans un seul chef pour consolider la tyrannie, en étouffant toute liberté, soit d'action ou de pensée.

Les dissensions int{:ieures firent verser pius de sang qu’il n’en coula dans les luttes conire ceux qui repoussaient la religion du prophète. Nous avons gémi sur le sort des victimes humaines sacrifiées aux idoles; néanmoins, s'il était possible d'en déterminer le nombre, peut-être n'égalerait-il pas, dans

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