‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 60 sur 79 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

toute l'antiquité et chez tous les peuples, celui des malheureux qu’on massacra pour répandre le théisme d’un prophète qui n'offrit que l’extermination pour signe de sa mission divine,

Cette invasion des Arabes peut être considérée comme une autre migration venue du Midi; mais elle fut si meurtrière et si désastreuse que, comparativement, celle des Septentrionaux passerait facilement pour une colonie pacifique. Aux hommes du Nord échappèrent beaucoup d’éléments de civilisation qui, avec le temps, finirent par dompter les barbares euxmêmes ; en effet, courbant bientôt leur front superbe sous la religion des vaincus, et adorant ce qu’ils avaient brûlé d’abord, ils étendirent les liens de fraternité, et acceptèrent les fruits de la civilisation antérieure. L’Arabe, au contraire, renverse tout sur son chemin; des monceaux de têtes coupées font foi de sa farouche intolérance, qui ne sait proposer que deux partis : obéir, ou être esclave. Il détruit tout ce qui reste debout, change l’esprit, la civilisation, les croyances ; partout il implante le despotisme, au lieu que les fils du Nord apporteut les idées d’une liberté inconnue à tous les peuples anciens.

Le christianisme répandait l’amour parmi les fiers Septentrionaux ; il étendait à l’humanité entière les droiis dont la sagesse pratique des Romains avait fait le privilége d’une seule classe, proclamait sur ja terre les véritables franchises, la dignité de l'homme en tant qu'homme, et ouvrait la route à de sûrs et infaillibles progrès; l'islam, au contraire, vient repousser les sociétés vers le passé, établir au milieu d'elle l'immobilité. Son fatalisme résigné peut bien s'éveiller parfois à la voix d'un grand prince, et oblenir un avancement matériel dans les arts et les sciences, mais il retombe bientôt dans linertie, et fait ce qui a été fait; c'est ainsi que, chaque année, cent mille croyants courent en pèlerinage à la Mecque, et se pressent dans l'étroite vallée d’Aaraft à Mozdalifah, parce que le prophète se rendit dans cette ville il y a douze siècles,

Le plus grand éloge du christianisme comme doctrine s0ciale (comme religion, la comparaison serait encore plus absurde qu'impie) consiste à montrer les effets produits par l'islamisme. Aux lieux où arrivent les apôtres de l'Mvangile, le sang cesse de couler, et l’extermination de frère à frère s'arrête; des institutions civiles, des cnseignements, une

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