ÉPILOGUE
hiérarchie, attesient la religion du progrès. L’islamisme arracha un moment l’Arabie au morcellement patriarchal, pour la lancer d’abord dans des guerres acharnées, ensuite pour la laisser retomber dans la barbarie inculte et stationnaire des premiers temps. Au dehors, il réduit en déserts les pays les plus florissants, et tandis que la Croix peuple de villes les rives du Rhin et de l’Oder, le cimeterre du musulman détruit celles de l'Asie. Les dispositions fanatiques des premiers apôtres arabes, jointes à leur constitution nationale et à celle qui prend pour base leur évangile sanguinaire, font de l’orgueil, du dédain, de la haine réciproque, de la soif de la vengeance, autant d'éléments de la vie sociale. Nous voyons jusqu’à l’époque actuelle, dans les plus belles contrées de l'Asie, sur les plages les plus riantes de l’Europe, se perpétuer la plupart de ces anciens désordres dont le Christ a délivré les sociétés : la piraterie, les harems, l'esclavage des consciençes, le despotisme sans frein, qui prend pour premier but sa conservation, et se fait l'arbitre absolu de la vie, de honneur, des biens des sujets. Aujourd’hui encore, les palais de Constantinople, d'Ispahan, d'Alexandrie, reçoivent pour ornements des têtes et des oreilles coupées. Aujourd’hui encore, c’est une maxime reçue que le Grand Seigneur peut commettre sept meurtres par jour, le grand vizir six, et ainsi de suite, en décroissant, jusqu'au simple vizir, qui peut faire tomber une tête par jour, sans forme de jugement. Aujourd’hui encore, comme au temps de Darius, un satrape de Perse fait enterrer la tête en bas des hommes vivants, et se complaît à se promener eutre deux rangées de ces infortunés, dont les
jambes s’agitent dans des convulsions de l’agonie ; il songe à
élever une grande tour, dont les hommes vivants seront les matériaux (1). Si Mahomet et Méhémet-Ali entreprennent de réformer leur nation, ils ne le peuvent qu'en violant tous les préceptes du Coran,
Il est impossible de s'arrêter sur cette partie de l’histoire sans réfléchir à ce qui serait arrivé si les Arabes eussent embrassé l'Évangile avec la même ardeur dont ils s’enflammèrent pour l'Islam. Que de guerres éparguées, que de pays appelés à Ja civilisation, qui a jourd'hui sont dépeuplés, ou soumis à l'esclavage le plus avihssant |
Ne désespérons pas néanmoins ; le christianisme jettera
(1) Voir les lettres de Texier, écrites en 1840,