ÉPILOGUE
cipités du trône de Damas ; alors se fondent les deux dynasties des Abassides et des Carlovingiens, qui agiteront longtemps l'Orient et l'Occident. Charlemagne et les autres rois de l’Europe montrent une valeur chevaleresque, l'amour de la gloire, le désir d'arriver par la guerre à consolider la paix. Ils respectent le droit, n’en tenant pas compte quelquefois, mais sans le fouler aux pieds, et on les voit portés à restaurer les lois et la société. Les Arabes sont poussés en avant par un apostolat guerrier, par la soif des conquêtes, par une fièvre de destruction. La gloire des armes dure plus longtemps chez ceux-ci ; chez ceux-là s'accroît la civilisation, qui finira par briser le glaive des envahisseurs. Ces deux empires se décomposent également en plusieurs califats et en plusieurs royaumes indépendants. On peut donc, dès à présent, prévoir les luttes qui suivront, et qui donneront naissance à des pouvoirs territoriaux et héréditaires, destinés à anéantir l’autorité suprême.
La grandeur de: Carlovingiens, puis leur affaiblissement, amènent aussi l'élévation temporelle du chef spirituel du christianisme, tandis qu’avec les Abassides, le chef de la foi musulmane se trouve renfermé dans les limites du sanctuaire; il récite la prière du vendredi, et convoque ceux qui sont appelés à récoudre avec lui quelque question théologique, mais l'islamisme manque de ce centre de vie et d'action qui fit la grande puissance du christianisme.
C'est un des préjugés historiques les plus vulgaires, que d’appeler le dixième siècle un âge de fer, et de le supposer une époque d’ignorance profonde et decivilisation infime, comme si quelque chose de mieux n’eût commencé à éclore que postérieurement à l’an 1000. Les hommes qui méditent sur les faits et ne se résignent pas à accepter des sentences toutes faites trouveront, au contraire, que le bouleversement de la société et l’ignorance la plus intense se rencontrent dans le huitième siècle, quand n'apparaît encore dans aucun pays une organisation capable d’embrasser les diverses populations. La vieille littérature est déchue, et la nouvelle n’a pas encore pris son essor. Ce qui est ancien se dissout, et ce qui nait n’a point encore de stabilité ; gouvernemenis, magistralures, propriétés, tout se ressent de l'impuissance d’enfants qui font beaucoup, mais sans diriger leurs actions vers un but et sans savoir arriver à un resultat, Charlemagne, en accordant aux gens de lettres une protection inusitée parmi les rois barbares, combat l'ignorance: en propageant, comme Mahomet, sa religion avec le
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