‹ Histoire universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 65 sur 79 · À. = PAGE 7, LE CAFÉ · texte numérisé non relu

À. = PAGE 7, LE CAFÉ

Ma, se noiosa ipocondria ti opprime, O troppo, intorno alle vezzose membra, Adipe cresce, de’ tuoi labbri onora La netlarea bevanda ove, abbronzato, Arde e fumiga il grano a te d'Aleppo Giunto e da Mocca che, di mille navi Popolata mai sempre, insuperbisce.

PARINI, Mattino.

Le cafier est une plante de la famille des Rubiacées, toujours verdoyante, aux tiges verticales, rameuses, de cinq à huit mètres de hauteur, aux feuilles ovales, pointues, luisantes, semblables à celles du laurier, produisant des touffes de fleurs blanches d’une odeur qui rappelle celle du jasmin, d’où naissent des baies rouges peu différentes des cerises. Dans l’intérieur se trouvent deux par deux ces graines qui, torréfiées et moulyes, fournissent la décoction parfumée dont l'usage est devenu si général,

On veut que cette plante soit originaire de la haute Ethiopie, d’où elle passa dans l'Arabie, qui en possède les meilleures qualités, Elk prospère entre les tropiques, sur le penchant des montagnes, dans les lieux où elle a de l’humidité et de l'ombre, On voit dans l'Yémen sa verdure s'élever sur des terrasses disposées em amphithéâtre, et aprosées par des filets d’eau ou à force de bras

Le prieur d’un monastère de l'Arabie connut le premier, dit-on, ja propriété que possède cette plante de chasser le sommeil, en observant cet effet sur les boucs et sur les chèvres qui en avaient rongé le fewillage. Il en donnait, en conséquence, une infusion à ses moines pour qu'ils ne s’'endormissent pas durant les psalmodies nocturnes, Selon d'autres, ce serait le cheik Omar, mollah ou moine de l'ordre des Schatziles, qui en aurait fait usage le premier pour vaincre sa propre som nolence, 1 fut imité par d’autres derviches, et bientôton reconnut l'action douce du café sur l'estomac; on apprit à le préparer, et le goût, agréablement flatté, s'empara du remède.

PS A A ES A RCE

Quelques-uns veulent qu'il ait été employé plus anciennement en Perse, et que le mufti d’Aden, voyageant dans cette contrée vers la moitié du quinzième siècle, en ait appris l'usage. Reporté dans sa patrie, par les pèlerinages de la Mecque, le café aurait été bientôt répandu en Égypte, en Syrie, aux Indes, et de là en Europe.

Un navire indien aborda un jour sur la plage de Théaia, en Arabie; les hommes de l'équipage, apercevant un ermitage à peu de distance, y entrèrent, et trouvèrent Schédeli, vieil ermite, qui, les ayant accueillis avec affabilité, leur offrit du café. Cette boisson, qu’ils ne connaissaient pas encore, leur plut beaucoup, et ils pensèrent qu’elle pourrait procurer du soulagement à. leur capitaine, qui était malade. Schédeli leur assura que, par elle et la prière, il guérirait promptement, prétendant même que, s’ils débarquaient leurs marchandises en cet endroït, iis feraient un bénéfice énorme, et ajoutant d’un ton prophétique quil s’y éleverait une ville d’un grand commerce.

Le capitaine voulut faire connaissance avec l’ermite, et se sentit ranimer en vidant avec lui quelques tasses de café. Sur ces entrefaites, quelques dévots, descendant des collines de l’Yemen, vinrent en pèlerinage à l’ermitage de Schédel ; comme c’étaient des marchands, lorsqu’ils eurent vu le chargement de l’Indien, ils en traitèrent avec lui. Les deux premières prophéties de Schédeli se trouverent ainsi vérifiées; puis, comme le bruit s'en répandit dans l'Arabie et dans l'Inde, bon nombre de gens vinrent le visiter, et des cabanes, des auberges, furent construites autour de sa demeure.

Apres sa mort, une mosquée fut érigée près de son tombeau, et plusieurs familles ne tarderent pas à s'établir aux environs, favorisées par des puits dont l’eau était bonne, et par les palmiers qui prospèrent en cet endroit. Telle fut l’humble origine de la ville de Moka, semblable à tant d’autres en Europe, auxquelles donnèrent naissance des ermitages et des monastères. Schédeli devint le saint tutelaire des cafetiers mu- | sulmans, qui chaque jour en font commémoration à la prière du matin, en remerciant Dieu d’ovoir, par l'intervention de l’ermite, fait connaître hors de l'Arabie cette précieuse boisson. Le café qui croit dans les environs de cette ville fut toujours considéré par la suite comme le meilleur de tous,

Nous nous dispenserons de rapporter toutes les traditions et les chants débités à la louange du café dans les pays musulmans; les Persans vont jusqu’à dire que Gabriel lui-ème l’apporta du ciel au prophète, pour rétablir sa santé.

Un poëte arabe s'exprime ainsi :

« O café! tu dissipes tout souci; à toi les vœux de l’homme adonné { « à l’étude! Le sage qui goûte la coupe où pétille ton écume, connait | « seul la vériié.

À « C'est un vin auquel ne saurait résister aucun chagrin, quand | « l’échanson présente à la ronde la tasse parfumée qui le contient, ! « Bois-le en toute sûreté, et n’écoute pas les insensés qui le réprou- « vent sans raison, »

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