‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 102 sur 146 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

(7) Voy. XLIF, 75.

les peintures réprésentent des actions successives (1). Il décrit une fontaine delle et bien entendue, faite en pavillon octogone, couverte d’un ciel d’or coloré d’émaux , et soutenue par le bras gauche de huit statues , dont chacune a dañs sa main droite une corne d’Amälthée, qui verse de l’eau; puis viennent des pilastres èn forme de femmes qui appuient chacune le pied sur les épaules de deux images , la bouche ouverte, avec de longues et largés écritures dans la main. En conduisant Astolphe däns son voyage à la lune , il se trompe sur les notions élémentaires de la cosmogonie (2) ; il croit que cet astre est égal en grandeur à la terre, ou peu s’en faut , et se le figure brillant par lui-même ; car

il dit que l’on avait peine à distinguer la terre de là, attendu .

qu'elle n’a pas de lumière. D’autres voyageurs , laissant Ptolémais, Bérénice et toute l'Afrique derrière eux, puis l'Égypte, l'Arabie déserte et l'Arabie heureuse, poursuivaient leur route sur la mer Érythrée (3).

De son temps, ôn voyait encore des actes sérieux de chevalerie, comme les défis de Charles-Quint et de Françuis I‘, et le tournoi où fut tué Henri II. Il ne pouvait done, comme Cervantès, se proposer de la mettre en discrédit ; du reste, quand il là bafoue dans un chant , il en parle sérieusement dans un autre. Parfois il vous enivre de sang avec ses preux, et peint avec énergie le massacre de milliers d'hommes désa” és ; alors l’indignation se soulève et contre les héros, et cor .re le poëte qui a le courage de rire au milieu du carnage CU: quatre-vingt ou cent mille victimes égorgées dans un jour : veritable boucherie où périssént une foule de chrétiens et presque tous les héros musulmuns, et qui vasiloin que le poëte semble se lasser lui-même, et s'écrie : Pour Dieu, seigneur, cessons désormais de parier de haine et de chanter de mort (4)! sauf à chanter bientôt d’autres haines et d’autres morts.

Où se trouvé donc jeté dans un monde perpétuellement faux, au milieu de héros qui se portent des coups terribles sans jamais se blesser, qui errent dans les forêts sauvages et conservent la politesse raffinée des cours du seizième siècle; au milieu de femmes qui font tour à tour l’amour et la guerre; au milieu de

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