‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 146 · L'ITALIE · texte numérisé non relu

L'ITALIE

Mais cette noblesse n’était pas constituée d’une seule manière davs les diverses contrées de l'Italie. En Lombardie et en Toscane, les feudataires, subjugués par les républiques, étaient venus s'établir dans les villes, où ils se livraient aux intrigues politiques ; ils conservaient, au contraire, une vitalité funeste dans la Romagne et le royaume de Naples, qu'ils agitaient par des projets ambitieux et des guerres privées, ou bien ils trafiquaient de leur valeur, et perdaient dans un service stipendié l'éclat que la loyauté chevaleresque avait répandu sur éux. Dans les deux premiers pays, les nobles ne jouissaient pas des mêmes avantages que le peuple, soit pour la juridiction ou la participation aux charges publiques ; mais, puissants par leur union, ils cherchaient à soumettre les bourgeois qui, à leur tour, les tenaient en respect par les corporations de métiers : les uns et les autres luttaient, non pour constituer l'égalité, mais pour obtenir ou usurper des priviléges; non pour accorder les intérêts, mais pour les diviser, de telle sorte qu'il était impossible d'établir une république. De là, un mouvement continuel de bascule, et « des « réformes faites, non pour l'extension du bien commun, mais « pour l’affermissement et la sécurité d’un parti; or cette sé- « curité ne s'est. pas encore trouvée, parce qu'il y a toujours eu « un parti mécontent , et qu’il est devenu un instrument énergi- « que pour ceux qui ont aspiré à un changement (1). »

Un tel état de chose avait empêché la formation de cette opinion commune , unanime, qui est indispensable pour. arriver à l’uniténationale, soit sousune monarchie, soit par une confédération. Les quatre États principaux, hostiles entreeux, n’avaient pas assez de vigueur pour se vaincre mutuellement par la force. Les républiques ne pouvaient tenir sous les armes assez de citoyens, et malgré leur défiance des feudataires de leur territoire ou des princes voisins, elles étaient ohiigées de s’en servir à cause de leurs habitudes militaires. Un triple obstacle s’opposait à l’agrandissement des princes : les barons, les petites seigneuries et le

. peuple qui, trop faibles pour dominer, étaient assez forts pour

entraver. De tout cela résultaient des tiraillements, des luttes et des perfidies.

A la mort de Laurent le Magnifique, le système d’équilibre qui durait depuis longtemps dégénéra en égoisme et en astuce; Ja politique fut l’art de parvenir au pouvoir et de s’y conserver

(1) MacmiaveL, della Riforma di Firense.

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98 QUINZIÈMR ÉPÔQUE.

par tous les moyens, sans la moindre idée généreuse. Dans l'oplpion générale, tromper était un moyen rationnel de vaincre; cela paraissait légitime, Comme aux Bédouins de voler, aux Romains d'avoir des esclaves et des gladiateurs. Erreur de coutume et de raisonnement plus que perversité d'âme, attendu que des personnages d'ailleurs d'un noble caractère croyaient, à l’occasion, qu'ils pouvaient se permettre la perfidie ; que le titre de grand était décerné à l'homme le plus rusé, etnon au plus courageux; qu'il y avait honte à succomber, et non à réussir par tous les moyens possibles.

Nous avons vu procéder ainsi Louis XI, Henri VII, Ferdinand de Castille; mais l'Italie, centre des négociations, offrait de plus grands exemples et des oécasions plus fréquentes de cette politique , qu'on l'accusa d’avoir inventée, et dont elle fut, la victime.

Les choses, peut-être, n’y seraient pas allées plus mal qu'ailleurs si les étrangers ne s'en étaient môlés. En effet, la fougue française, la férocité espagnole, la vaillance allemande , déconcertèrent cette allure artificielle ; les grandes planètes, en se rapprochant, entratnèrent dans leur tourbillon, comme des satellites, les petits États italiens, Les milices citoyennes furent remplacées par les Suisses ivrognes et grossiers, par les Espagnols rapaces et les Français dissolus ; aux guerres courtoises succéda la violation de toutes les lois de l'hospitalité, de la décence et de l'amour même; on se livra à une cruauté insensée, non daos un but arrêté et sur des personnes éminentes, mais au hasard, et uniquement dans la pensée diabolique de tourmenter, de détruire, de se montrer supérieur en force à ceux chez lesquels on ne pouvait éteindre la vie du cœur et de l’esprit.

Quelques-unes des anciennes républiques survivaient encore : mais Florence avait appris à ohéir aux Médicis, qui l’affäiblissaient en l’embellissant ; Lucques et Sienne étaient réduites en oligarchie ; Bologne se trouvait sous la dépendance des Bentivoglio; Gênes ne sentait de la liberté que l4 fatigue d'avoir toujours un nouveau maitre à chercher; Milan était tombée , de l’état de république désordonnée, dans celui de monarchie absolue, et bientôt nous verrons l’ambition de Ludovic lé More causer une déplorable invasion de l'étranger. Venise, grâce à de grands hommes, était encore un des gouvernements les plus forts de l'Europe, admiré par les politiques d'alors, comme l’est aujourd’hui l’Angleterre; redoutéé en Italie et au dehors, protégée par

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la haute opinion qu'on avait de sa richesse et de sa prudence, son alliance avec une puissances était réputée de bon augure.

Il n’est pos vrai de dire que la découverte du cap de Bonne- Espérance causa la ruine des Vénitiens ; ils furent , au contraire, plus riches que jamais dans leseizième siècle, et Serra disait encore en 1600 que toutes les provenances de l'Asie (il voulait parler du Levant) passaient par cette ville, Les vgies dont le commerce avait l'habitude n'étaient abandonnées quë"lentement, et Venise ne perdit sôn rang que lorsque Marseille établit des relations directes avec le Lévant, Si donc elle avait persisté dans sa nature de puissance maritime, elle aurait pu lutter avec les puissances nouvelles, et affermir sa domination sur l'Adriatique. Mais, tandis que l'Espagne et 18 Portugal s'élançaient dans les voies inconnues jusqu'alors, elle s'obstinait à suivre les anciennes, ét cherchait à entraver ses rivaux par des manœuvres indignes, au lieu de les devancer par uné concurrence généreuse ; lotsqu'elle aurait pu, à de bonnes conditions, s'eutendré avec l'É+ gypte et s'assurer le passage de Suez, elle fournissait des ingénieurs et des canons aux Ludiëns pouf repousser les Portugais et les Espagnols. Dès lors, devenue matérielle, elle suppléait par l'astuce à la forcequ'’elle perdait, Son ambition se tourna Vers la terre ferme; mais, comme elle se vit pressée d’uu côté par l’Autriche, de l'autre par les Turcs, elle se jeta sur l'Italie, où sa conduite fit uaitre une défiance générale,

Les Aragonais occupaient leroyaurne de Naples, l'État le plus étendu et le plus faible de l'Italie, parèe que le roi était détesté des peuples et entravé par les barons, qu’il n'avait pu noÿer dans le sang. Ferdinand le Catholique ambitionnait cette courunne; mais, comitie une telle acquisition aurait rompu l’équilibte, il en naquit des guerres qui finirent par àttirer sur l’Ltalie ceux qui devalent décider pour longtemps de ses destinées.

Le pontife n’était plus lé chef de l'Italie, et ne représentait ni lé parti guelfe ni l'indépendance nationale (1) ; mais, occupé des intérêts d’un royaume temporel, et souvent du soin de procurer une principauté à ses neveux, il était obligé de louvoyer. L'au-

(t) Voltaire lui-même rend justice aux Guelfes (Essai, ch, 52) : Le Guelfes, ces partisans dé la papauté et encore plus de la liberté, balancèrent toujours le pouvoir des Gibelins, partisans de l’Empire; et il ajoute, cli: 66 ; L'empereur voulait régner sur l'Elalie, sans borries et sans parlage.

torité religieuse, peu respectée, surtout en Italie, perdait tout son prestige dans ses luttes avec les autorités terrestres (1).. Il est vrai que le pontife avait détruit dans Rome toute représentation municipale , opprimé les plus puissants barons du territoire , les Colonna et les Orsini, réduit les autres à le seconder dans ses entreprises ; il conservait toujours une grande influertce dans le royaume de Naples, sur lequel il avait des prétentions de suzeraineté ; en ‘dutre, l'adresse habituelle de la cour pontificale dans les négociations lui donnait une grande influence sur la politique générale , dont Rome resta le centre dans le cours de ce siècle.

Ala mort d’Innocent VIII, qui s'était trop. immiscé dans les vicissitudes publiques, et avait fomenté des guerres et des rivalités, Ascagne Sforza , issu des ducs de Milan, avait de grandes chances dans le conclave; mais, voyant qu'il ne pouvait parvenir à l'emporter sur Julien de la Rovère, son concurrent, il vendit à toutes ses voix à Rodrigue Lenzuoli, Espagnol, qui avait pris le n nom de Borgia de son oncle Caliste III ; à force d'argent et d'in-

dépit de saint Pierre et de saint Paul. »

Alexandre vr, trigues, Borgia devint pape sous le nom d’Alexandre VI. Connu t

août déjà par une adresse extrême, une rare sagacité, il avait une d

bardiesse qui ne reculait devant rien de ce que lui suggérait son a 1

ambition ; il fallait que les temps fussent bien déplorables, pour S

qu’un tel homme, de mœurs infâmes, püt arriver sans obstacles P

au siége pontifical. 4

Il appesantit une main vigoureuse sur les barons, qu'il fit | B

rentrer dans le devoir, et ,réprima les assassins, dont l’audace d

était poussée au point que deux cent vingt citoyens avaient péri s.

sous leurs coups durant la dernière maladie de son prédécesseur. pi

Mais d’autres intérêts que ceux de l’Église préoccupaient son q

| esprit; il ne visait qu’à procurer une haute position aux enfants té

|| qu’il avait eus de Rose Vanozza. 4

Lil Florence avait acquis la prédominance en Toscane et détruit rs

|] l'existence politique de toutes les autres villes, à l'exception de q

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| ! Lucques et de Sienne, qui se maintenaient en se faisant oublier. P

[| Sans renoncer à ses formes démocratiques, elle reconnaissait et

|| la domination de la famille des Médicis, qui la gouvernait de- | d

| | puis un siècle; les capitaux que les négociants de Florence à

|} avaient au dehors entravaient la politique, en obligeant l'État ta

| | à des ménagements et à des alliances inopportunes. Lesouvenir ù

| (1) François Sforza écrivait dans une lettre : Znvifo Petro et Paulo : « En $ | im | à

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de l'indépendance était encore vivace dans les villes que Florence avait assujetties, et Pise, entre autres, secouait de temps en tempsses chaînes ; de plus, les factions n'étaient pas encore éteintes et, soit motif d’anibition, soit véritable amour de la liberté, elles continuaient d’agiter le pays. Il fallait une grande force ou une grande habileté pour les tenir en bride, les écraser ou les tromper. À Laurent le Magnifique, qui voulut séduire la liberté, mais non l'étouffer, avait succédé Pierre, homme aussi robuste de corps que faible d'esprit, qui visait surtout à se faire une réputation d’adresse comme joueur de balle, et d’habileté comme improvisateur ; mais il n’avait aucune de ces qualités dans les affaires politiques. Oubliant que la puissance de sa maison était d'origine populaire, il s’isola des plébéiens, et, par ses débauches privées, il souleva contre lui de ces inimitiés qui couvent et ne s'éteignent pas.

Cette manière d'agir enhardit les mécontents, qui bientôt trouvèrent un organe dans Jét:1e Savonarole. Né à Ferrare , d’une famille noble, et pourtant partisan chaleureux du peuple, moine, et pourtant livré à l'étude assidue des écrivains politiques, Savonarole associait une dévotion sincère à un penchant décidé pour le gouvernement républicain. Il prit l’habit de dominicain en l’honneur de saint Thomas; Jean-François de la Mirandole nous le dépeint comme violent à l'encontre des vices, mais trèsdoux avec les pécheurs. Son calme, sa sérénité naturelle, annonÇaient la paix intérieure dont il jouissait; rigoureusement pauvre, ilrenonca à ce qu’il aimait le plus, quelques livres et quelques tableaux. Il portait habituellement à la main une petite tête de mort en ivoire, pour se rappeler le néant des gloires humaines, voulant fuir la vanité plus que tout autre vice ; il désirait rester frère convers , pour n'être pas distrait par la prédication, qui était le but principal de son institut; cependant, appelé à professer, il se signala dans le couvent de Bologne par l'humilité et la pénitence , et s’appliqua à étudier dans les sources la parole de Dieu. Il commença à Brescia, en discourant sur l’Apocalypse, à mêler dans ses raisonnements quelques idées politiques, d'autant mieux senties que l'on souffrait beaucoup. Il pr'cha ensuite à Saint-Marc de Florence, sous un grand rosier de Damas, devant un auditoire peu nombreux d’abord, mais qui bientôt s’accrut tellement que Savonarole fut obligé de se transporter dans la cathédrale. Là, sous ses vastes arcades toutes nues, il déclama contre la vie mondaine du clergé, les désordres politiques, les

Savonale 1402,

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profanations des artistes, et déclara qu’il voulait tout pour le me peuple et par le peuple. tab Son éloquence n’était pas étudiée, mais elle jaillissait du cœur 8 avec cet élan des mes fortes dans des complexions délicates, et bér des larmes s'échappaient de ses yeux; aussi l’entendait-on quel- k I quefois s'ecrier, brisé par l'émotion : « Je n'en puis plus, les ints * « forues me manquent, Ne sommeille plus, à Seigneur, sur cette pol « croix ;exauce ces prières, ef respice in faciem Christi tui, O ou « Vierge glorieuse, à saints, priez pour nous le Seigneur qu'il ne am « tarde pas à nous exaucer. Ne vois-tu, pas, Ô Seigneur, que ces és « hommes pervers se raillent de nops, nous bafouent, ne laissent « pastes serviteurs faire le bien? Chacun nous tourne en dérision, "4 « et nous sommes devenu l'opprobre du monde, Nous avons fait : « loraison ; combien de larmes ont été versées ! combien a-t-il ‘3 « été poussé de soupirs! Qu'est devenue ta Providence? qu’est à : x devenue ta bonté, ta fidélité? Hélas! ne tarde pas, à Sei- : ‘ « gneur, afin que le peuple infidèle et pervers ne dise pas : Ubi : à «est Deus eorum? Oùest le Dieu de ceux qui ont fait tant de : I «pénitences , tant de jeünes ?.… Tu vois que les méchants de- a « viennent pires chaque jour, et semblent désormais devenus « inçorrigibles. Étends, étends donc ta main, déploie ta puis- Le «* sance. Je n'en puis plus, je ne sais plus que dire; il ne me qe « restequ'à pleurer, Je veux fondre en larmes sur cette chaire. ri « Je ne dis pas, Seigneur, que tu nous exauces pour nos mérites ; $ E « mais par ta bonté, par amour pour ton Fils... Aïe compassion ‘ « detes brebis. Ne les vois-tu pas ici toutes affligées, persécutées ? ‘4 « ne les aimes-tu pas, Seigneur? n’es-tu pas venu t’incarner if « pour elles? n’as-tu pas été crucifié et mis à mort pour elles? de : « Si je ne.suis pas bon à cet effet, pour une telle œuvre.…, ' « écarte-moi, Seigneur, Ôte-moi la vie. Qu'ont fait tes brebis ? ‘3 « elles n'ont commis aucun mal. Je suis le pécheur ; mais n’aie ; ; « point égard à mes péchés, Seigneur ; aie égard une fois à ta « douceur, à ton cœur, à tes entrailles, et fais-nous éprouver ss « toute ta miséricorde, » ‘4 Le gouvernement des Médicis, matériel, égoiste, étranger aux *.s idées généreuses, donnait prise, et beaucoup trop, aux attaques du À : moine. La multitude, considérant Laurent de Médicis comme ne. l’usurpateur des biens les plus précieux des Florentins, racontait 1 que Savonarole, appelé à son lit de mort, lui avait demandé “A d'abord.s'il se confiait en la miséricorde de Dieu, puis s’il était «

disposé à restituer les biens illégitimement acquis (ce à quoi le ;

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u cœur tes, et n quellus, les ar cette | tui, O qu'il ne que ces aissent érision, ons fait n a-t-il

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moribond avait en" ::ti, après quelque hésitation); enfin, s’il rétablirait la liberté. le gouvernement populaire; mais que, sur le refus de Laurent, Je moine s'était retiré sans lui donner la bénédiction,

Des temps si malheureux, surtout à une époque où la culture intellectuelle s’améliorait, les combinaisons tortueuses d’une politique clandestine, cette turpitude qui s'étalait effrontément sur la chaire de saint Pierre, les plaintes de tous les malheureux que les révolutions avaient jetés dans l'exil, répandaient partout une idée de désastres d'autant plus redoutés qu'ils étaient indéterminés, Cette idée, le religieux la fortiflait en répétant : « Male « heur! malheur! 6 Italie, à Rome ! dit le Seigneur ; je vous aban- « donnerai à une puissance qui vous effacera du rang des « pations, Des peuples affamés comme des lions arrivent, et la « mortalité sera si grande que les ensevelisseurs s’en iront par « les rues en criant ; Qui « des morts ? et l’un apportera son père, « l’autre son fils. O Rome, je te le répète, fais péniteuse! 6 Milan, « Ô Venise, faites pénitence (1)! »

Le peuple croyait qu'il était en correspondance directe avee la Divinité, qu'il avait des extases et connaissait l'avenir. Savonarole connaissait à coup sûr le cœur de l’homme, et savait que le premier instrument de la tyrannie est la corruption des sujets; aussi s’efforçait-il de rétablir la liberté en faisant entrer la sainteté évangélique dans les cœurs du peuple et les lois. « Peuple florentin (s’écriait-il), je m'adresse aux méchants ; tu sais qu'il est un proverbe qui dit, Propter peocata veniunt adversa, c'est-à-dire que les adversités viennent à cause des péchés. Va, lis. Quand le peuple hébreu faisait bien, et qu’il était ami de Dieu, il prospérait dans tout ; au contraire, lorsqu'il commettait des méfaits, Dieu lui envoyait un fléau. Florence, qu'as-tu fait? qu'as-tu commis? Veux-tu que je te le + dise? Hélas! la mesure est pleine; ta malice est arrivée au comble. Florence, la mesure est pleine, attends, attends un grand fléau, Seigneur, tu m'’es témoin que je me suis efforcé avec mes frères de prévenir, par la prière, cette inondation, cette ruine, Il n’y a plus rien à tenter ; uous avons supplié le Seigneur de convertir au moins en peste ce fléau terrible. Tu t'apercevras si nous avons obtenu ou non la grâce que nous avons implorée. »

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