HISTORIENS, POLITIQUES, — SCIENCE DE LA GUERRE
Au milieu de tant d'esprits frivoles et insouciants, il était impossible que les grands intérêts agités à cette époque ne trouvassent personne qui entreprit de les raconter dignement, de méditer sur la nature des événements et d'en rechercher les rapports mutuels.
La gloire d'avoir produit les meilleurs historiens revient encore à Florence. Jacques Nardi, qui s'était formé en traduisant Tite-Live, écrivit, avec une connaissance complète des faits, les vicissitudes de cette république depuis 1492 jusqu’en 1531. Il prodigue les sentences , mais son style est châtié ; il se montre, comme exilé, aussi hostile aux Médicis que Philippe Nerli, dont le travail va six années plus loin, leur témoigne de bienveillance.
Bernard Segni, gentilhomme, raconta les faits des trois années pendant lesquelles Florence jouit de la liberté, pour montrer « quelles sont les mœurs des citoyens de Florence au milieu de la liberté, afin que ceux qui viendront ensuite ne comptent pas beaucoup sur la gloire et la douceur d’un gouvernement libre. » Écrivain correct, non élégant, il fit cause commune avec les modérés et Nicolas Capponi, son uz:le, dont il écrivit la vie. Il continua son histoire jusqu’à la prise de Sienne; s’il ignore l’art d’enchainer les faits et de ménager les transitions, son âme est pleine de candeur comme son style. Benoît Varchi part de la dernière proclamation de la liberté florentine, et s'arrête à l’élévation de Cosme. Il n’a pas été témoin des faits, comme ses deux prédécesseurs, mais il écrit d’après des documents neufs, et sur les renseignements que lui fournissait dans ses lettres J.-B.
(1) Nous pouvons ajouter encore Isabelle d’Este, Argentine Pallavicina, Blanche et Lucrèce Rangone, Françoise Trivulzia, Marie de Cardona, Portia Malvezzi, Angiola Sirena, Laure Batiferra, Laure Terracina, Silvia Bandinelli, Claire Matriani, etc.
Varcht.
Ammirato,
Bruto.
Pitti,
Guicciardini.
Busini (1). Subventionné par les Médicis pour accomplir cette tâche, il ne sut ni dire ni taire assez pour les satisfaire, et l’on chercha à supprimersonlivre. Quoique prolixe, inégal et dépourvu de l’art nécessaire pour bien choisir les circonstances, il se fait lire par son constant amour de la patrie. Comme il rapporte chaque détail, chaque discours, il nous fait vivre véritablement parmi les derniers citoyens Kbres; s’il ne dit pas par quels moyens la liberté fut abattue et remplacée par la paix, c’est-àdire la servitude, il le laisse deviner.
Bien que Scipion Ammirato de Lecce ait écrit, par l’ordre de Cosme I", une histoire de Florence depuis sa fondation jusqu'en 1574, ainsi que la généalogie des familles florentines, il ne montre pas non plus de servilité; il s'était proposé pour modèle Tacite, le moins imitable des anciens.
Le discours de don Vincent Borghini sur l'histoire florentine
est hérissé d’érudition. Le Vénitien Jean-Michel Bruto accom-
pagna en Pologne Étienne Bathori ; il fut nommé à Prague historiographe de Rodolphe IE, et il paraît être mort en Transylvanie. Afin de ne pas être tenté de se vendre, il s’habitua à une vie frugale ; sous l’inspiration des exilés, il entreprit de venger les Florentins des calomnies adulatrices de Paul Jove, en dévoilant par quels moyens iniques les Médicis étaient parvenus à éteindre la liberté dans leur patrie. Comme il avait vu plusieurs contrées, il put s'élever à des considérations plus étendues que les pédants stipendiés, dont il corrige les adulations par le sentiment de haine dont il est animé.
Jacques Pitti nous offre le meilleur récit quenous ayons, à partir de 1494 jusqu’en 1529. Il compile souvent, mais avec un soin judicieux, les écrits de ceux qui l'ont précédé; il décerne aux Médicis ces louanges que bien peu avaient le courage de leur refuser ; mais il w'aurait pas dû faire cette concession, lui qui avait fait l'apologie des Cappucci, donné des éloges au gouvernement de Florence du temps de Soderini, et réprouvé Machiavel, Guicciardini et les autres plumes vénales.
Nous avons eu déjà l’occasion de révéler la conduite honteuse de François Guicciardini dans les affaires de sa patrie. Il s'était flatté de l'espoir de marier sa fille à Cosme de Médicis, le nouveau maître de Florence; mais, comme Vettore et les autres fauteurs de cette tyrannie, il fut payé de ses services par le mé-
(1) Ces lettres importantes ont été publiées à Pise par Rosini, en 1822.
pris, et peut dépit de l'am d'amertune 8 justifier ou tr Guicciardini au milieu de de l'invasion Acteur dan bassadeur, g magne, lieute Quint, il poss compli, savoi cœurs, et vers voit de loin et nérales, Riche intimes, et de de la politique connaît jama jours l'ambitia On trouvera rapprache auta la majesté mais l’imitatio dans la rhétor sérer ensuite d d'art, mais qu si peu, et à tandis qu’ils s gneugement él non-seulemen!
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