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LES ARTISTES ET LES MÉCÈNES. A

Qu'une philosophie vulgair. nagine un cercle fatal autour duquel monte et descend la civilisation, ou que l’adulation attribue à la seule influence des princes le développement des germes heureux, on trouvera des preuves nombreuses à l'appui de ces deux thèses dans les données de l’histoire, qui du ne en fournit à tous les systèmes.

Aucun siècle ne mérita mieux que celui des Médicis d'être appelé siècle d’or, et jamais les honneurs et les encouragements accordés aux hommes de mérite ne furent aussi splendides, aussi universels. François I°' invitait les Italiens à venir rallumer de l'autre côté des Alpes l’étincelle du beau, et Léonard de Vinci, le Primatice, Cellini, André del Sarto, toute une colonie d'artistes laissaient dans ces contrées des ouvrages et des élèves ; en même temps, Alamanni et les Strozzi, accueillis en France avec cette hospitalité généreuse qui jamais ne manque aux étrangers, lui inspiraient le goût de cette littérature dans laquelle avait été chantée naguère la belle Avignonnaise. Le dédaigneux Charles- Quint ne rougit pas de se baisser pour ramasser le pinceau du Titien ; il se lève à l’arrivée de Michel-Ange, en s’écriant : Z/ y a beaucoup d'empereurs, mais il n’y a point d'urtiste comme vous (1) ; il répond aux courtisans qui s'’indignent des honneurs rendus à Guicciardini : D'un mot je puis faire cent chevaliers, et toute ma puissance ne saurait fuire un écrivain comme lui. Le fier Jules IL expédie courriers sur courriers pour rappeler Michel-Ange, et descend même à des excuses pour lui avoir fait faire antichambre. Princes et papes le faisaient asseoir à côté d'eux; Venise, la France et jusqu’au Grand Seigneur le demandaient. Lorsqu'il eut expiré, à Rome, on enleva son cadavre, afin qu'il reposât, non dans la basilique du christianisme, mais à Florence , dans le temple consacré aux grands hommes. L'empereur d'Allemagne et les rois de France et d’Espagne tenaient sur les fonts baptismaux un fils de Mattiolo; le cardinal Bibiéna voulait marier une de ses nièces à Raphaël.

Le nom de Léon X résume tout ce qu'il y a de plus signalé dans l'amour des lettres; il mettait à la disposition des savants

(1) Voilà, d'autorité impériale, la fameuse idée de Fourier : « Si un jour venaient à mourir tous les princes, les présidents, les maréchaux, les prélats, la haute noblesse, ils seraient remplacés le lendemain sans autre dommage que le regret d’avoir perdu d'aussi braves gens ; mais si les grands artistes, les

"grands littérateurs, les mécaniciens les plus habiles, les tailleurs, les cordon-

niers les ineilleurs venaient à mourir, la perte serait irréparable. »

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emplois , bénéfices , dignités de l'Église et ses propres richesses. Il avait pour secrétaires Bembo et Sadoleto, écrivains latins su: périeurs à tous ceux qui les avaient précédés. Il donnait à Béroald la conservation de la bibliothèque du Vatican ; il fixait à Rome Jean Lascaris et Marc Musuro, philologues célèbres; il conflait au premier la direction d’un collége spécial pour l’enseignement du grec , dont les maitres étaient appelés de la Grèce, et lui donnait une imprimerie ; il salariait plus de cent professeurs dans le collége de Romeet envoyait à la recherche des manuscrits, disant que favoriser les progrès de la littérature classique est une partie importante des devoirs pontificaux. Tibaldeo de Ferrare, venu à sa cour, de celle des Gonzague, reçut de lui un traitement et des richesses, sans compter cinq cents sequins pour une épigramme; ayant reconnu dans le jeune Flaminio d'heureuses dispositions, il le retint près de lui ; il restait ébahi aux improvisations e Marone , promettait des récompenses à ceux qui découvriraient quelque autre livre de Tite-Live ou de Tacite, et des priviléges aux éditions les plus estimées.

Il transmit à ses descendants ce goût éclairé dont il avait hérité de ses ancêtres. Le grand-duc Cosme I°' aima beaucoup l'étude. François 1°", son fils , instruit dans tous les genres de littérs ture, accrut les universités de Pise, de Florence, de Sienne et l Académie florentine ; il fonda l’Académie de la Crusca et la magnifique Galerie, augmenta la bibliothèque Laurentienne, encouragea Ja botanique et protégea quiconque avait du mérite. Ferdinand I°* acheta la Véaus de Médicis , commença la chapelle royale de Saint-Laurent et institua l'imprimerie en caractères orientaux.

Nous avor: vu les princes de Milan et de Naples agir de même, jusqu’au moment où ils furent renversés par les étrangers. Les républiques confiaient aux littérateurs des missions importantes, parce qu'elles les savaient recommandés par leur caractère. Alphonse I‘ d’Este, bien qu’étranger aux lettres et toujours occupé de guerres , fit refleurir l’université de Ferrare , où Lucrèce Borgia , Lucrèce et Anne d’Este, Isabelle de Médicis comblaient de faveurs le beau savoir, et l’honoraient même de leur amour. Isabelle d’Este , marquise de Mantoue, ne le favorisait pas moins. Le belliqueux Alviano profitait du loisir que lui laissait la guerre pour réunir dans sa maison de plaisance de Pordenone Fracastor, Cotta, Navagéro et autres, qu’il appelait son académie, se plaisait et s’instruisait avec eux. Le duc d'Urbin, au

milieu des f esprits et d l’ignoble AI cultivés. Te nelli, à Bro leur demar au Titien :

service si v diligence p« Non-seule richesse voi de l’autre cé et signait a ron ; l’aristc et des lettre dinal Chigi, Ammanati Padole? Ar les cippes, | sulaires. À ( la provide cueillis par sidérables.

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