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LES ARTISTES ET LES MBCLNES

milieu des fracas des armes, avait fait de sa cour l' Le des be, ox esprits et des savants. L'infâme duc de Valentimois lui-même , l’ignoble Alexandre de Médicis aspiraient à la réputation d’esprits cuitivés. Tous adressaient à Michel-Ange, à Puccini, à Bandinelli, à Brouzino des lettres familières , discutant leurs projets et leur demandant quelque travail; Philippe IL de France écrivait au Titien : « Vous me ferez un extrême plaisir et me rendrez service si vous me préparez quelque tableau avec la plus grande diligence possible. »

Non-seulement les princes, mais tous ceux qui avaient de la richesse voulaient être et se montrer des Mécènes ; tandis que, de l’autre côté des Alpes, le noble se glorifiait de son ignorance et signait avec une croix, ne sachant écrire en sa qualité de baron ; l'aristocratie italienne ornait son esprit par l'étude des arts et des lettres. Combien Raphaël ne fut-il pas redevable au cardinal Chigi, Jean de Bologne à Bernardin Vecchietti de Florence, Ammanati et d'autres encore à Marco Mantova Benavides de

Padole? Ange Collocci réunit dans l’ancienne villa de Salluste”

les cippes, les bustes , les statues , les médailles et les fastes consulaires. À Gênes, les Sauliet, à Milan, les Sanseverino étaient la providence des hommes de lettres. Les trésors d’érudition recueillis par Pinelli devinrent le fondement de bibliothèques considérables.

La foule se conformait à ces exemples, et l'enthousiasme pour les hommes de lettres était général. Les brigands respectèrent l’Arioste aussitôt qu'ils surent qui il était. Dès que les artistes avaient exposé leurs ouvrages aux regards du public, on y attachait par centaines des sonnets où ils étaient jugés avec un sentiment exquis du beau et une sévérité de goût que les maîtres respectaient, et que la postérité a sanctionnés. Lorsqu'on eut exhumé dans les jardins de Titus le groupe que Sadoleto reconnut pour le Laocoon décrit par Pline, toutes les cloches de Rome sonnèrent en signe de réjouissance ; le marbre , couronné de fleurs, traversa la ville au son des instruments avec une pompe triomphale, et les poëtes le chantèrent à l’envi pendant qu'il montait au Capitole au milieu d’une solennité mémorable même dans ce pays de solennités.

Tartaglia faisait publier ses découvertes mathématiques à son de trompette, et recevait de toutes parts des problèmes à résoudre. Venise et le pape, les universités de Bologne et de Padoue se disputaient l’Udinois Romolo Amaseo , professeur d’élo-

mms as

quence ; le cardinal Bembo à Padoue, le gouverneur Gonzague à Milan , le cardinal Wolsey en Angleterre, Clément VII à Rome le sollicitaient à l’envi de se mettre à leur disposition. Bernard Accolti d’Arezzo, dit l'Unique, sortait entouré de prélats, escorté de gardes suisses , et les villes s’illuminaient à son arrivée. Devait-il déclamer ses vers , les boutiques de Rome se fermaient. Il fut fait duc de Népi; un jour qu’il avait récité devant le pape un tercet en l’honneur de la Vierge, les auditeurs éclatèrent en

applaudissements mélés des cris de Vive à jamais le poëte divin.

l'incomparable Accolti! Apothéose faite pour tromper la postérité, si malheureusement pour lui ces vers n'avaient survécu (1).

Si nous retournons la médaille, l’histoire est loin de confirmer tout le mérite de ces protecteurs. Léon X parait n'avoir compris que la beauté du style, Il charge Léonard d’un travail ; mais, apprenant qu’il s’est mis à distiller des vernis et des plantes, il s'écrie : Ah! celui-là ne fera jamais rien; car il pense à la fin de l'ouvrage avant de l'avoir commencé. Sans doute Léonard iguorait l'art des douces paroles à l’aide desquelles on se concilie la faveur ; du reste, le grand Léon ne prit jamais au sérieux la protection qu'il accorda aux gens de lettres. L'Arioste se plaiguait que, après avoir daigné le baiser sur les deux joues, il l'eût laissé dans la misère (2), au point de n’avoir pas même de quoi

(1) L’Arétin nous les a conservés, et ils se réduisent à un jeu de mots :

Quel generasti di cui concepisti, Portasti quel di cui fosti fattura, E di te nacque quel di cui nascesti.

De toi fut engendré celui qui te conçut, Ton sein porta celui de qui tu fus créée, Et c’est de toi qu'est né celui dont tu naquis.

(2) Finchè me ne rimembre esser non puote Che di promessa altrui mai più mi fidi.

La sciocca speme alle contrade ignote Sali del ciel quel di che il pastor santo La man mi strinse e mi bacio Le gote.

Tant qu’il w’en souviendra, pourrait-il être en moi Aux promesses d'autrui d'ajouter quelque foi ? L’espérance, de nous, pauvres fous, qui se joue, Au ciel vers inconnu, tout brillant de bonheur, Prit son vol, le jour où le suprême pasteur,

En me pressant la main, me baisa chaque joue.

(E. A.,, traduct. inédile. )

s'acheter un cour de Léo musaient, et un homme « grand buve neries les ban favorisait du à leur faire saient. À forc qu'il était un éléphant, doi sement, et |” des triompha Rome entière monter au Ci l'Arioste n’ol De pareill lettres? et ce carrefour ?

L’Arioste f contrée mon cardinal Hif ‘ continuel pot geant de poë réputation en ilentendit le pris tant de

(1) « C’est un fils du poëte.

(2) Opra cl Non vuc Di merc S'io l’ho Dice ch' Pit gra

N'est poi Tout ce Pour lui Si dans

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