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traces des anciens, mais pour suivre les allures sociales dans tous leurs détours, ce que les anciens n’avaient jamais fait. Les poétiques étaient déduites de l’époque classique; mais on écrivait des poëmes qui les violaient toutes : de ce mélange d’imitation et de spontanéité résulta un style naturellement pur et bon dans tous les écrits comme dans les tous les arts ; on était classique autant qu'on pouvait l'être sans génie. -
Mais l'étude des anciens porte bientôt à se contenter de les imiter, au lieu d'imprimer aux intelligeaces une activité nouvelle. Rucellai campile la Rosemonde avec les tragédies antiques, et les Abeilles avec Virgile ; Sannazar, qui a sous les yeux Mergellina et le plns beau golfe du monde, chante l’Arcadie, ou transporte les dieux de l’Olympe dans la chaste cabane de Nazareth. La comédie ressasse les intrigues de Plaute, en les ajustant aux mœurs modernes. Dans les beaux-arts, Palladio édifie un théâtre à l'antique et convertit le Vatican en palais des Muses. Ainsi, des formes étrangères génaient l’essor de la pensée, et ces formes , par conséquent , manquaient de chaleur, de sentiment, de profondeur, de concision, de force et de sagacité philosophique. Les écrivains pénètrent avec finesse les défauts de la société, dont ils révèlent les ridicules ou l’infamie; mais ils acceptent les opinions les plus vaines , et ne discernent pas l'erreur de la vérité, ou y restent indifférents.
La prétention d'écrire comme Cicéron fit sentir l'impuissance âu latin à exprimer les idées nouvelles ; on songea donc, pou: rivaliser avecles anciens dans is langue vulgaire, à donner à l'italien une correction et une dignité inusitées. Mais là encore s’introduisit la manie de l’érudition et des formes d'école ; au lieu de manier la langue du peuple avec un artifice doctrinal, on produisit des pensées connues dans un style délayé. Ce furent des périodes vides et prolixes, des circonlrcutions obscures, des phrases pédantesques, avec la déplorable nécessité d'appliquer, pour être pur, les idées du monde antique à la société moderne. Les vers sont des centons de Pétrarque, par suite de l’habitude contractée dans l'emploi du latin. Tout l'enthousiasme se réduisait au désir de faire de beaux vers. Quant aux choses, ce sont des lamentations continuelles sur la cruauté des belles, des appels à la mort, fort étranges dans des temps où l’on était si indulgent, et contre la sincérité desquels protestent les conteurs. Il n’est plus question de politique, de théologie, ni des autres inspirations sévères de Dante; les vastes allusions et les machines religieuses
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D'ailleurs, comme on voulait plaire non pas au peuple, mais aux docts ot aux cours, il fallait se livrer à la frivolité et à la flatteric, a une littérature de luxe, incapable d'atteindre jamais à la véritable grandeur.
A cette époque florissaient en Europe des hommes dont le nom est resté immortel ; cependant les écrivains italiens n'ont pas l'air de les connaître, et aucun d'eux, dans leurs discussions si vives, n’établit un parallèle entre la littérature nationale et celle des étrangers. Le Tasse seul montra plus tard de l’admiration pour le Camoëns, afin peut-être de ne pas avouer la supériorité de l’Arioste.
Nous admirons la forme des grands écrivains cu seizième siècles mais nous regrettons d’être obligé d'étudier des travaux dans lesquels ils séparent le vrai et ie bon du beau; nous déplorons un progrès tout à l’avantage de l'élégance, tandis qu'au delà des Alpes il s’accomplissait au profit de la raison,