‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 131 sur 146 · CORNÉLIUS AGRIPPA · texte numérisé non relu

CORNÉLIUS AGRIPPA

l'âme du monde, qui, mobile par elle-même, ne peut être unie

au corps inerte et immobile que par le moyen d’un esprit du monde, à l’aide duquel les vertus de l’Ame du monde opèrent sur toutes choses dans l'univers. L'esprit du monde est puisé dans les astres, et l'on peut, aidé par lui, produire tout ce dont il est lui-même capable, pourvu qu'on sache le séparer des éléments , ou employer les choses dont il pénètre la substance, Qu’on l’isole de l'or et de l'argent, et l'on pourra produire ces métaux,

Agrippa assure avoir vu faire et fait lui-même cette séparation, s’il faut l’en croire, il transforma d’autres métaux en or, mais seulement dans une quantité égale à celle dont il réussit à extraire l'esprit du moude, Il faut donc del'or pour faire de l'or : nous le saviuns fort bien.

Quiconque aspire à produire de grands effets à l’aide des vertus occultes doit avoir présent à la mémoire ce qui suit :

1° Tous les êtres inclinent vers ceux de la même nature, et cherchent à s’en assimiler d’autres ; aussi, avec certaines parties d'animaux (Agrippa les indique), on pourra produire l’emour ou prolonger la vie.

2° Tous les êtres s’attirent ou se repoussent mutuellement. L’aimantattire lc fer ; l’'émeraude, la faveur des grands ; le jaspe facilite les accouchements, l’agate rend éloquent, le saphir excite la volupté, l’améthyste aide l'écoulement de sang.

3° Certaines propriétés appartiennent à toutel’=ipèce, et d’autres à quelques individus seulement; les unes à toute la substance, les autres à quelques parties ; celles-ci sont possédées par les'animaux tant qu'ils vivent, et celles-là persistent même après leur mort ; ii n’est use pas indifférent de les emprunter, au besoin, à des sujets vivants o': morts,

Tout est de: ::: tout et opère sur le tout. Les êtres qui existent sous la luse subissent J’influence des astres, dont il reçcoivent leurs propriétés et leurs vertus, Les rapports des choses avec les astres neuvent être déterminés selon la figure, le mouvement, l’analag'ie ou Ja diversité de rayons, de couleurs, d'odeurs, etc. Le feu, le sang, les esprits vitaux, les pierres fines à pointes d’or et scintillantes sont en rapport avec le soleil et en reçoivent l'influence ; il en est de même pour les autres astres ; mais, comme ceux-ci sont innombrables, les caractères des choses varient à l'infini. : -

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QUINZIÈMF. ÉPOQUE,

L'astrologie est encore dans :'enfance; car les savants n'ont plus ad découvert que la moindre partie des vertus et des rapports moyen contenus dans la nature. Combiner les forces attractives de l’u- guérit d nivers pour rapprocher les choses supérieures des inférieures, et la fù et transmettre à celles-ci les vertus de celles-là, telle est l’es- proprié sence de la magie, Agrippa, qui les connaît, enseigne les moyens et Fesse de ravir à la mature l'usage de l'esprit du monde, de ressus- | dans Ve citer les morts, d'évoquer les esprits.et de lier les êtres animés mondia ou inanimés ; il sait encore empêcher les oiseaux de voler, les philésop bâtiments de sortir du port, les flammes de s'élancer, prépa- Lucifer.

rer des poisons, des philtres et des amulettes, présager l'avenir

Dieu, pt . et composer des formules magiques.

Le meilleur dissolvant est le sang de l’hyène ou du basilic : ere à les meilleures suffumigations se composent de spermacéti, d’alun, Béhémo de muse , et ces matières, avec certains mélanges , sont très- septéna bonues pour évoquer les âmes. L'esprit vital, tiré du sang le | À cô plus pur, occasionne la fascination en passant des yeux de le Milar

celui qui opère dans ceux des autres, et pénètre jusqu'au fond ennemi de leur cœur pour le combler de joie ou de tristesse. Des effets É en beau prodigieux peuvent être produits par les gestes, les regards, la Parmi 1 forme du corÿs ou de certains membres, et là-dessus se fondent nombre la physiognomonie, la métoposcopie et la chiromancie. On peutdé- | ceux qi duire des pronostics de tous les corps qui existent dans la nature, très-hab mais plus encore des animaux dont instinct est plus sublime que nous l la raison humaine ei tient de la divination. voyait | Les paroles sont susceptibles aussi, comme signes des choses, prévoya de recevoir des forces miraculeuses, où par ce qu’elles repré- | comme sentent, ou par celui qui les a rendues signes des choses. Les | d'histoi noms propres spécialement, ou la dénomination des objets par- occultes ticuliers, possèdent les propriétés des choses qu'ils désignent ; profess en outre , l'émotion de celui qui les profère et les anime de son une sci esprit ajoute une nouvelle efficacité aux chants ct aux formules d’enchantement. Il y a plus d'énergie dans les lettres hébraïi- (1) Cer ques, parce qu’elles ont plus de similitude avec le monde et les # de |

corps célestes.

Horsr :

La magie est fondée sur les mathémetiques, parce que les Zaubers choses sublunaires sont réglées par nombre, poids et mesure, Geistere harmonie, mouvement, lumière, d'où il suit que la science des () 4. nombres a une affinité étroite avec la magie. Les nombres sont ki des substances plus parfaites, plus spirituelles, plus voisines des chariata

substances célestes que les êtres corporels ; ils exercent des vertus les témc

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