‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 132 sur 146 · CARDAN · texte numérisé non relu

CARDAN

plus admirables, et tout ce qui est ou se fait, est ou se fait au moyen des nombres ou de leurs rapports. Ainsi la verveine guésit de la fièvre tierce si on la coupe à la troisièmearticulation, et la fièvre quarte si c'est à la quatrième. Chaque nombre a des propriétés et des vertus particulières. L'unité est le principe et Fessence de tout, et hors d'elles iln’existe rien : elle comprend dans l’axchétype la lettre A ; dans le monde intellectuel, l’âme mondiale; dans le céleste, le soleil ; dans l’éiémentaire , la pierre philôsophale ; dans le petit ou microcosme, le cœur ; dans l'enfer, Lucifer. La dualité comprend, pour l’archétype, les noms de Dieu, pour le monde intellectuel, l'âme et les anges; pour le mpnde céleste, le soleil et la lune; pour l’élémentaire, l’eau et la terres pour le petit, le cœur et le cerveau; nour l'enfer, les Bébhémoth et le Léviathan. 11 poursuivit ainsi toute l’échelle du septénaire.{1).

A côté d'Agrippa, enthousiaste et sceptique, nous placerons le Milanais Jérôme Cardan de Gallarate, qui, selon Scaliger, son ennemi déclaré, était supérieur à toute intelligence humaine en beaucoup de choses, et dans d’autres inférieur à un enfant. Parmi la foule de ses ouvrages (2), nous laisserons de côté ses nombreux traités de médecine , d’arithmétique, de physique, ceux qui roulent sur les jeux de dés et de cartes, où il était très-habile , et ses bizarres éloges de la goutte et de Néron. Si nous l’en croyons, il pouvait tomber en extase à yolonté, et il voyait alors ce qui lui plaisait; ce qui devait lui' arriver, il le prévoyait en songe ou à certaines taches de ses ongles. Sa vie, comme tout le reste de ses écrits, est remplie d'enchantements, d'histoire de raorts et d’esprits ; il parie de toutes les sciences

occultes avec une persuasion intime, et réprouve hautement ces

professeurs inhabiles par la faute desquels se trouve entachée une science où la certitude n’est pas moindre que dans la

(1) Ceux qui voudraient d’autres renseignements sur cette matière peuvent avoir recours à un recueil périodique allemand consacré entièrement à la magie, et dirigé par le conseiller ecclésiastique du duc de Hesse, G. Connap Honsr : Zauber-Bibliotheck oder von Zauberei, Theurgie, und Mantick, Zaubereren, Hexen und Hexen-processen, Dœmonen, Gespentern und Geistererscheinungen ; Munich, 1829,

(2) 4. Cordani, mediolanensis philosophi ac medici celeberrimi, opera omnin.. eur : Caroli Sponii ; Lugduni, 1663, t. X, in-foi.

Les louang:s qui lui sont prodiguées par l'éditeur, dans un temps où le charlatanisme n’avait pas encore envahi tous les métiers, sont appuyées sur les témoignages de ses contemporains.

Cardan.

nautique et la médecine. Pour la venger des injures auxquelles elle est en butte, et démontrer « queles décrets des étoiles sont manifestes en nous, » il ne procède que par la voie de la raison et de l'expérience; il réduit cette doctrine à des aphorismes distribués en sept sections, où l’on voit que chaque couleur, chaque pays, chaque nombre était sous l'influence d'un astre particulier. Il tira l’horoscope de cent personnages illustres, et détermina, d’après l'instant de leur naissance, la cause de leurs qualités; il poussa l'audace jusqu'à faire celui de Jésus-Christ.

Alen croire, la magie naturelle enseigne huit choses : 1° les caractères des planètes et la fabrication des anneaux et des sceaux constellés ; 2° la signification du vol des oiseaux ; 8° l’intciiigence de leurs cris et de ceux des autres animaux; 4° les vertus des simples; 5° la pierre philosophale ; 6° la connaissance du passé, du présent et de !’avenir au moyen d’une triple vue ; 7° les expériences nécessaires pour faire ou connaître ; 8° enfin le secret de prolonger la vie durant plusieurs siècles.

La senle indication des prescriptions diverses que contiennent ces doctrines suffiraient pour lasser la patience la plus opiniâtre. Cardan les connaissait toutes, et il n’en fait pas mystère; il apprend même à composer des sceaux pour faire dormir ou aimer, se rendre invisible, ne pas se fe. guer, avoir bonne chance; dans ce but, il combine quatre chases : la natare des facultés, celle de la matière, celle de l’étoi. : et celle de l’homme qui agit. A cet effet, il divise la nature des diff rentes pierres précieuses et des astres qui y correspondent. Parmi les talismans, le plus puissant était le sceau de Salomon. Une chandelle de suif humain, lorsqu'on l'approche d’un trésor, pétille jusqu’à s'éteindre. La raison, c’est que le suifest formé de sang ; or le sangest le siége de l’âme et des esprits qui, pendant toute la vie de l’homme, convoitent l’or et l’argent ; d’où il est certain que lesang, même après la mort, est agité de la même passion.

Cardan enseigne aussi les présages à tirer de tous les arts et des accidents naturels, les secrets de ia chiromancie, la signification des taches qui paraissent sur les ongles, la manière d’interpréter les songes et d'obtenir des réponses.

Ilétait, au surplus, consul‘é par les personnages les plus illustres, entre autres parle roi d'Angleterre Édouard VI. Saint Charles le proposa pour maitre à l’université de Bologne.

Ce célèbre théosophiste, qui fut encore un savant illustre, d’une érudition variée et fécond en pensées étranges, mais in-

QUINYIÈME ÉPOQUE.

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