‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 134 sur 146 · SORCELLERIES · texte numérisé non relu

SORCELLERIES

doetes compilèteurs d’almanachs excitèrent aussi d’autres alarmes partielles , en annonçant tantôt une peste , tantôt l’arrivée des Turcs, tantôt une année de disette; comme ils indiquaient, en outre, non-seulement la saison, mais encore les jours précis où il convenait de se faire saigner, beaucoup de gens crédules mouraiént plutôt que de se soumettre à une saignée contre une telle prescription.

En un mot, les sciences occultes formaient la partie abstruse des connaissances humaines ; on cherchait la prédiction de tout événement dans les centuries de Nostradamus et autres répertoires semblabics. Charles VIII, quand il entreprit son expédition, fit courir une prophétie qui lui promettait d’insignes victoires. Considérant la nature comme une succession de prodiges, on demandait à la magie l'explication de tout phénomène : un enfant malade, une femme atteinte de consomption, la fortune acquise subitement, les tempêtes, mais surtout les combustions spontanées, les illusions d’optiques, les exaltations nerveuses, bien plus, la maladie la plus ordinaire , le mal d'amour et la jalousie, paraissaient des effets surnaturels; pour les expliquer, on recourait à des pactes conclus avec le démon par l’homme, qui lui donnait des papiers écrits avec le saint calice et signés de son propre sang.

Il n’est pas besoin de dire que le bon sens n'était pas mort, et qu'il osait protester quelquefois contre le sens commun, affrontant les persécutions et, ce qui est souvent plus sensible, les sa, crsmes des croyants.

Der me que les doctes empruntaient au “ulgaire illettré le fondemeñt des erreurs en vogue, le vulgaire, à son tour, s’étayait de leur suffrage pour s’y attacher de plus en plus ; de là, une folie générale, dont les effets étaient effrayants.

La croyance aux sorcières est une des nombreuses erreurs que l'antiquité transmit en héritage aux temps modernes. On rapporte, quoique d’une manière différente, que Lamia, reine trèsbelle ei très-cruelle, fut aimée de Jupiter; la jalouse Junon fit périr ses enfants, et Lamia, furieuse, ordonna la mort de tous les enfants de ses États. On ajoute qu’elledevint aveugle, mais qu'elle portait s°s yeux renfermés dans une bourse, et pouvait (par une faveur de son divin amant) se transformer à son gré. De là lenom de Lamia employé pour effrayer les enfants (1), ainsi que la

(1) Au toùro nai raç tirôas poBobouc rà Bpépn, xadeïv nm’ aüroïc rhv Aauiav. Scol. d’Aristophane dans les Guépes, v. 36.

462 QUINZ à ÉPOQUE.

croyance vulgaire aux apparitions, aux transformations de femmes avides des nlaisirs de Vénus, et qui tuenties nouveau-nés (1). Souvent auss, , dns l'antiquité , certaines femmes furent accusées comme uuteurs de maléfices.

Les Latins disaient qu’elles suçaient le sang des enfants, ou les exténuaient en leur donnant le sein ; tls conseillaient alors, . comme préservatifs, l'ail (2) etdes enchantements particuliers (3), Its ajoutaient que les femmes se changeaient en fresaies (sériges), d’où leur vint lenom italien streghe (4). Nous avons vu dans Lucien et Apulée ce que l'on croyait; vulgairement du moins, au sujet des magiciennes de Thessalie, de la lune et des transformations diverses.

Le Talmud, dans lequel tant d'erreurs ontété recueillies au milieu de plusieurs débris traditionnels de la sagesse antique, parle d’une Lilith, première femme d'Adam, génératrice de dé- Mons et funeste aux nouveau-nés; afin de les défendre contre elle, on traçait dans la chambre dé l’accouchée un triangle, avec lés noms de Dieu, d'Ëve, d'Adam et ces mots : Fuis, 0 Lilith!

Ces croyances se conservèrent à travers le moyen âge, si bien que les légendes, où se confondent le mysticisme et l'impiété, le terrible et le grotesque, en sont remplies. Repoussées par les législateurs et les docteurs, elles restaient enracinées dans le peuple, et finirent par rejoindre les prodiges fantastiques des sciences occultes; les Septentrionaux y ajoutèrent leurs

(1) Neu pransæ Lamiæ vivum puerum extrahat alvo. (HoraT. Ars poet., 339.)

(2) Præterea si forte premit sirix atra puellos, Virosa immulgens exsertis ubera labris Allia præcepit Titini sententia necti.

(SERENUS SAMMONICUS, 39. )

On peut voir dans DEcrio, Liv, IL, q. 9, et passim, les citations des anciens sur la magie.

(3) FEsrus nous a conservé deux vers que D’ACHÉRY a rétablis ainsi :

Ztoiyy äronéprev vuxtivémav otplyya t’ lady “"Opuiv évovupov oxurépouc éni viaç ÉAaUverv.

Éloigne la fresaie qui mange la nuit, la dégoûtante fresaie, Oiseau lugubre; chasse-la dans les barques véloces.

(4) Striges aves nocturnas, Græci ovplyxs appellant ; a quo maleñicis mulieribus nomen inditum est, quas volaticas etiam vocant. (FESTUS.)

. Sacré.

sagas, Arabe On sous q se réut rodiad amour

pas.

nombre

L'im semblé splendi y dans:

ce que

doublai rayonni

(1) Au Mirandol (2) Da

le Recue demande Credid

el qui se dæmonu credidist leas.

Credid sil, quæ mulare »

aut bona Si credia Credid

a diabold id est, cu quam vul super qui f. illius c

Page 1