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leuses, parlait le latin et l’hébreu , voyait les choses éloignées et l'avenir. ‘
Tel est le fond sur lequel s’appuyaient la science de l’exorcisme, qui, dans certains cas, était un véritable traitement diététique. Dans celui qui porte le nom de Saint-Martin , l’'énergumène devait jeûner quarante jourset quarante nuits; la première semaine, au pain sec seulement, cuit sous la cendre, et à l’eau bénite; les cinq semaines suivantes, il pouvait faire usage de lard et de vin, mais non s’enivrer ; il devait s’abstenir de la tanche et de l’anguille , ne se laver qu'avec de l’eau bénite, ne point tuer ni voir tuer, ne point souiller ses yeux en regardant des cadavres; il lui était prescrit, lorsquele prêtre venait pour l'exorciser, de boire de l’absinthe jusqu'au vomissement (1).
Au seizième siècle, la foi dans les sorcelleries prit une extension considérable (2), et l'on croyait que l’homme peut obtenir du diable les jouissances coupables qu’il n’ose demander à Dieu. {
Mais, s’ilexistait un moyen de faire un pacte avec un être doué d’unepuissance extraordinaire, pourquoi un petit nembre d’individusseulement auraient-ils voulu s’en servit ? on supposa donc que beaucoup l’avaient’employé, surtout des femmes, et qu’ils formajent entre eux une espèce de société secrète avec ses chefs et ses assemblées, où ses membres s’abandonnaient aux plaisirs charnels et aux voluptés de la vengeance.
Le frère Bernard Rategno, de Côme, inquisiteur zélé, nous a laissé un livre de Sérigis (3), où non-seulement il montre qu'il
(1) Manrèng, de antig. Ecclesiæ ritibus, t. 11,:p. 993.
(2) BennarD pe Cou, dit en 1584, qu’il n'existait pas de sorcières, £empore quo compilatum fuit decretum per dominum Gratianum.… Strigiarum secta pullulare cæpit tantummodo a 150 annis citra, ut apparet ex processibus inquisitorum.
(3) 1! fait suite à la Lucerna inquisitorum hæreticæ pravitatis R. P.F. Bernardi Comensis ordinis prædicatorum ac inquisitoris egregii, in qua summatim continetur quidquid desideratur ad hujusce inquisitionis sanctummunus exsequendum, Mediolani, ap. Metios, 1666. Il fut imprimé par les soins du révérend père inquisiteur de Milan, ad laudem Dei, réimprimé un grand nombre de fois, et commenté par François Pegna.
Voici quelques-unes des règles qu'il trace :
« Peu d'indices suffisent pour présumer qu’un individu est hérétique ( p. 60, 61) : un léger soupçon (p. 74), la renommée (p. 39).
« Il n’est pas besoin que les dispositions des témoins soient concordantes : s'ils disent savoir cette infamie par oui-dire, ils ne sont pas tenus de k prouver (p. 79).
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