‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 141 sur 146 · DIFFUSION ET DURÉE PE CES OPINIONS · texte numérisé non relu

DIFFUSION ET DURÉE PE CES OPINIONS

plusieurs princes d'Allemagne, entre autres Jean-Phitippe Sebnbruon, archevêque de Mayence, et le ducde Brunswick, abolirént ces procédures.

Danse procèsde Mora, en Datécarite, au dix-septième siècle, il est déclaré que les sorcières se rassemblent sur le Blécula, en Suède; qu'après avoir été baptisées par un prêtre da diable, elles font un repas frugal sans vin, et que parfois lé diable retire de dessous elles le manche à batai, et les bâtonnéen riant, Ce sont les déclarations textuelles ; dans ces mêmes déclarations on

trouve encore qu’une fois le diable étant malade, elles le träitè- |

rent au moyen de saignées et de vésicatoires, etque lacompagnie, dans la crainte de sa mort, fut dans un deuil général, Soixantedouze femmes et quinze enfants furent cependant brûlés sur de pareilles dépositions !

Trente ans auparavant, Antoinette Bourignon, qui avait fondé un hospice d'orphelines à Lille, crut avoir aperçu une foute de diablotins noirs voltiger au-dessus des élèves; elle les engagea à se tenir sur leurs gardes. Peu de jours après, l’une d'elles, cui avait été renfermée dans la chambre de discipline, s'échappe ; interrogée sur les moyens qu’elle a employés, elle répond qu’elle a été délivrée par un diable avec qui elleavait fait un pacte dès son enfance. Bientôt toutes les jeunes filles se disent postédées ; à les entendre, elles sont en butte à des attouchements nocturnes de la part du démon, et assistent aux danses du sabbat. On a recours aux exorcismes, puis aux procédures ; une discussion s'engage entre les capucins qui croient, et les jésuites qui doutent ; de leur côté, les parents accusent de magie la dame Bourignon, qui s'aperçoit combien il est dangereux d’exciter les jeunes imagimatiohs.

De nombreux cas de magie se produisaient en Angleterre; il en est fait mention dans les statuts de Henri VILE, de Jac-

quesI‘', d'Élisabeth, sous laquelle eut lieu un procès fameux de

sorcières à Warbais. Barrington, sur le vingtième statut de Henri VI, évalue à trente mille le nombre des victimes que firent ces procès. Le roi Jacques écrivit un traité sur les esprits malins et les artifices des sorcières ; cette opinion devint alors à la mode par adulation envers le roi, et le parlement publia ce décret : « Si quelqu'un a recours à des invocations où conjurations «+ d’esprits malins, prend conseil d’un démon, s’entretient avec

Governor Vorezius, professeur à Hambotrg, dans une thèse de Conventu sagarum ad sua sabbata, soutint la réalité de leurs assemblées noctarnes.

a lui et l’'emploie ou compense ; enlève de la tombe un « homme, une femme ou «enfant, ou bien la peau, les os- « sements ou toute autre partie du cadavre pour les employer « à des ortiléges, à des œuvres magiques ou des conjurations ; « 86 livie à une pratique quelconque de sorcellerie, de magie ou « de conjurations , pour qu’une personne soit tuée, offensée, « blessée, exxérminée ou estropiée dans quelque partie de son « corps, celui-là qui le fera ou sera convaincu de l'avoir fait « perdra la vie. »

C'était pire encore en Écosse, surtout après la réforme. Le soixante-treizième acte du neuvième parlement de la reine Marie décréta la peine de mort contre les sorciers et ceax qui les consultent. Les procès se généralisèrent sous Jacques VI, comme instrument de calomnies ; les sorcelleries apparaissent surtout dans les causes d’empoisonnement. On en rapporte un, entre autres, qui aurait été tenté par des moyens magiques sur le roi Jacques et sa femme, Une fille de service nommée Gélis Duncan, sur qui tombaient les soupçons à cause de certaines cures extraordinaires, fut mise à la torture. On lui serra la tête avec une corde, et ses doigts furent pressés au moyen de coins; mais, comme on ne put lui arracher un aveu, on en tira la conclusion qu’elle avait fait un pacte avec le diable. Enfin, on découvrit une tache livide qu’elle avait sur la poitrine, et le charme aussitôt fut rompu; alors elle avoua ses sortiléges et de nombreux complices, dont on arrêta une quarantaine, parmi lesquels se

trouvaient de grandes dames. Le principal accusé était un cer-.

tain Cuningham, appelé le docteur Fian et le Maître, qui fut sou mis à d’horribles tortures; on lui serra d’abord la tête avec violence, puis on lui comprima jusqu'à trois fois les jambes dans des brodequins ; vaincu par la douleur, il confessa les horribles détails de la hante trahison pour laquelle il avait eu recours aux maléfices ; mais à peine est-il délivré, qu'il rétracte ses aveux. Son martyre recommence ; on lui enfonce sous les ongles de petits clous à deux pointes, on lui écrase les doigts, et pourtant il résiste ; nouvelle application de brodequins, qui ne font qu'une plaie de ses jambes, d’où sortent les os à travers les chairs déchirées. Enfin, il rendit compte de tout, mais avec des circonstances si ridiculss. ‘que Jacques s’écria : Ces gens-là sont de grands imposteurs!

Ce roi, qui jame's x .n.aque’: d’ascister à l’interrogatoire, voulut, en véritable aia nr &e diablerie. voir la Gélis Duncan

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