‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 142 sur 146 · DIFFUSION ET DURÉE PE CES OPINIONS · texte numérisé non relu

DIFFUSION ET DURÉE PE CES OPINIONS

exécuter la danse du sabbat; il savait que le diable lui avait tendu plusieurs fois des piéges, mais inutilement. Un jour qu'il avait entrepris un voyage par mer, les esprits infernaux se réunirent pour sa perte. Fian avait écrit des lettres de convocation ; cent sorcières, au moins, répondirent à son appel, s'embarquèrent dans des cribles et des tamis, et déchainèrent la tempête, Lorsqu'elles eurent mis pied à terre, elles commencèrent à boire dans leurs tamis, ets’en allèrent en procession à l’église de Northberwick, où le diable apparut au milieu d’elles ; toute la bande alors fit le sabbat : 1 :° de: vérémonies décrites de point en point dans l'enquête, ei l'on cuudamna au feu un grand nombre de personues, dont quel:;1es-unes de grande distinction. D’autres procès furent lits dans cette contrée par les réformés, surtout par les puritains, qui, dans leur assemblée de 1640, ordonnèrent à tout ministre de leur secte de tenir note des sorciers de sa paroisse, et de les traduire devant le juge.

Kowel, l’un des hommes les plus éclairés de son temps et historiographe du roi, croit aux sorcelleries, et approuve les supplices infligés en 1646, époque où les seuls tribunaux d'Essex et de Suffolk firent justicier plus de deux cents personnes, pour crime de sorcellerie. Le docteur Granville, précurseur de Hume dans le scepticisme systématique, croit pleinement aux sorcières et aux apparitions (1). En 1651, l'Anglais Pordage vit, avec ses savants disciples , les puissances infernales traverser de sombres nuages sur des chars traînés par des lions, des dragons et des tigres ; elles étaient suivies par d’autres esprits de l'abime aux oreilles de chat et tout contrefaits ; on pouvait tenir les yeux fermés, car on les voyait avec les yeux de l'esprit et non avec ceux du corps. Vers 1670, Aubrey parle, dans son journal anglais, d'une apparition et de possédés, comme d’une chose ordinaire. Zacharie Grey, éditeur de l’Hudibras, atteste avoir vu la liste de trois mille victimes tuées par sortilége em Angleterre durant le long parlement. En 1661, première année de la restauration, la cour judicis':. 1l’Écosse prononça vingt condamnations pour crime de ce genre; souvent des commissions particulières furent données, surtout à des prêtres, pour instruire de semblables procès.

Nous ajouterons un fait qui eut de l’importancé dans l'avenir.

(1) Considérations philosophiques sur l'existence des sorcières ; Londres, 1666.

Vers la fin de l'an 1600, miss Shaw, jeune fille de Paisley, én Écosse, fut un jour battue par la servante de la maisot: elle & mit à crier que celle-ci voulait l'ensorcélét, ét, dans sa colère, eut des convulsions qui sembièrent venir à l'appui dé l’accusation. La servante, grâce à l’emploi des moyens habftirels, se reconnut coupable, et dénonça uné foule de personnes, dont vingt furent condamnées à diverses peines; on en bräla cin, et une autre fut étranglée dans la prison par le démon. Miss Shaw, saisie d'horreur où de repentir, adopta une vie de retraite et detravail; elle se mit à filer du lin et du chanvre avec wne telle perfection, qu’il hui vint de nombreuses commandes du de: hors. Afin d'ysatisfaire, elle étendit sa manufacture, et dès lors commencèrent le renom du fil d'Écosse et la prostérité de Paisley; on y fabrique aujourd’hui pour 150,080 livres sterling de fl, et pour environ deux millions et derhi #terling de batistes, mousselines , toiles et gazes.

A cette époque, les magistrats, mieux inspirés, dirigèrent les interrogatoires de manière à obtenir du jüty un verdict de non culpabilité; cependant une vieille femme de la paroisse de: Loth fûtbrûlée en 1708. Le chef de justiée Poweléhereha inttilèment, en 1711, à démontrer l’absurdité du procès intenté à Wenhar ; les jurés le détlarèrent coupable. Alors il leur démanda s'ils te croyaient vräimment coupable d’avoir eu comtunitätion avec | lé diable, sous là forme d’un chat. La réponse fut affrmäative, et, | certes, élle suffisait pour garantir que lé Condamné obtiendraft sa | grâce. On pendit en 1716 mistriss Hicks ét sa fille, pour avoir donnéleur âme au diable, et soulevé un ouragan en tirant leurs |

bas pour les savonner.

Daws lé Massachusetts, surtout de 1688 à 1692, les Anglo- Américains continuèrent les procès de sorcelleries, sous Pimpulsion du ministre Cotton Mather, qui s’appuyait sur la Bible (1). Le parlement de Paris, en 1617, condamna, mais pour voiler une véngeance politique, la nraréchale d’Ancre comme sorcière. En 1634, Urbain Grandier, curé de Loudun, fut accusé de magie par les religieuses ursulines de cette ville, et condamné au feu

sur la déposition d’Asmodée, d’Astaroth, de Cédon et autres es- | prits qui avaient obsédé les sœurs. Les docteurs de Sorbonne dé- p clarèrent toutefois qu'il ne fallait pas croire au diable, parce qu'il û est menteur ;: mais le véritable crime de Grandier était d’avoir :

(1) Bancrorr, Hist. des États-Unis, chap. xix.

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