‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 143 sur 146 · DIFFUSION ET DURÉE DE CES OPINIONS. A · texte numérisé non relu

DIFFUSION ET DURÉE DE CES OPINIONS. A

écrit contre Richelieu; car alors, comme en tout temps, lés procédures secrètes furent des instruments assurés pour satifaire la haine, lavarice où l’ambition. Le parlement de Normandie condamna aussi une sorcière à mort; mais Louts XIV commun la peine. Comme des plaintes s’élevèrent, il publia édit de 1682, dens lequel il réprouve la prétention d'exercer des pouvoirs surnaturels ; ainsi, ce n’est qu'après dé longs détours que la vérité peut atteindre l’erreur et l’extirper.

Hauber dit, dans la Bibliothèque magique, qu'il y eut à Wurtzbourg, de 1627 à 1629, vingt-neuf exécutions de éfnquante-sept sorciers, parmi lesquels se trouvaient des vieillards, des femmes, des enfants, des étrangers, des prétrés, un sénateur et une très-belle jeune fille. A Linden, de 1660 à 1664, on brëla trente personnes sur six cents habitatits. On conserve au château de Gleichenberg le protocole dé quaranite causes de sorcières envoyées au bûcher, de 1689 à 1691; dans les archives d’Hafeld, en Istrie, on trouve l'instruction d’un procès célèbre intenté en 1674 et 1675, à la suite duquel plusieurs soréiéres furént condamnées au feu. ;

La littérature elle-même prit à tâche d’attiser ces feux ; une ballade fut publiée en 1629, avec la musique et des images qui représentaient ces aventures diaboliques : cette nouvelle propagande contribuait à leur donner érédit. Hermann Sampson imprimait à Riga, en 1626, neuf sermons contre les sorciers; cependant, dès 1631, on avait publié en Allemagne la Cautio criminalis, qui battait en brèche la procédure inquisitoriale. Treize personnes encore étaient brûlées en 1729 à Ségedin, en Hongrie ; Mais, lorsqu’en 1749, Marie-Renée de Wurtzhbourg fut livrée aux flammes , l'horreur fut générale, et la voix de la raison trouva partout de la sympathie.

Le docteur Merklin recueillit, en 1698 , la série des maladies attribuées à des enchantements (1); mais fl ne laisse pas de-

(1) Sytloge physico-medicinalium casuum incantationi Dulgo däscribi solitorum , maximeque præ cæteris mirabilium, decürias vi complectens, cum inspersis partim, partim subnexis huc spectantibus judiciis et cura. tionibus. Cui loco mantissæ accesserunt : I. Questio solemnis, an monstruosa varia illa excreta revera in corpore fuerint, vel extrahantur ? an vero præstigia dæmonis sint, extra sallem talia in corporis superficie ostentantis ? IT. Hecuontu, Tract. de receptis injectis : de injectis materialibus : de injaculatorum modo intrandi. III. LeviN Fiscner, De morbis magice per sagas inductis naturaliter curandis. IV. BARTHOLOM. CAR- RICHTERI, Ratio medendi morbits ab incantatione dependentibus, nuns pri-

viner s’il y croit ou non; il décrit du reste, avec une précision scientifique, des cas très-singuliers relatifs, en général, à des personnes guéries après avoir émis ou rejeté des corps étrangers. Il pense que ces corps peuvent être introduits par des sorciers, mais qu’il appartient à l’art médical d’aider à guérir le mal (1).

Une sorcière encore fut brûlée à Glaris en 1786, lorsque déjà, depuis deux siècles, de pareilles condamnations avaient cessé dans les autres cantons. Genève eut son dernier procès en}1652, après s'être montrée d’une rigueur excessive dans ces sortes d’accusations.

Lorsque Tommasio combattit, en 1701, la sorcellerie et la magie à l’université de Halle, en s'appuyant sur les arguments de Bekker, il trouva en Allemagne beaucoup de contradicteurs. En France, 1725, Boissier se fit l’antagoniste du médecin Saint- André, et s’efforça de prouver que « tout ce que l’on raconte des faits magiques et des assemblées nocturnes des sorcières est de la plus grande vérité. »

Mais les sciences, qui avaient fait des progrès, apportèrent l'explication de plusieurs phénomènes regardés jusque-là comme miraculeux. La médecine donna la raison, ou démontra l’analogie de cas nombreux. La jurisprudence enseigna que l’aveu du prévenu ne doit pas suffire pour la condamnation. Lorsqu'on pesait mûrement le fait qui excitait le plus de surprise, c’est-àdire la concordance des différentes dépositions, ontrouvait qu’elle se réduisait aux seules généralités, attendu que tous en avaient entendu parler; les questions étaient posées dans ce sens, au point que souvent il ne s’agissait que de répondre oui ou non. Dans un procès de Linden, l’inquisiteur était un vieux soldat; il voulut donc savoir ce que les autres n’avaient jamais songé à de-

mum latinitate donata : V. Collectanea et secreta myliana ad morbos mMagicos, maximam parlem e germanica in latinam linguam translata, et nunc primum publicam in lucem emissa. Collegit, adornavit, edidit D. GEoRG. ABRAHAM MerCKLNUS, ducal. et reipubl. Norimberg., medic. ord., etc. Norimbergæ, impensis Johannis Ziegeri et Georgii Lehmani anno MDCXCVIII.

(1 Voiri des cas qui méritent l'attention des médecins : « Levin Fischer offre, comme des symptômes des maladies produites par enchantement, l’horreur du pain, des inquiétudes, des attaques d’épilepsie , la répngnance pour les médicaments qui n’amènent aucun résultat. Si le malade enfonce son bras dans une fourmilière, il ne sent pas les morsures. Si son urine’, mise sur le feu dans une marmite neuve, bout, il n’est pas ensorcelé, car celle des gens qui sont sous l'influence d’un maléfice ne bout jamais.

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