‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 28 sur 146 · AT RRR AR · texte numérisé non relu

AT RRR AR

(t) BRANTÔME.

11 mai.

« Mon cher Porto, vous ne serez plus désormais des nôtres. « Comme je voulais leur témoigner le respect habituel, ils m'ont « dit de ne pas le fairé, parce que nous étions tous soumis au méme youvoir et égaux ; en effet , le malheur les a tellement abattus qu'ils n’osent plus se dire seigneurs, ni appeler leur doge sérénissime.

+ D'autrés, d’un rang plus élevé, se voient encore, le front evouillé de tout orgueil, traverser la triste Venise d’un pas hon continu, mais tantôt hâté, tantôt lent; ils embrassent velui-ci, celui-là, accuéilleht les uns pat des démonstrations insolites, et forit aux autrés des caresses qui témoignaient non l'affection, mais une frayeur démesurée. En effet, dans l’espace de dix jours; Venise a changé entièrement d'aspect, et de ia joie est tombée dans l’afflietion ; outre que beaucoup de femmes ont renoncé aux habits somptueux, on n'entend plus, dans les places hi sur les canaux, aucune sorts d'instruments, dont là ville, en cette saison; est abondamment pourvue au grahd plaisir des habitants. Les Vénitiens sont si peu accoutumés à de pareils désastres, qu'ils craignent de tout perdre, même Venise; säns tenir compte de sa position inabordable, les nombreux citoyens qui possèdent dés nävires, en font plus de cas qu'auparavant; ét eeux qui n’en ont pas parlent d'en acheter, pour imiter sans doute Énée. Telle est l’épouvente quia envahi les cœurs (1): »

Il ÿ avait de quoi. Lé trésor était épuisé, l’armée détruite, et il fallait équiper une flotte pour l’opposer à celle que les Français armaient dans Gênes. A l'intérieur, en outre, ün grand nombre de nobles exclus des eriplois, et une foule d'étrangers vurdissaient des complots ; les villes de terre ferme, où renaissaiént les factions guélfte et gibeline, se hâtaient d'échapper au pillage par de promptes capitulations, et beaucoup de capitaines désertaient le drapeau du lion de Saint-Marc.

Le sénat ne désespéra point ; il rempli. les coffres à l’aide d'emprunts et d’offrandes patriotiques, et s'occupa de fortifier Venise et de l’approvisionnér ; il réleva les sujets de terre ferme de leur serment de fidélité, et leur permit de traiter avec l’enhemi au gré de leurs intérêts, avec ordre aux capitaines d’évaever les plaess et de se réunir. Vénise mettait bien moins sa confiance dans :ces hommes découragés que dans le temps, les

LR 228 2 2 A 2 Æ

(1) Lettres historiques de DA Porro.

pratiques secrètes et l'expérience fetale des peuples ; persuadée qu: ds éléments si divers ne pourraient longtemps rester unis, ell; se dépouillait volontairement de ce qui «excitait l'envie, comme on jette sa bourse au brigand qui vous poursuit. Les villes qui auraient maudit sa souyeraineté, si ele les avait contraintes à subir les maux d'un siége, la regrettèrent dès qu'elles eurent fait l'expérience d'un joug bien plus rude. Un grand dormmags résultait pour les petits marchands de l'interruption des rapports commerciaux entre les provinces et la métropole ; aussi Saint-Marc fut regretté pariqut aussitôt qu'on .cessa de le craindre.

Les nobles vénitiens, qui n'avaient jamais combattu que sur mer, vinrent alors se joindre à l’armée de terre, et six cent qua torze gentilshommes levèrent des troupes à Jeurs frais; Rajazet lui-même avait offert des secours à Venise; mais elle se ;garda bien de vouloir des Turcs pour auxiliaires.

Antoine Giustiniani, étant arrivé, à travers les plus grands périls, auprès de Maximilien, chercha à l’ébranler par des paroles de soumission et par des promesses; mais ce prince, qui jusqu'alors n'avait pas bougé, s’opiniâtrait à la destruction complète de Venise, et voulait que la même ville ïüt occupée, .et partagée en quatre juridictions affectées à chacune des puissances alliées. I1se donnait, du reste, des airs de grand politique, en ne révélant ses projets à personne, et de grand guerrier, en menant çà et là ses troupes dans les pays que les efforts des autres lpi avaient fait recouvrer.

Mais Vicence, bien qu'elle fût tout impériale, et Padoue ellemême, dont la noblesse s'était lovée en faveur du César, s’indignèrent de rester sous la domination d’une nation éloignée et

barbare (1), qui imposait à ses sujets bien-aimés des tailles into-

lérables pour les guerres passées et les guerres à venir, et dont les manières grossières et soldatesques contrastaient avec la politesse nationale. Padoue releva doncl’étendard du lion, premier avantage qui servait à rétablir les affaires de la république. Maximilien accourut avec une armée sans ordre et sans obéissance, qui laissait après elle d'horribles traces, et conduisait jusqu’à des chiens dressés à prendre.et à déchirer des hommes. Six cents Vicentins, réfugiés dans une grotte appelée le Covolo de Masano, y furent étouffés.

(1) Voyez les Lettres de Louis da Porto.

epoque ‘ D RE ER RC ee rare pee TT = ere ñ à #1 : Are = : à

3 octobre.

Il assiégea Padoue (1) avec cent mille soldats, allemands où français, payés par le pillag. et alléchés par l'espoir d’un butin plus riche encore ; en outre, il avait une artillerie de deux cents canons , si gros que quelques-uns ne pouvaient être mis sur affût. Lui-même combattit avec courage; mais il ignorait la constance, et ne pouvait satisfaire les prétentions de ses chevaliers en même temps que celles des seigneurs français. Un jour il envoya l’ordre à la Palisse de mettre ses hommes d’armes à pied pour monter sur la brèche avec les lansquenets ; mais Bayard fit cette réflexion : Est-ce chose raisonnable de mettre tant de noblesse en péril et hazart avec des piétons dont l'ung est cordoannier, l'autre mareschal, l'autre bowengier, et gens méchaniques qui n’ont leur honneur en si grande recommandation que gentilshommes ? L'empereur 'a force comtes, seigneurs et gentilshommes d’Almaigne : qu'il les face mettre à pied avecques les gens d'armes de France, et voulentiers leur monstreront le chemin , et puis ses lansquenetz les suivront , s’ilz congnoissent qu’il y face bon. Tel fut l'avis du Chevalier sans peur et sans reproche, et cet avis prévalut; mais les gentilshommes allemands ne voulaient pas plus que les Français s’exposer au milieu de Ja canaille à pied , en sorte que Mar :milien fut obligé de se retirer. Aussi, quoique la flotte vénitienne, qui assiégeait Ferrare, eût été détruite à la Polisella, et que le comte de Pitigliano , l’âme de cette guerre , füt mort , les choses prirent-elles une meilleure tournure.

En effet, la poiitique des Vénitiens avait mierix réussi avec les autres alliés. Le roi Louis XII, ayant recouvré tout ce que lui assignait la convention de Cambrai, songeait à quitter l’ialie, où il aurait vu à regret l'Autriche prendre racine. Pour enlever

(1) Ce siége est décrit au long dans l’Histoire du bon Chevalier, autrement dit Bayard : « Desjà estoit bruict par tout le camp que l’on donneroit l’assault « à la ville sur le midy, ou peu après. Lors eussiez vue une chose merveil/2use ; « car les prestres étoient retenuz à poix d’or à confesser, pource que chascun « se vouloit mettre en bon estat ; et y avoit plusieurs gens d’armes qui leur « baillaïient leurs bourses à garder ; et pour cela ne fault faire nulle doubte que « messeigneurs les curez n’eussent bien voulu que ceulx dont ils avoient l’ar- « gent en garde, feussent demourez à l’assault. D'une chose veulx bien advyiser « ceulx qui lysent cette histoire, que cinq cents ans avoit qu’en camp de prince « ne fut veu autant d'argent qu'il y en avoit là ; et n’estoit jour qu’il ne se des- « robast trois on quatre cents lansquene{z qui emmenoïient beufz et vaches « en Almaigne, lictz, bleds, soyes à filer, et autres ustensiles ; de sorte que « audit Padouan fut porté dommage de deux millions d’escus, qu’en meubles, « qu'en maisons, et palais bruslez et destruitz. »

tout motif d'inimitié à Ferdinand, la république lui restitua les villes dont elle s'était emparée sur la côte napolitaine ; ce roi s'opposa donc à ce que Venise fût assaillie. Il alléguait qu’on ne s'était allié que pour la dépouiller de ses possessions de terre ; mais le motif réel, c’est qu’il désirait ca la guerre tratnât en longueur, afin que Maximilien ne pût « mêler de la tutelle du jeune Charles. La république offrit au pape de lui laisser tout ce qu’il tenait en Romagne , à la seule condition de lui donner l’absolution ; Jules IT leva l'interdit et s’occupa de concilier les différends. Puis, jaloux de gouverner à son tour, il revint au projet que la vengeance seule lui avait fait abandonner, de délivrer l'Italie des barbares. Comme il méprisait Maximilien et craignait le roi très-chrétien , il résolut d'agir contre ce dernier ; dans ce but, il fit appel au nouveau roi d’Angleterre, Henri VIII, pour l’armer contre Louis XII; ayant échoué, il réclama pour la chambre apostolique les onze millions que le'cardinal d’Amboise avait laissés en mourant; à. Ferdinand , il donna l'investiture du royaume des Deux-Siciles, sans égard pour les prétentions de la France;tournantensuite les yeux vers les montagnes de la Suisse, d’où la Lombardie est accoutumée à voir rouler sur elle des avalanches de neiges et de mercenaires, il traita avec Mathias Scheiner, évêque de Sion , qu’il fit cardinal, et qui s’engagea à lui fournir six mille soldats pour défendre l’Église contre quelque ennemi que ce fût.

Hercule d’Este, qui agrandit Ferrare , où il accueillait les gens de lettres , avait été en guerre avec Venise pour les salines de Cervia , ouvertes par lui. Alphonse, son fils, avait épousé Lucrèce Borgia, afin que le pape Alexandre VI réduisit à cent les mille ducats que ces princes payaient. à l’Église; pour ce motif, il était entré dans la ligue de Cambrai ; mais, comme il restait fidèle à l'alliance’ française , Jules IT le chicana au sujet de ces mêmes salines , puis il le déclara excommunié et déchu. Il commença aussitôt les hostilités , et lui-même , à la tête des troupes, marcha contre le duc d’Este ; impatient de tout retard, il s’exposait, quoique octogénaire, à la neige et au feu, dirigeait les batteries contre la Mirandole, où il entra par la brèche, et répétait : Ferrare, Ferrare, corps de Dieu, je l'aurai ! Mais Alphonse ne se laissa point intimider; il engagea ses joyaux et ceux de sa

femme, pour ne pas surcharger le peuple, et se soutint avec cons- :

tance et modération contre le pape, qui pourtant ne se laissa jamais apaiser.

+ 20 février.

1511, 20 janvier.

Jules 15 cherchait en même temps à faire révolter Gënes contre les Français, qui ; contraints d'en venir aux armes, lui reprirent Bologne ët dispersèrent les troupes pontificales. Les prélats français, réunis à Tours; autorisèrent Loais XIT à repousser par les armes les attaques du chef de la religion, et en appelèrent de ses. interdits au eüncile général. La guerre s’alluma donc entre la France et le saint-siége; mais, comme elle était dirigée contre la puissance pontificale, beaucoup dé personues concevaient des sctupules ; surtout la reine, et, par suite, le maréchal Trivulce ne pouvait agir qu'avec hésitation. Louis XIL lui-même demandait pardoh au pape; qu’il combattait; mais, ne pouvant réussir à le calmer, il convoqua un concile pour déclarer son élection nulle, et fit battre une médaille sur laquelle étaient inscrits ces mots : Perdam Babylonis nv'nen.

Depuis le concile de Bâle, l’Allemagné retentissait de plaintes contre Rômie, contre l’ignorance et l’avidité des légats et des prélats, contre la vente dés indulgences, les annates et les expectatives. En conséquence, l’empereur, comme protecteur de l’Église, convoqua àn nouveau concile à Pise, sous la protection des Florentins qui, épuisés par la dernière guerre, étaient restés neutres, hien qu’ils penchassent pour la France. Jules II s'indigna de voir outragée en sa personne cette dignité dont il avait une si haute idée, et l’interdit qu’il lança fit que bien peu de prélats se réunirent ; encore furent-ils outragés par le peuple tant à Pise qu’à Milan, où ils se transférèrent ensuite,

Ce pontife singulier, supérieur aux considérations personnelles commé aux intérêts de famille, était inflexible toutes les fois qu'il s'agissait d’une chose qu'il croyait avantageuse au säint-siége ; après avoir obtenu satisfaction des Vénitiens, il trouvait imperdonnable qué d’autres persistassent dans une guerre qu'il avait provoquée dans ce but unique, Il organisa donc une

sd. Jigue qui fut appelée ligue sainte, parce qu’elle avait pour objet ” d'empêcher le schisme, et de restituer Bologne à Saint-Pierre ;

dans cette ligue entrèrent Venise, le roi Ferdinand, qui espérait

trouver une occasion d'acquérir la Navarre espagnols, et puis le

roi d'Angleterre, qui comptait recouvrer la Guienne. Les Suisses,

que Louis XIT avait irrités en disant qu'il ne voulait plus solder

des rustres, coururent jusqu'aux portes de Milan et ranconnèrent

le pays. Le Frioul continuait d’être ravagé par les bandes impé-

riales. Le pape, irrité contre Florence à cause du concile, s’efforca

de renverser le gonfalonier Soderini et le parti populaire; il laissa

prélats ssér par èrent de nc entre e contre ieht des Crivulce deman- | réussir élection rits ces

plaintes 1es préxpecta- Eglise, les Floeutres, gna de ‘une si lats se à Pise

inelles is qu'il Siége; ouvait guerre 1C une objet jerre ; pérait uis le lisses, older

ièrent mpéfforca laissa

donc le cardinal de Médicis, son légat, intrigusr pour ie rétablissement de sa famille.

Les confédérés avaient à leur tête le catalan Raymond de Cardona , vice-roi de Naples, et, sous lui, des généraux de grande réputation, Pierre Navarro et Fabrice Colonne; l’armée pontificale était commandée par le légat Jean de Médicis , qui avait sous ses ordres Marc-Antoine Colonne, Jean Vitelli, Malatesta , Baglione, Raphaël des Pazri, capitaines des plus renommés. Les armes françaises prospéraient sous Gaston de Foix, duc de Nemours, qui, grand capitaine avant presque d'ayoir été soldat, héros pour. les Français, fléau pour les Italiens, avait, en trois mois, gagné quatre batailles; il combattait sans haubert, en l'honneur de sa dame, la chemise en dehors depuis le coude jusqu'en gantelet.

Bologne fut défendue; mais Brescia, lasse des vexations des Français et partagée entre Gambara et Avogadre, se révolta ainsi que les bourgs voisins. Les Français l’assaillirent ; mais les habitants se défendirent avec courage. et le chevalier Bayard fut blessé sur la brèche ; ses gens, furieux , redoublèrent d’efforts pour le venger, et, maîtres de la place , ils la livrèrent au pillage. Les plus généreux défenseurs de la ville furent envoyés au supblice des traîtres.

Bayard fut porté dans une maison dont la rueîtresse se jeta à ses pieds, ep lui offrant tout ce qu'elle possédait pour qu’il sauvât son hongeur et celui de ses deux filles, bonnes à marier; Bayard lui donna sa parole qu’il se conduirait envers elles en gentilhomme, Gagnée par Ja reconnaissance, la dame lui prodigua tous les soins durant sa longue maladie; après sa guérison, et quand il fut sur 1 point de partir, elle lui offrit un coffret rempli d'argent, à titre de rançon pour sa demeure, qu'il s'était abstenu de piller, et pour le récompenser d’avoir respecté son honneur :

tels étaient les rapports de Fitalie avec ses vainqueurs. Mais Bayard , informé qu'il contenait deux mille cinq cents ducats d’or, appela les deux jeunes filles, qui, belles et bien élevées, l’avaient distrait de ses ennuis et des douleurs par la lecture, le chant et les sons du luth et de l’épinette ; après les avoir remerciées, il mit dans le tablier de chacune mille ducats, réservant le reste pour les religieuses de la ville, qu’on avait pillées. Les dames, pleurant et le remerciant, lui donnèrent deux bracelets et une bourse, leur ouvrage, prirent congé du loyal chevalier, et lui souhaitèrent toute sorte de biens.

1528, 41 avril.

Le butin fait sur la malheureuse Brescia fut si considérable (72,000,000 de fr.) que beaucoup de Français, enrichis, ne songèrent qu’à retourner chez eux. Cette victoire fut désastreuse pour l'Italie.

La sanglante bataille de Ravenne, où périt Gaston de Foix, fut plus funeste encore. La plupart des Français désertèrent lorsque le général eut péri, bien que déjà douze mille Espagnols jonchassent le champ de bataille, et que d'illustres personnages tels que le marquis de Pescaire, Fabrice Colonne, Pierre Navarro et le légat lui-même , Jean de Médicis, fussent tombés au pouvoir des Français. Louis XII répondit à ceux qui le félicitaient : Souhaitez de pareilles victoires à mes ennemis.

Les chevaliers étaient habitués depuis longtemps à combattre sans presque exposer leur vie; bardés de fer, eux et leurs chevaux , exercés aux armes dès leur enfance, ils se trouvaient bien supérieurs à la tourbe des piétons, qui n'avaient que des piques pour les assaillir ; du reste, lorsque la pédaille, grâce au nombre, triomphait des gens d’armes et les désarçonnait, elle ne les égorgeait pas, mais se contentait d’une grosse rançon. Les armes à feu déplaçaient maintenant la supériorité ; bien qu’elles fussent encore très-imparfaites, le boulet d’un canon et la balle d’un mousquet tiré par un vilain pouvaient donner la mort au plus fameux héros ou bien à un fils de France. Les Italiens connaissaient déjà l’usage des canons; mais ce ne fut que dans l’expédition de Charles VIII qu’ils les employèrent en grand nombre et se servirent de l'artillerie légère. A la bataille de Fornoue, ce roi repoussa les Stradiots avec des canons, et la terreur qu'ils inspirèrent sauva l'avant-garde franeaise.

Le canon fut employé plus utilement que jamais à la bataille de Ravenne, une de celles, en petit nombre, où la tactique fit plus que la valeur personnelle ; quelques coulevrines, placées dans un endroit favorable d’après les conseils de Bayard, foudroyèrent les hommes d'armes de Fabrice Colonna, dont elles tuaient , selon le chroniqueur, trente-trois à chaque coup. A la bataille de Marignan, tous les efforts des Suisses se dirigèrent contre l'artillerie française, qui défendait les lansquenets et les gens d’armes; à celle de Pavie, François I°" fut la cause du désastre de l’armée française, parce que, s'étant trop avancé, il fallut arrêter le feu de l'artillerie dans la crainte de l’atteindre. Néanmoins les armes à feu reçurent peu d'améliorations dans ces guerres où les siéges, les ruses et les surprises detout genre semblaient chose plus im-

Page 1