BATAILLE DE PANIE
plus Quint le fit renfermer dans le château de Pizzighettone , et lui vait demanda pour rançon la cession de la Bourgogne, de Milan, Le d’Asti, de Gênes et de Naples; de plus, pour le connétable de va, Bourbon, outre la restitution de ses biens confisqués, le Dauem- phiné et la Provence, pour lui en former un royaume indépendant. Plutôt mourir en prison, s'écria François I°", que d’enan- tamer le patrimoine de mes fils ! et il se laissa transporter en lieu Espagne, persuadé qu’il lui suffirait d’un entretien avec son frère | put, Charles pour obtenir sa liberté. Mais Charles, prenant ombrage | son des honneurs que la noblesse prodiguait à François, défendit ites l'entrée de l’Alcazar, où il le retenait prisonnier; il refusa même | out de le voir, jusqu’au moment où, sur la nouvelle qu'il était malade | in ; de chagrin, et dans la crainte de perdre un gage dont il voulait de ais tirer profit, il lui rendit visite et le consola par des couruisies, ent mais sans lui faire aucune concession. Marguerite d'Angoulême | n- s'était rendue à Madrid pour adoucir les peines de François I°"; | ii, Charles cherchu par des manières caressantes à la retenir jusqu’à | e, l'expiration du sauf-conduit , afin de pouvoir la faire aussi pri- | Ce sonnière. | nis Cet événement inattendu, qui venait couper court aux subter- | ce fuges de la politique, jeta l’effroi dans l'Italie, livrée à la merci | d’une armée victorieuse, insubordonnée et pillarde. | sl Clément VIE, qui s'était uni à François 1°", ne pouvait s’at- | il | tendre qu’à une tempête, et il s'était mal préparé à l’affronter | ns par des économies inopportunes et une déplorable irrésolution. l ui En s’unissant aux Vénitiens comme ils le lui proposaient, et au ! ui duc de Ferrare, il aurait pu soutenir l’honneur italien contre une | armée sans solde et sans discipline ; mais, préférant s'arranger | à avec Charles-Quint dès que ce prince eut assuré Florence aux 1°" avrit. fl it Médicis , il lui fournit de l’argent, dont les Impériaux se servirent |
- pour tyranniser les Italiens divisés et le pontife lui-même, qui, n'ayant pas voulu se. mettre à la tête de ses compatriotes, se trouva à la discrétion des étrangers. Clément reconnut sa faute, eo et joignit ses plaintes à celles de l’Italie entière , tremblante à l'idée de rester sous un joug dont elle venait de faire une si rude expérience. Sforza, au nom de qui l'État de Milan avait été recouvré, se voyait en proie à la soldatesque, et sentait que Charles-Quint visait à le déposséder, pour réunir ie duché à ses er possessions héréditaires. Jérôme Morone, son chancelier, que 3598.
cette ambition faisait frémir, concut l'idée d’uae ligue italique Gmuretion
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14 octobre.
pour assurer l'indépendance du pays. Henri VIII la favorisa par jalousie contre Charles, et la régence de France promit des subsides, dans l'espoir d'obtenir, par cette diversion, de meilleures conditions du vainqueur.
Le marquis de Pescaire, né en Italie de la famille espagnole des Avalos, et qui ne parlait qu’espagnol, jouissait d’un grand crédit dans l’armée impériale : « Orgueilleux outre mesure, il était « envieux, ingrat, avare , haineux et cruel, sans religion, sans « humanité, et né absolument pour la ruine de l’Italie (1). » 11 était mécontent de ce que Lannoy avait envoyé en Espagne le royal prisonnier, que l’armée voulait retenir comme gage de sa solde arriérée. Morone se flatta donc de l’attirer dans le parti italien, non par sentiment national, mais en le flattant de l’espoir d’une couronne. Étranger à la culture italienne, mais élevé, par la lecture des romans espagnols, dans des idées exagérées de loyauté, Pescaire ne crut pas s’avilir en descendant au rôle infâme d’espion ; il continua d’entretenir les conjurés dans l’espoir de son concours, puis fit demander à Morone une entrevue dans le château de Novare, où il se fit livrer le secret des menées déjà commencées, des complices et des moyens de réussite ; mais il avait eu la précaution de faire cacher derrière une tapisserie Antoine de Leyva. Il arrêta donc lui-même le chancelier, et lui fit subir un interrogatoire ; on occupa le Milanais, et ses habitants furent obligés de jurer fidélité au roi d'Espagne. Pescaire mourut quelque temps après, à l’âge de trente-six ans.
Quand les Italiens virent Charles-Quint en possession du Milanais, ils reconnurent que c'en était fait de leur indépendance. Venise, prenant alors le rôle déserté par Florence, celui de protectrice de la liberté italienne, réunit des troupes, et adressa à Clément VIT les instance s les plus vives pour qu'il eût à se déclarer sérieusement. Le pontife écrivit à l’empereur des lettres qui montrent combien il avait le sentiment de ses devoirs, et de ceux du monarque auquel il s’adressait; snais, lorsqu'il était question d'agir, il. retombait dans ses hésitations et recourait à des moyens de ruse. Prince fatal qui, dans l'espoir d’user la France par l’empereur et l’empereur par la France , en se jetant tour à tour de l’un ou de l’autre côté , selon les jalousies du moment, sans se faire aimer ni craindre, éteignit la liberté de son
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