TRAITÉ D'AMIENS
exeès dessoldatset l’insalubrité dés logements etrent bientôt moïssonné lés assiégeants qui, en on Mois, furent rédafits de vingt-cinq: mille à quatre mille seulement. Les chefs ne furent pas épargnés, ni Lautrec lui-même. Le siége de Naples se trouva done levé; Michel-Antoine, marquis de Salüces, prit le commandement, se retira dans A vérse, et, contraint de se rendre, il mourüt de honte. Les débris dispersés de cette belle armée qut avait cotiquis l'Italie périrent de misère dans les écuries; les cadavres abandonnés accrurent les infections de l'air, la mortalité et les imprécations contre les étrangers (1). Les bandes noires, qui avaient montré que la valeur italienrie n'était pas éteinte, se dispersè: rent alors: L’ingéniear illustre, le mineur Pierre Navarro ; qui avait joué un rôle important dans toutes ces guerres, tomba prisonnier, et Charles-Quint ordonna qu’il fût décapité; mais le gouvernétir de la forteresse, prenant pitié de ce vieux guerrier, lui: sauva la honte du supplice et l'égorgea de sa propre main, dans la prison.
Le prince d'Orange, promu à la vice-royauté de Naples; mit le comble, pendent la paix, aux maux causés par la guerre, il accusa un graud nombre de feudataires d’avoir favorisé les ennemis, pour les envoyer au supplice et confisquer leurs biens; de plus, il fit payer par les nationaux six mois de solde à l'armée qui avait saecagé Raine. ‘Celles furent les premières violences de ce gouvernement absurde et tyrannique qui, pendant deux siècles, rendit si misérable la plus belle partie de l'Italie.
La défection d'André Doria avait été le dernier coup porté à la fortune de la France. Le marquis du Guast s’était aperçu, pendant qu’il se trouvait prisonnier à son bord; que ce chef souf-
(1) On trouve dans les Docum. di Storia ilal., publiés par Molini, une lettré précieuse , la deux cent quatrésvingt-onétèmme, de Théodore Trivulce et de Guido Rangoni; de l’ânnée 1529, dans laquelle ils jindiquent les moyens qu'il con; sendrait que le-roi de France adoptât, pour faire la guerre à l’empereur, Ils y disent entre autres choses : « Il est d'autant plus besoin de cette vigilance et dé dé’ soin éttrémé, qu’on a affaite à dés entiétnis pléins d’astuce, de perfdie et dé malice, qui, par leur obstination où leûr constance, ônt la patienicé d’attendre l'occasion ; il'semblé: qu’ils ont toujours dans-léur péèeée que les armées de votre Majesté et de ses alliés doivent se consumer d’ellessmêmes. Comme c’est ce que l'on a vu arriver déjà plusieurs fois, il faut y pourvoir par toutes les précautions nécessaires dans l’entreprise qu'on dit être sur le point dé se faire.
Il sera bof de Même d’ämener de Fränce ie quantité convenable de pionniers,.. attendu qu’on en trouvera difficilement en Italie, LA MAJEURE PARTIE DES PAYSANS ÉTANT MORTS, SOIT DB FAIM; SOIT DE PESTE, OU AUTREMENT.
15 août.
80 août,
42 septembre.
20 juin.
5 août.
Paix des dames,
frait des hauteurs des courtisans français, de la préférence donnée par le roi à un autre pour l'expédition du Levant, et qu'il voyait avec déplaisir son projet d'attirer à Savone , port dans lequel il avait déjà commencé des travaux, le commerce de Gênes. Le marquis, parvenu à s’insinuer dans son esprit, lui conseilla de soustraire sa patrie au joug de ceux qui venaient de la saccager, et qui en foulaient aux pieds des priviléges.
Gênes semblait être destinée , en effet, à être l'objet de honteux marchés entre l'Espagne et la France ; cette dernière puissance ne la, conservait même que pour s’en défaire à un prix avantageux. Doria résolut donc de l’arracher aux griffes des deux nations contendantes, et, sacrifiantde timides ménagements d’honneur à l'espoir de devenir le libérateur de sa patrie, il envoya.en France demander satisfaction des torts que l’on avait eus envers elle et envers lui. Sur le refus de François I°', il s'adressa à l’empereur, dont il obtint de si bonnes conditions, qu’il arbora la bannière impériale, et appela Gênes à la liberté. Ce fut un événement très-grave pôur l’ensemble des affaires de la France dans des circonstances aussi urgentes; car, dit Brantôme, celui qui n’est pas maître de Gênes et de la mer, ne peut bien dominer l'Italie,
Doria porta donc le dernier coup à l'indépendance de l'Italie en la livrant à Charles-Quint, puis en se faisant l'ami et le soutien de Philippe II; mais il rendit la liberté à Gênes, en refusant d’en accepter la souveraineté que lui offrait Charles-Quint, peu. partisan des républiques.
Cependant une réconciliation nécessaire à tous les partis se négociait entre les souverains; enfin l’empereur et le pape se mirent d'accord à Barcelone. Le pontife obtint de meilleures conditions qu’il n’aurait pu les espérer après une victoire. Charles s’engagea à lui faire restituer. Ravenne et Cervia par es Vénitiens, et Modène, Reggio et Rubiera par le duc de Ferrare; à rétablir les Médicis dans Florence et Sforza dans Milan, s’il prouvait qu'il avait été étranger aux trames de Morone ; enfin, à soumettre les hérétiques d'Allemagne. Le pape promit en retour de donner à Charles la couronne impériale et l'investiture du royaume de Naples, à la charge seulement de l'hommage de la haquenée, .
D'un autre côté, Marguerite, tante de Charles-Quint, et Louise de Savoie, mère de François 1°, concluaient à Cambrai un arrangement aux termes duquel François I‘ renonçait aux