CHAPITRE VII
RÉTABLISSEMENT DES MÉDIOIS. — TROISIÈME GUERRE ENTRE CHARLES-QUINT | BU FRANÇOIS 1°. — DERNIERS SOUPIRS DE L'INDÉPENDANCE STALIENNE.
Florence, qui seule n'avait pas été comprise dans le traité de paix générale , était l'unique reste de l’indépend; nee itahenne. Après la mort de Laurent de Médicis, dernier iescendant de Cosme, le Père de la patrie (1); les Florentins ax rent engagé Léon X à rendre la liberté à leur ville; mais il leur en voya le cardinal Jules, bâtard de sa maison, qui promit de ne s'arruger ni la nomination aux charges, ni aucune autre prérogative seigneuriale. En effet, #1 se concilia tellement l'affection générale, que ceux même qui désiraient la liberté de leur patrie, ne le yoyaiént pas de mauvais œil; mais, comme les partisans des Médicis prédominaient et tyranuisaient les autres citoyens, on ne parvenait aux charges que favorisé par eux. Clément VII ‘envoya ensuite à Florence deux autres bâtards : Hippolyte, fils de Julien , troisième fils de Laurent le Magnifique, et Alexandre, que Laurent, ‘duc d’Urbin, avuit eu d’une esclave. Lorsque les revers du pape Clément leur permirent de reprendre courage, ils renvoyèrent les Médicis, exilés pour la troisième et dernière fois, et constituèrent son gouvernement libre, sous la direction du grand conseil du peuple.
Florence, dent d'importance propre était perdue, se trouva entraînée dans la fortune et la politique des Médicis, et contrainte, selon les caprices de Clément, de fournir des hommes et de largent. À l’époque où le connétable de Bourbon s’avançait sur Rome, les citoyens de Florence demandèrent des armes pour se défendre; “cyaut qu'on leur en refusait, ils poussèrent leur aacien eri de Peuple et liberté! maisäl fut bientôt étouffé.
La constitution de cette république n’embrassait pas dans la même égalité les nobles et les plébéiens , la ville et la campagne. On distinguait alors dans Florence les sapporianti, citoyens imposés, c'est-à-dire payant la dîme de leurs bieus, et les n07 50pportanti, qui vivaient de leur travail. Quelques-uns des imposés
(1) Il existe à la bibliothèque Corsini une histoire manuscrite de Florence, |
par Francisco Vettori, depuis (512 jusqu'en 1527.
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n'étaient pasadmissiblesau conseil, niaux offices ou magistratures ; on réservait le plein droit de cité et les offices à ceux dont les aieux avaient participé aux trois offices majeurs de la seigneurie, du collége et des bons hommes. Parmi les citoyens privilégiés ou statuali, on qualiflait de grands ceux qui figuraient sur le rôle des arts majeurs, et de pelifs ceux qui appartenaient aux quatorze arts inférieurs. D'autres payaient les contributions de Florence ; mais, comme ils habitaient la campagne, on les appelait sauvages (selvatichi) (1). :
Le gonfalonier Nicolas Capponi, homme d’un cœur droit , n’avait pas assez d'énergie ou de ressources dans l'esprit pour réprimer la violence des arrabiati ; il se flatta donc de les contenir à l’aide des grands; toujours bercé de l'espoir qu'il pourrait s’entendre avec les Médicis, ce qui n'était pas plus possible que de mettre les grands d'accord, il s'était mis à la tête des pal/eschi (partisans des Médicis) et des piagnoni (anciens partisans de Savonarole }. Balthazar Carducci et Dante, de Castiglione, menaient la faction populaire, faction bruyante, qui voulait opposer lahaine générale au retour des Médicis.
La peste, qui avait sévi à Florence comme dans le reste de l’Italie, accrut les misères publiques ; le frère Barthélemy de Ficaia parcourut le pays en prêchant la pénitence, comme l’avait fait Savonarole. Capponi lui-même, ancien disciple du moine martyr, fit entendre dans le grand conseil le langage de son maître. « Lorsqu'il eut fini, il se prosterna à terre, en s’écriant à haute « voix : Miséricorde! et, à son exemple, tout le conseil s’écria : « Miséricorde (2)1 » puis, sur sa proposition, le Christ fut élu roi perpétuel. Sa dévotion ne l’empêchait pas de songer à améliorer, autant qu’il le pouvait, l'administration, les finances et la justice. Secondant le zèle public, il organisa une milice urbaine de quatre mille citoyens de familles s{afuali, et s'occupa de compléter les fortifications de Florence; mais à quoi pouvaient servir de petites mesures d'intérieur, quand les destinées de l'Italie se décidaient au dehors?
Les Florentins avaient trouvé de l’avantage à se déclarer pour Charles-Quint, qui retenait prisonnier le pape, leur ennemi; mais, détestant l’insolence espagnole, ils restèrent fidèles à la France, sans s'apercevoir que cette puissance cherchait (comme il
(1) Voyez Varoui, Storia, à la fin du livre If. (2) Varcar. |
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