‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 47 sur 146 · GUERRE ENTRE CHARLES»QUINT, ET FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

GUERRE ENTRE CHARLES»QUINT, ET FRANÇOIS I

résulte cet effet : ce à quoi la pauvreté et les mauvaises conditions où nous nous trouvons opposent une grande difficulté.

« Je ne vois pas qu’en venant entièrement à la forme d’une principauté, on obtienne ni plus de puissance ni plus de sûreté ; c’est une de ces choses que, si elle était à faire, je croirais presque faite par elle-même , si l’on pouvait proportionner les membres à la tête dans la mesuré convenable, c’est-à-dire faire des feudataires dans l'État, attendu que tirer toutes choses à soi ferait peu d'amis; mais je ne vois pas comment cela pourrait s'effectuer à présent, sans désorganiser les revenus et sahs chasser l’industrie de la ville. Dans une telle disette de moyens, il me paraissait convenable, après avoir détruit sans rétour les conseils ét leurs vieux bavardages, d’élire pour le moment une balia de deux cents voix, en n’y faisant entrer que des personnes de confiance...

« En somme, je voudrais que toutes choses pussent marcher d’après. cette maxime, qu'il n’y a aucun bien à faire à quiconque n’est pas des nôtres, sauf ceux dont on a besoin, et dans le seul-but d’en tirer le plus d’ufilité etle plus de profit possible. Tons lés autres moyens, non-senlement sont à rejéter, mais sont nuisibles. » Lef{, de Pr. à Pr., IE, 124.

(1) Le pape disait à Nerli, alors à Rome : « Tu diras de notre part à ces citoyens, auxquels tu jugeras pouvoir t'adresser, que le temps nous a presque amené à vingt-trois heures (l’avant-dernière heure du jour, presque à là fin de la vié), et qne nous avons résolu de laisser après nous l’état de notre famille assuré dans Florence. Dis donc à ces citoyens qu'ils songent à un gouverrement de telle sorte qu'ils aient à courir avec lui les mêmes dangers que ncire maison, et qu’ils l'organisent de manière qu’il ne puisse plus arriver à notre maison ce qui advint en 1494 et en 1527, savoir, que nous én soyons chassés seuls, et que ceux qui auraient joui avec nous des avantages du pouvoir y restagsent chez eux comme ils y restèrent. 11 faut entin que les choses s’arrangent de telle façon que, si l'État doit être’ perdu, nous et eux nous nous en allions tous de compagnie. Or tu diras clairement à ces citoyens, et de manière qu'ils l’entendent, que telle. est notre intention jet notre volonté trèsferme. Quant aux autres choses, nous permettrons volontiers, comme il est justeet raisonnable, qu’elles soient arrangées le mieux possible pour que nos amis (ceux qui veulent courir la fortune de notre maison) tirent, des avantages de la position, la juste part revenant équitablement à chacun. »

1539, 97 avril,

secours aux protestants d'Allemagne et à la ligue de Smalkade. Il tâcha de s’allier avec Henri VIII et Clément VII, et demanda même à ce dernier, afin de le détacher de l’empereur, la main de Catherine de Médicis pour son second fils ; c'était pour cette famille un événement si glorieux que le pape vint lui-même à Marseille pour traiter l’affaire en personne.

Le roi expédia aussi à Milan un certain Albert Merveille, chargé

“de presser François Sforza, avec le plus grand secret, de se liguer

avec la France. Le duc de Milan préta l'oreille à ses suggestions ; mais, redoutant la vengeance de ses maîtres, à peine eut-il craint d'être découvert; qu’il fit arrêter et décapiter l’émissaire français, sous le prétexte d’un meurtre. Il mourut lui-même peu après, sans être regretté, et l’empereur occupa le duché comme fief vacant (1). ;

Alors le roi très-chrétien, que le meurtre de son ambassadeur avait indigné, fit revivreses prétentions, auxquelles il n’avait renoncé dans le traité de Cambrai qu’en faveur de Sforza ; il s’empara des biens de Charles IIT, duc de Savoie, surnommé le Bon, qui favorisait les Impériaux.

Charles-Quint, afin de ne pas avoir une grosse armée à entretenir, avait organisé une ligue entre tous les États d'Italie, qui, à l'exception de Venise, devaient fournir un contingent. sous les ordres d'Antoine de Leyva , tandis que les bandes pillardes et sanguinaires des bisogni étaient envoyées en Morée et en Sicile. Lorsqu’à son retour de l’expédition de Tunis, d'où il revint chargé de gloire et de dettes, il fut informé des nouvelles de France, il éclata en invectives, renouvela son cartel au roi, et voulut réduire François 1°" à être le plus pauvre gentilhomme de son pays. Pour réaliser ses menaces, il concentra en Lombardie des Allemands, des Espagnols et des Italiens; au moment d'envahir la France, ilen distribua les grandes seigneuries entre les siens, et dit à Paul Jove : Tu n’as qu'à tailler ta plume d'or, car je vais le donner grand'matière à écrire. Un prisonnier français , auquel il demandait combien il y avait de journées depuis la frontière jusqu’à Paris, lui répondit : Douze ; mais douze journées

(1) « Cette mort du duc de Milan a soulevé un grand nombre d’esprits et l’on redoute des troubles. Les Espagnols déclarent hantement que le fief revient à l'empereur, et qu'il le veut pour lui-même ou pour les siens; les Français menacent ; les Ursini, etc., se préparent pour une nouvelle guerre. Que Dieu nous assiste, et nous inspire de hons conseils dans ces graves circonstances ! » Lettre de JÉR. NrGRo,

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