ALEXANDRE DE MÉDICIS
es comme continua encore les hostilités pendant deux ans, et finit par obà capitale, tenir Boulogne, comme gage de deux millions que la France avait sent. d’un à lui payer. Ainsi se dénouait cette querelle toujours renaissante ospitalité entre Charles et François, sans que ni l’un ni l’autre tirassent le duchesse moindre avantage de tous les malheurs qu’ils avaient infligés aux
à anneau peuples ; et puis n’avaient-ils pas exposé l’Europe à une irrup-
op belles tion des Ottomans? En renonçant à ses prétentions sur l'Italie,
norency prétentions qui avaient failli causer son démembrement, la France
ne lui, en gagna en force nationale. Charles-Quint avait eu la gloire de : ART voir son ennemi prisonnier et suppliant, mais sans pouvoir arra-
à Saint- cher un lambeau de son royaume, et l'opposition de la France de l’exé: avait déjoué ses vastes projets. A la mort de François I°', qui sursa fille vint peu après, Charles était sérieusement occupé en Allemagne; l'inves- cependant les haines nationales fermentaient, etne tardèrent pas
à éclater.
ya des L'Italie languissait , épuisée par quatre guerres. La première, l'urquie apportée par Charles VIII, ne fit que redoubler les intrigues et butefois révéler la force de l'union, mais aussi l'impossibilité de la mainilli, par tenir. La seconde, amenée par Louis XII, détruisit l'équilibre et AUXEM - le jeu artificiel de la machine politique, en livrant les plus belles venait provinces aux étrangers. La guerre entre François 1‘' et Charlesgrande Quint étendit sur toute la Péninsule l'influence espagnole , et il it ans ; ne resta plus aux vainqueurs qu’à se disputer entre eux le prix Durage de la victoire. Dans la dernière seulement, le Piémont fut parcom- couru par les Impériaux et les Français, et souffrit cruellement re oC- de l'ambition de ces étrangers qui, rivalisant de valeur et de férocité, s'enlevaient tour à tour les villes et les provinces. |
i aux Alexandre de Médicis se montra dans Florence aussi pervers Alexandre. de contre que l'avait fait prévoir sa jeunesse débauchée. Porté au trône par : alliés les armes étrangères, considérant ses sujets comme des ennemis,
si le méprisant les lâches qui avaient abattu à son profit les barrières rêtés. constitutionnellés, entouré de satellites, il donna l'essor à toute quelle la fougue de ses vingt-deux ans. Après avoir construit une forte-
l’Ar- resse, et défendu sous peine de mort aux citoyens de conserver
à la des armes, il s’efforça, par l’espionnage, les dénonciations secrètes >; de : et les supplices, d’amortir cette humeur enjouée qui était le ca-
VIII ractère du pays. Il avait en mépris les beaux-arts et les lettres,
| cette seconde vie de Florence; ni le respect pour les familles, ni cea « la sainteté du lit nuptial.ou du cloître, n’arrêtaient ce tyran
brutal, qui, sans distinction de sexe, se livrait aux débauches les plus effrénées ; il humiliait de préférence ceux qui se mon-
Re po
10 août.
traient les plus dévoués à ja liberté et que le peuple respectait davantage. Ses ministres et ses soldats rivalisaient à qui l'imiterait le mieux, et les Florentins eux-mêmes oubliaient, au milieu des orgies, leur glorieux passé.
Le cardinal Hippolyte de Médicis, son cousin, enviait des honneurs qu'il croyait lui être dus; mais!Alexandre ne tarda point à se délivrer de lui à l’aide du poison, en disant : Nous savons comment nous débarrasser des mouches qui nous génent. Philippe Strozzi, d'une famille provinciale, époux de Clarisse de Médicis, vaillant bomme de guerre et politique habile, le plus riche particulier de l’Europe, modèle de savoir et de courtoisie, ayait épousé les intérêts d'Alexandre, et, pour se faire bien venir de ce prince, lui avait donné de mauvais conseils. Le duc le voyait avec défiance, et chercha même à le déshonorer dans la personne de Louise, sa fille, qu’il fit empoisonner, n’ayant pu la séduire. Philippe, avec le reste de sa famille, se réfugia à Rome, puis en France. Lorsque Clément VII fut mort, Strozzi et les autres bannis en grand nombre adressèrent leurs plaintes et et celles de leur patrie à Paul. III, l’adversaire de leurs ennemis; ils envoyèrent aussi exposer à Charles-Quint leurs misères et les infamies du duc, en semant l'or pour se rendre les courtisans favorables. Charles écouta leurs griefs et manifesta le désir de leur rendre justice ; mais, comme il redoutait par-dessus tout le rétablissement d'une républiqueguelfe, il accepta les excusesdutyran, que justifièrent d’ailleurs l’infâme éloquence de Guicciardini, un cadeau de quatre cent mille florins, et le mariage qu’il conclut avec la fille naturelle de l’empereur. Lorsque Charles-Quint proposa aux bannis quelques indemnités de peu d'importance et sans aucune sûreté, ils lui répondirent : Nous ne sommes point venus demander à Votre Majesté à quelles conditions nous devions servir, ni nous excuser deceque nous avons fait librement pour la liberté de notre patrie ; mais pour la prier de nous restituer l'enlière liberté qui nous fut promise en 1530.
Il ne restait aucune espérance, lorsque la vengeance vint d’où on l’attendait le moins. Il existait deux branches des Médicis bourgeois; à l’une appartenait Cosme, à l’autre Lorenzino, jeune homme instruit, mais dissolu, habitué à satisfaire toutes ses fantaisies, espion du duc, compagnon, ministre et instrument de ses débauches, Soit rivalité d'amour, sentiment de honte ou désir de renommée , il songea à recouvrer l'estime des siens
par une action qu'il jugeait d’après les idées des classiques,
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