COSME DE MÉDICIS
(1) NiccoLont, dans la vie de Strozzi qui précède la tragédie précitée,
(2) « Le seigneur Strozzi quitta l’Italie , et vint trouver le roy au camp de « Marole avec la plus belle compagnie qui fût jamais vue de deux cent arque- « busiers à cheval , les mieux dorés, les mieux montés, les mieux en point « qu'on eût su voir; car il n’y en avoit nul qui n’eût deux bons chevaux « qu’on nommoit cavalins, qui sontde légère taille, le morion doré, lesmanches « de maille, qu’on portoit fort alors, la plupart toutes dorées, ou biem la moi- « tié, les arquebuses et fourniments de même; ils allaient souvent avec les « chevaux légers et coureurs, de sorte qu'ils faisoient rage; quelquefois ils se « servoient de la pique , de la bourghignote et du corselet doré, quand il en « faisoit besoin ; et, qui plus est, c'étoient tous vieux capitaines et soldats bien « aguerris sous les bannières et ordonnances de ce grand capitaine Jeannin de « Médicis, qui avoient quasi tous été à lui ; tellement que, quand il falloit met- « tre pied à terre, on n’avoit besoin de grand commandement pour les crdon- « ner en bataille, car d'eux-mêmes se rangeoïient si bien qu’on n’y trouvoit « rien à redire, etc. » BRANTÔME, Vie de Pierre Strozzi.
Cosme.
Lucques.
Loi Martinienne,
Sienne.
porté au trône dans leurs bras, tombèrent victimes de son ingratitude et de l'exécration populaire.
C'est ainsi que Florence se trouvait opprimée par les Médicis, qui depuis cent ans s'étaient appliqués à la corrompre; comme les
formes démocratiques, qui jusqu'alors avaient été sa vie, étaient,
incompatibles avec une principauté, son asservissement fut sans bornes. Cosme concentra dans lui seul toute l'autorité, les conseils, la justice et les finances. Il obtint de Charles-Quint qu’il retirât des forts la garnison espagnole ; puis il arma des troupes avec lesquelles il put défendre les côtes de la Toscane, lorsque les Tures, ‘pour obliger la France et braver l’empereur, vinrent dévaster le littoral italien.
La liberté avait donc succombé en Toscane, excepté dans les deux villes de Lucques et de Sienne, et Cosme ne pouvait l'y souffrir qu’à contre-cœur. Lucques, qui supportait avec patience ses provocations, et se maintenait dans les bonnes grâces de l’empereur, se garantit d’abord de ses projets ; mais François Burlamachi, qui en était alors gonfalonier, conçut le hardi dessein de ressusciter la liberté italienne. Il se proposait de faire, des quelques troupes qu’il pouvait rassembler à raison de son office, le noyau autour duquel se grouperaient Pise, Pescia, Pistoie, Sienne, Pérouse et Bologne ; il devait commencer par se défaire des étrangers, et puis enlever au pape ses domaines temporels, conformément aux doctrines luthériennes, alors répandues dans Lucques. Tout était convenu; les Strozzi, toujours prêts à contribuer aux soulèvements de la Toscane, lui fournissaieart de l'argent, et l’on n’attendait plus que le moment , lorsqu'un traitre avertit Cosme. Charles-Quint, informé ainsi de la conspiration, força la république de lui livrer Burlamachi, qui fut torturéet mis à mort à Milan.
Martin Bernardini fit accepter aux Lucquois une disposition portant que « seraient seules admissibles aux charges du gou- « vernement les familles qui jouissaient actuellement de cet « honneur, avec le droit de le transmettre à leur descendance, « à l’exclusion toutefois de quiconque serait né à Lucques d’un « père étranger, ou d’une personne du territoire extérieur, .» La république devint ainsi aristocratique.
Dans Sienne, la domination avait passé , de Pétrucci, dans les mains d’Alphonse Piccolomini ; mais Charles-Quint , qui avait cette ville sous sa protection, saisit le prétexte de ses actes de tyrannie pour lui envoyer le ministre Granvelle, avec mission de
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