‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 55 sur 146 · ELLE · texte numérisé non relu

ELLE

que lorsqu'il eut les Français pour alliés. Charles-Quint, déjà aigri par ces propos, fut encore blessé lorsque le pape fit attribuer Parme et Plaisance à Pierre-Louis avec le titre de duc. Ces villes avaient appartenu au duché de Milan jusqu’au moment où Léon X se les était fait céder ; Charles les voyait donc avec dépit dans d’autres mains. Ferrant Gonzague, gouverneur du Milanais, l'ennemi particulier du pape. attisait encore son mécontentement. Le pontife, de son côté, pour nuire à Charles, avait favorisé la conjuration de Fiesco, et, quand il apprit qu’elle avait échoué, il s’écria qu'on voyait clairement « qu'il était dans les desseins de Dieu que cet empereur prévalût pour ruiner l'Église et toute la chrétienté. » ( Seen1. ) Les Autrichiens encouragèrent donc, s'ils ne l’excitèrent pas, une conspiration ourdie par des gentilshommes des maisons Anguissola, Landi, Confalonieri et Palavicini. Pierre-Louis, assailli par les conjurés, périt, et la terre fut délivrée d’un monstre. Plaisance criait déjà liberté; mais, le jour même, elle fut occupée par Ferrant Gonzague, Octave Farnèse, fils de celui qui avait été tué, se maintint dans Parme, bien qu'il fût le gendre de Charles-Quint, même après la mort de Paul IEE, et ce petit pays (comme dans une époque plus rapprochée \ faillit mettre PEurope en feu.

Heori Il, dans l’intention de causer du dépit à Charles-Quint, pritle jeune Farnèse sous sa protection, et fit passer, sousles ordres du maréchal de Brissac, destroupes dans le Piémont, qui supporte les premiérs ravages dans toutes les descentes en Italie. Ferrant Gonzague fut contraint de lever le siége de Parme pour venir désoler le Piéinont, où les soldats de France paraissaient des anges, en comparaison de ces Espagnols et de ces Allemands dont la brutalité féroce égalait l’indiscipline, Le parti français se releva en Italie ; il était formé des mécontents de tous les pays, qui, réunis à Chioggia, employèrent tous les moyens de nuire aux Impériaux, jusqu'à faire appel aux Turcs pour les lancer sur le territoire de Naples. Nous passerons volontiers sous silence les trahisons, les coups de poignards , les empoisonnements , les corruptions qui, plus que jamais, furent mis en œuvre à cette époque ; nous nous bornerons à dire que Charles-Quint envoya, pour faire face au danger, le duc d’Albe, avec des forces considérables ; qu’elles furent amenées par le Génois Doria, avec l’argent de l’Amérique, pour la ruine de l'Italie, et que le Milanais Medeghino joignit ses soldats à cette armée d'étrangers.

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