ROYAUMES MUSULMANS
soldats pour le maintien de l'ordre et de la tranquillité, et Mahomet IT permit que, dans l’administration des affaires civiles, le premier vote appartint au cadi, le second à l'archevêque, le troisième à leur capitaine, Cette constitution, qui fut ensuite étendue à toute la Grèce de terre ferme, n'a pas peu contribué, de nos jours, à faciliter l'insurrection des Heliènes. Les chefs des milices nationales étaient nommés armatoles, et leurs soldats palicares ; il y avait, en outre, des A/ephtes ou chefs de bandes non reconnus par le gouvernement, auquel ils étaient hostiles.
Le Grand Seigneur distribua des flefs aux troupes qu’il avait chargées de garder l'Epire et l'Albanie ; ces troupes se mélèrent avec les habitants, au moins sur les côtes, dans les villes et les plaines. La Porte se déflait de ces nouveaux maîtres, qui, en effet, acquirent une telle puissance qu'il était rare qu’on leur envoyât un pacha étranger.
Il existe parmi les Tres deux législations, l'une religieuse et l’autre civile : la première tirée du Coran et de la tradition, puisque les Ottomans sont sunnites, et la seconde fondée sur les constitutions des souverains. Les théologiens jurisconsultes forment la chaine des ulémas , d'où sont tirés les docteurs, les juges, les ministres des mosquées, dépendants du muphti. Ce dignitaire répondait par un fetwa ou fetfa aux consultations que lui adressait le sultan sur des questions de droit et de politique, sur la légitimité de la guerre et des condamnations de personnages illustres. Mais, s’il osait prononcer contrairement à la volonté du souverain, il était destitué; s’il se rendait coupable d’un crime capital, il ne s'agissait pas pour lui d’être étrangié ou décollé, mais on le pilait dans un mortier réservé pour cet usage dans le château des Sept-Tours.
Indépendamment de la loi (chéry) et des constitutions (kanoun), les Turcs observent les coutumes (aadet) etla volonté du maître | ouwrf). \
Mahomet II promulgua un kanoun divisé en trois portes : la première traite de la hiérarchie des dignitaires ; la seconde, des cérémonies et des usages ; la troisième , des peines et des traitements. D’après ce code, quatre classes ou colonnes de l'empire forment le noyau du divan, savoir : les vizirs, dont le premier, appelé grand vizir, sorte de maire du palais, commande l’armée, préside le divan, et se trouve chargé du fardeau de toutes les affaires publiques ; deux grands juges (kadiasker) de la Romélie
Législation,
ou Europe, et de l’Anatolie ou Asie; trois grands trésoriers ( defterdars), et les secrétaires d’État (nichantchi).
Viennent ensuite quatre hautes charges de cour, conférées aux eunuques : le grand maître (babi seadet agassi), le trésorier (khasinedar bachi), le grand échanson (kilardjt bachi), le préfet du palais (serai agassi); de plus, le grard jardinier et le chef des eunuques noirs.
C’est la consécration du despotisme le plus illimité; car rien ne vient s'interposer entre le maître absolu et l’esclave livré à sa discrétion. De peur que d’autres familles, en s’alliant à la famille impériale, ne puissent élever des prétentions au trône, ce code veut que le padischah n’épouse qu’une esclavé:, enlevée enfant au cercle de ses relations, et qu’elle soit révérée seulement comme chasseki, c'est-à-dire mère des princes, et davantage lorsqu’elle est validé, c'est-à-dire mère du sultan. La coutume en vertu de laquelle les premiers-nés du sultan font mourir leurs frères est sanctionnée par un fetwa du muphti; d’où il suit, comme corollaire, qu’on ne lie pas l’ombilic aux filles du Grand Seigneur.
Relégué la veille parmi les femmes, le sultan se trouve, le lendemain , le maître de la vie et des biens de tous. Il n’y a point d’assemblée législative, point de noblesse héréditaire, qui puissent
mettre un frein à son pouvoir; l’unique distinction consiste à être 1 appelé au service du maître ; si l’esclave élevé au rang de vizir est déposé sans être mis à mort, il rentre dans s2 :ondition primitive.
Ilest défendu au despote, maître de la vie de tous, de faire grâce à celui que les cadis ont condamné à mort, attendu que la loi d’après laquelle jugent les cadis est d’origine divine, et dès lors | immuable. | Al Propriétés. AUX termes du Coran, les choses et les personnes appartiennent R à Dieu, qui délègue aux hommes certaines attributions de la propriété. Quelques-unes des terres vives, c'est-à-dire cultivées, payent le dixième de la récolte, et d’autres un impôt foncier. Les premières sont dans les pays qui se donnèrent volontairement à l’islamisme, ou qui furent partagés entre les musulmans après l’extermination des naturels; quelques-unes aussi ont été l’objet de priviléges spéciaux de la part de Mahomet ou des premiers califes,
La propriété sur les térres de dtme diffère peu de ce qu’elle est en Europe, car elle est directe, personnelle et transmissible ; seulement elle est grevée d’un cens religieux, et se perd si l’on cesse
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