‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 62 sur 146 · ÉGYPTE, MOLDAVIE · texte numérisé non relu

ÉGYPTE, MOLDAVIE

Moldavie.

une administration différente à un pays aussi singulier œuc l'Égypte, Sélim la soumit à un bacha chargé de recevoir le tribut, fixé à huit cent mille ducats, déduction faite des dépenses administratives ; mais ce bacha était tenu de consulter sur toutes les affaires un divan composé des sept chefs commandant les sept corps militaires préposés à la défense du pays ; or ce divan pouvait refuser d'exécuter ses ordres, et même le destituer s’il abusait de son autorité. Les décrets du divan étaient exécutés par vingt-quatre beys ou gouverneurs militaires des districts, choisis parmi les mameluks, chargés de réprimer les désordres intérieurs et de repousser les excursions des Arabes : desnotisme militaire, qui bientôt se jeta dans les excès les plus monstrueux. Le schérif de la Mecque vint au Caire faire acte de soumission envers Sélim, et, dès ce moment, la Porte put envoyer chaque année une armée à travers le pays. Il est permis au bacha, qui tous les ans conduit la grande caravane, de suspendre le schérif et de le remplacer par un autre, jusqu’à son départ; en outre, un certain nombre de Turcs font partie de la garnison de la Mecque, de Médine et de Iambo.

La Moldavie, tantôt indépendante, tantôt assujettie aux Polonais ou aux Hongrois , eut un grand prince dans le vayvode Étienne 1°", qui, après avoir chassé le pusillanime Pierre Aron, ne reconnut pas ou reconnut à peine la suprématie. de ces peuples. Voulant occuper la Valachie, il fit la guerre à Mahomet II, et le battit; mais, vaincu par Bajazet , il fit alliance avec lui pour combattre la Pologne; il s’unit de nouveau à celle-ci et à la Hongrie, comme État indépendant.

Bogdan, son fils, se soumit aux Turcs (1513 ) ; il fut imité par Étienne II et IE; avec le dernier ( 1596 ) finit la race du Valaque Dragosch, qui, en 1359, avait constitué la Moldavie. Les boyards se disputaient sur le choix de son successeur, lorsque se présenta le pêcheur Pierre Raresch, qui se disait fils d’Étienne 1°" ; il fut élu, et le Grand Seigneur le reconnut ; mais, engagé dans une guerre avec les Turcs et ses propres sujets , il s'enfuit, et la Moldavie perdit le droit de choisir ses princes.

Sélim fit venir le vizir Piri-Bacha et lui dit : S2 ceéle race de scorpions (les chrétiens) couvre les mers de ses vaisseaux ; si la bannière de Vesise, du pape, des rois de France et d’Espagne domine sur les eaux de l’Europe, c’est la faute de mon indulgence et de ta négligence. Je veux une flotte nombreuse et formidable. Aussitôt les chantiers délaissés préparèrent un

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(1) François Muralto de Côme, qui écrivit à cette époque une chronique restée manuscrite, s'étend sur les préparatifs de cette expédition. Nous en extrayons les ‘étails (sous la date de 1518) qui peuvent donner la mesure des forces resp: tives des pr:nces.

Chaque prince chrétien devra payer un cinquième de ses revenus annuels ; les particuliers ayant au delà de cent ducats l’an payeront cinq florins par cent, les autres, un florin par an, et, s’il devient nécessaire, on vendra le tiers des revenus des églises et des sanctuaires ; les ecclésiastiques donneront deux dixièmes de leurs émoluments annuels.

L'empereur Maximilien fournira moitié de l’armée, qui devra compter, tant de ses gens que de ceux des confédérés, 70,000 hommes de pied, dont chacun recevra par mois quatre ducats d’or; 4,000 soldats vêtus de blanc; 12,000 hommes armés à la légère, et 100 bouches d'artillerie. Le duc de Bourgogne fournira 1,000 lances à quatre chevaux chacune, 2,000 soldats légers à la tudesque, et 22,000 lansquenets à pied; le roi catholique, 1,600 soldats, 3,000 janissaires à l'italienne, et 20,000 Espagnois ; le roi d’Angleterre, 500 cavaliers 1,000 archers à cheval et 10,000 fantassins; le roi de Hongrie, y compris la Bohême, 500 cavaliers, 3,000 soldats légers, et 5,000 arquebusiers bohèmes; le roi de Pologne, 400 cavaliers et 5,000 archers à la turque. Le roi des Romains conduira un corps d'armée, par la Hongrie, vers Belgrade, Andrinople et Constantinople; les vivres le suivront par le Danube. Le roi de France aura l’autre corps d'armée du camp, avec 70,000 fantassins, 4,000 tavaliers et 12,000 soldats légers. Il fournira 2,500 cavaliers français, 5,000 fantassins légers , et 20,000 Gascons, Normands et Picards. Le pape, Venise, Savoie , Florence et autres États d'Italie fourniront 1,500 cavaliers, 7,000 arbalétriers, mousquetaireset demi-lances, et 20,000 fantassins nationaux, dont letiers aura des fusils. Les ligues helvétiqes fourniront 20,000 fantassins, et, s’il le faut, 6,000 aventuriers choisis. Le roi de France s’avancera par le Frioul, la Dalmatie et la Grèce. Les Italiens passeront à Cattaro, par Ancône ct Brindes, ou par Bari et Oziate. La troisième partie de leur armée sera maritime , et chargée de porter les fourrages vers la Grèce et la Morée ; là on nommera un autre chef, qui, selon l'opinion générale, sera le roi de Portugal. Celui-ci fournira 30 caravelles ; le sénat vénitien, 100 galères, dont 80 sont déjà prêtes ; le roi de France et Gênes, 25 galères, autant de caraques, 40 galions et 20 barques; le pape et le roi catholique, 25 galères et 30 nefs de Biscaye ; le roi d'Angleterre, 10 grandes caraques : en tout, 150 galères, 37 caraques, 120 barques, galions et caravelles, et un nombre infini de nefs de transport. Chaque galère coûte, par mois, 500 ducats, chaque caraque, 600 ; la barque, 300; le galion ; 200 ; la caravelle, 50. Le cavalier reçoit par mois 10 ducats; le soldat léger, 5; le

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