‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 66 sur 146 · SIÈGE DE MALTE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE MALTE

Khaïireddin continua ses courses, d'accord avec là France ; il prit Nice et fatigua l'ennemi d'attaques continuelles , jusqu’au moment où le baile de Venise à Constantinople écrivit à la seigneurie : « Barberousse est mort cette nuit, à trois heures ; « il a laissé au Grand Seigneur huit cents esclaves, Roustem- « Bacha deux cents, et dix mille sequins, voulant que l’on miît « en liberté tous les autres esclaves âgés de plus de quitize « ans, et qué trenté mille sequins soient émpioyés à là consa truction d’uné mosquée. Dix millé sequins sont en outre « légués à Moustapha, son neveu ét gendre. On a trouvé chez lui « trente-cinq mille Sequins ét cinq mille aspres. »

Après lui, les côtes furent inquiétées par Dragut ( Torghud- Reis), sandjiak de Mentesce, qui, faisant là course tantôt seul, tantôt avec le graud vizir, oceupa Bastia, reprit Tripoli aux chevaliers de Malte, et fut nommé gouverneur de cette place. Ancône, Civita-Vecchia et Rome se fortifièr:ent contre ses attaqués:

Pendant que les Hongrois faisaient des prodiges dé valeur, Ferdinand s'était tenu en observation, où bien il négociait pour acquérir sous main la Transylvanie. Soliman , irrité de ces téntatives, réunit à la Porte le bannat de Téméswar. Auger Gislen Busbek fut alors envoyé pour négocier avec des instructions limitées, comme toujours (1); il parvint toutefois à conclure entre les Autrichiens et Solitian une paix dans laquelle furent compris la France, le pape et Venise, à la condition de payer annuellement trente milie ducats au sultan.

Dans toutes ses guerres, comme dans toutes ses coùrses sur mer, Soliman avait trouvé sur sa route les chevaliérs de Malte aussi vaillants qu’infatigables à lui nuire. La dévotion l’animait aussi contre cette société impie que ses vœux rendaient l’etinérie irréconciliable de l'islam. Les :hevaliers ayant pillé le galion des sullans qui portait à Venise les richesses de l’Orient , il ré-

(1) Busbek a écrit un excellent ouvrage sur les milices ottomanes ; il envoya à Vienne deux cent quarante manuscrits grecs, entre autres un Dioscoride de la main de Julienne Anicia , fille de l’empereur Olybrius ; des animaux asiatiques, des plantes, parmi lesquelles se trouvaient le lilas de Perse et la tulipe. Il découvrit le monument d’Ancyre , qui rappelle les actions d’Auguste. Antoine Wranzy (Verantius), archevêque de Strigonio, qui alla après lui à Constantinople comme ambassadeur, en rapporta le Taurich Ali-Osman , ancienne chronique de cet empire , dont il fit une traduction et qui servit à Lœwenklau pour composer les annales dés sultans ottomans, premier livre dans une langue européenne qui donna des révélations sur cette histoire.

4 juillet.

septembre,

Expéditions en Asie.

solut de Jeur faire la guerrre, et débarqua dans leur ile, sous le fort Saint-Elme, quarante mille hommes; cent trente chevaliers défendirent ce fort, contre quatre-vingts canons. Les artiileurs de l'Ordre inventèrent des cerceaux de matières combustibles qui, roulés sur les assaillants, les enveloppaientet les brûlaient par trois ou quatre à la fois. Les assiégés purent ainsi résister jusqu'au moment où les Turcs furent obligés. de se retirer, après avoir perdu vingt mille des leurs; leur flotte. était réduite à un état si misérable que le capitan-bacha dut rentrer. de nuit à Constantinople, Jean de la Valette, alors grand maître de l'Ordre, construisit une cité qui fut appelée de, son nom. Sur la nouvelle que les Turcs faisaient de nouveaux préparatifs contre lui, il soudoya un incendiaire qui mit le. feu à l’arsenal de Constantinople. Cet événement, et plus encore la mort de Soliman, amena un armistice.

Ce fut le moment héroïque de l'Ordre, qui ne fit ensuite que décliner. Les commanderies furent dès lors considérées comme un riche apanage pour les cadets de famille , et non plus comme la récompense de la valeur. et un objet. d'émulation. Les jeunes chevaliers se plurent à briller dans les cours, tandis que Malte et Gozzo étaient tyrannisées par leurs,confrères.

Soliman, pour l& septième fois, attaquait l'Allemagne ; il soumit la Moldavie sans effusion de sang, et Sziégeth fut prise trois jours après sa mort. Ahmed-Bacha, conquérant de Rhodes, qui avait été nommé gouverneur de l'Egypte, se révolta ; mais il fut réprimé par Soliman, qui songea à réorganiser ‘ce pays, surtout en modifiant le système financier, qui grevait le peuple sans avantage pour le trésor. Il promulgua donc le Kanoun, dit de Soliman ; en conséquence, tandis que les terres dans la Romélie et la Natolie étaient divisées en grands ou petits fiefs ({omar siamet |, habités par des vassaux (raias) tenus au service militaire, l'Égypte n’eut que des fermiers ( moultezem) qui payaient le cens, et avaient au-dessous G'eux les paysans ( fellah ).

Dans la Perse, Schah-Ismail, fondateur de la dynastie des Sophis, avait irrité par de nouvelles offenses la haine que Soliman lui portait déjà comme schiyte hérétique, Le sultan envoya donc contre lui Ibrahim, qui assaillit la Perse et prit Tébriz, qu'il préserva du massacre; Ibrahim et Soliman , réunis, marchèrent ensuite sur Bagdad par un chemin désastreux. Le Grand Seigneur épargna le pillage à cette ville, séjourna trois

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