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BEAUX-ARTS

Des misères décrites et des misères plus grandes à raconter, reposons-nous par l'éclat des beaux-arts et de la littérature ; cet éclat fut si grand qu’il a pu éblouir les regards contemporains et de la postérité, faire oublier les Leyva, les Medeghino et les

Giorgione,

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Baglioni pour Raphaël, Michel-Ange, lé Titien et l’Arioste, et faire appeler siècle d'or le siècle de César Borgia et de Charles- Quint.

Nous avons déjà vu comment les beaux-arts, associés à la littérature et 4 la philosophie, s'étaient élevés; comme elles, ils contemplaient le beau visible pour remonter au beau idéal, à la connaissance de la beauté suprême et immuable; c'est Pygmalion qui modèle la statue d’abord, et puis lui donne la vie. Ne vous attachez-vous qu’à l’idée? vous obtiendrez les grossières figures hiératiques di moyen âge, respirant une dévotion sans attraits. N’étes-vous épris que des formes plastiques? vous obtenez l'art pur, parfait à l’intérieur, meis qui ne parle point au Cœur.

Les: arts parcoururent ces deux périodes en Italie, et s'élevérent, dans lés trente prémières années de ce siècle, à une hautéur qu'ils n'avaient pas même atteinte chez les anciens. Plusieurs écoles se disputaient le premier rang dans la peinture : l’école vénitienne, soigneuse du coloris au point de négliger les lignes et les formées : l’école florentine, aux teintes moins fortes, mais offrant plus d'harmonie et des gradations savantes ; l'écoie romaine, supérieure dans le dessein et la représentation des formes, étudiées sur les statues antiques, mais qui déclina par céla même, sinon dans l'exécution, du moins dans le sentiment, quand elle substitua aux idées l'étude des apparences, et qu’elle plaça sur les autels des portraits de maitresses et de courtisanes, A une époque antérieure, l’école de l'Ombrie avait conservé l'inspiration religieuse, plus fidèle aux types de convention qu'aux classiques, plus sentimentale que sensuelle, comme si elle avait ressenti le souffle d'Assise, dont elle était voisine.

La longévité de Jean Bellini, que nous avons vu à la tête de l’école vénitienne, lui permit de devenir le contemporain des rénovateurs de l’art. Le sentiment de ce maître passa chez Cima de Conegliano, dont le pinceau réproduisait la beauté, l'intensité de l'expression plus que la grâce , à laquelle inclinent davantage Basaiti et Victor Carpaccio, qui représenta dans huit tableaux l’histoire de sainte Ursule, pages touchantes, même pour les hommes les plus ignorants en peinture.

Giorgione Barbarelli, de Castelfranco, vint détourner l’art dé ces modes affectueux. Réformateur impétueux et hardi, il s’éleva du fini minutieux à un faire large, comme un homme sûr de ses

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