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les qualités ; il réunit le dessin, le coloris, la force du clair-obseur, l'effet de la perspective, l'imagination, la conduite, et cette grâce plus charmante encore que la beauté. L'Héliodore et le Miracle de Bolsena sont, pour le coloris, les meilleures fresques du monde, même auprès de celles du Titien à Padoue.
Raphaël est surtout admirable par le talent d'exprimer les particularités de la vie morale et physique, c’est-à-dire l'individualité, sans que l'harmonie et l'unité disparaissent jamais ; il a su mème étendre cette individualité à tous les âges, à toutes les affections , à tous les caractères, dans ses compositions épiques de la sacristie de Sienne et du Vatican, non dans des situations exagérées, mais dans une gradation combinée, A la profondeur il joint une merveilleuse flexibilité, ne traitant rien à la légère, mais associant à l’agrément des formes la justesse de la pensée, de manière à satisfaire les sens et l'intelligence ; il est d’une variété inépuisable, pieux dans les Saints, voluptueux dans les Galatées, plein de grâce pour finir un petit tableau, magnifique lorsqu'il traite ces vastes scènes de l’Incendio del Borgo et du Spasimo. Jamais aucun peintre n’a saisi comme lui la nature sur le fait; possédant le secret des sympathies, il exprime le caractère , le pathétique, encore plus que le beau. On peut dire avec vérité que, par des inventions qui satisfont le jugement et touchent le cœur , il donne la vie à ses tableaux , le sentiment et le langage visible à ses personnages. Il introduisit dans les arabesques des figures humaines et symboliques, chose inusitée aux chrétiens et aux Arabes; mais peut-être connut-il les peintures romaines que l’on découvrit, quelques années après, dans les thermes dé Titus. Le luxe qu’il déploya dans les loges du Vatiean servit de modèle pour décorer les palais des rois, et répandit un goût plus pur dans le choix des ornements. Il eut encore le bonheur de voir la gravure se perfectionner : nouvel avantage pour lui, puisque l’habile Marc-Antoine ne crut pouvoir mieux employer son burin qu’à multiplier les œuvres de Raphaël, qui
purent ainsi se répandre au loin.
Comme les autres artistes de son temps , il conraissait la sculpture et l’architecture (1). Les édifices magnifiques dont les ducs d’Urbin embellissaient leur capitale, et dans lesquels ils recueil-
(1) Même après Vasari, Duppa, Braun, Quatremère de Quincy, l'ouvrage le plus estimable sur Raphaël me parait être celui de J,-D. Passavanr, Rafael von Urbino und sein Vater Giovanni Santi.
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