‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 76 sur 146 · LÉONARD DE VINCI · texte numérisé non relu

LÉONARD DE VINCI

(1) Lomazzo.

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un long boyau qu’il remplissait d'air avec un soufflet, de manière à envelopper les assistants, au moment où ils s’y attendaient le moins, dans les spirales qu'il avait ménagées ; ou bien encore il donnait la volée à des oiseaux mécaniques : amusements d’un esprit qui se sentait le besoin de créer.

Il a beaucoup écrit, mais sans laisser aucun ouvrage complet, Les travaux qu'on a imprimés sous son nom sont des extraits ou des fragments réunis; mais ses manuscrits attestent , par la variété des matières, un esprit des plus élevés. Son Traité de la peinture est un des premiers où les principes de l’art aient été discutés (1). Avant Bacon, il posa le principe de l'expérience et de l'observation. La mécanique, disait-il, est le paradis des sciences mathématiques, parce que l’on atteint par elle le fruit des sciences mathématiques ; en conséquence, il fit beaucoup de machines, toujours à l’usage des arts et des besoins domestiques, auxquels il appliqua la géométrie. Il connut la théorie des forces appliquéesobliquement au bras du levier, et la résistance des poutres. Le premier, parmi les modernes, il s’occupa du centre de gravité des solides, et de son influence sur les corps en repos eten mouvement. A l’aide de méthodes ingénieuses, perfectionnées depuis par Amontons, il tint compte des frottements; il déclara impossibles le mouvement perpétuel et la quadrature du cercle, inventa un dynamomètre, et appliqua à un grand nombre de cas le principe des vitesses éventuelles.

Dans la chute des corps, il conçoit un mouvement composé, à cause de la rotation de la terre. Il sait que, dans la descente par plans inclinés d’égale hauteur, le temps est en proportion des longueurs; qu’un corps descend par l'arc d’un cercle plutôt que par la corde, et qu'en tomban‘ par un plan incliné, il remonte avec autant de vélocité que s’il était tombé perpendiculairement d’une hauteur égale. Il répète souvent que les corps pèsent dans la direction de leur mouvement, -t que le poids (nous dirions aujourd'hui la force) croit en raisuu : e la vitesse. 11 écrit sur les fortifications, soutient avant Copernic le mouvement de la terre, et pose le premier, dans l’hydrostatique, les bases de la théorie des eaux et des courants ; il connut la force de la vapeur, et pensa l'appliquer aux canons de guerre. C’est à lui qu’est due la pensée

(1) Léonard de Vinci, vie écrite par le C. ne GazcennerG ; Leipsig, 1834. Lism, Histoire des sciences mathématiques, $ \IE, 30. Giuseppe Bossr, Son ouvrage sur le Cénacle est de l’art pur.

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de canaliser l’Arno, de Pise à Florence, travail exécuté deux siècles après lui par Vincent Viviani (1). Il enseigna l’art de construire les levées, ou du moins il en donna une description exacte et en développa la théorie. Sur le mouvement des eaux, il devar.a d’un siècle Castelli. En optique, il décrit la chambre obseur: avant Porta; avant Maurolico, il donne l'explication du spectre solaire traversant un trou anguleux ; il enseigne la perspective aérienne, la nature des ombres colorées, les mouvements de l’arc-en-ciel, les effets de l'impression visuelle, et autres phénomènes de l’œil inconnus à Vittelion.

Il sait que la mer doit avoir recouvert les terrains où se trouvent les dépôts de coquilles, et non-seulement il explique les straiifications de ces dépôts par voie de sédiments, mais il semble même faire allusion aux soulèvements du continent. Il rend comptede lalumièrc cendrée dela lune dans sa partie non éclairée, par la réflexion de la terre, comme Mestlin le proclama longtemps après. Il comprit que l'air propre à la respiration devait alimenter la flamme (2) ; il attribue à la chaleur du soleil ce fait, que les eaux sous l'équateur sont plus élevées qu’aux pôles, afin de « rétablir la sphéricité parfaite : » c’est une erreur, maiselle indique qu’il connaissait l’inégalité des axes.

Quant aux travaux de l'intelligence, il conseille d'acquérir le plus de connaissances que l’on peut, sauf à élaguer ensuite celles qui sont fausses et inutiles. L'expérience est l’interprète de la nature, et jamais elle ne se trompe, mais bien notre jugement, lorsqu'il en attend des effets qu’elle n'offre pas; il faut donc la consulter, en varier les modes, jusqu’à ce qu’on puisse en tirer des conséquenc-; générales. Les sciences auxquelles on ne peut appliquer quelque: parties des mathématiques, manquent de certitude; ceux qui consultent les auteurs, au lieu des faits, ne sont pas fils de la nature, mais ses petits-fils , car elle seule est l’institutrice des génies véritables. Bien qu’elle commence par le raisonnement et finisse par l'expérience, nous devons suivre une route opposée, citer d’abord l'expérience, puis dé-

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