‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 77 sur 146 · LÉONARD DE VINCI · texte numérisé non relu

LÉONARD DE VINCI

(1) Mais il ne put travailler, comme on le dit, au canal de la Martesana, à Milan , qui était alors terminé, ni inventer les bassins (conche), qui étaient en usage bien avant lui. Voy. le livre XIII, ch. 1°" du présent ouvrage.

(2) IL observa aussi que, si mèche d’une lampe était trouée, la couleur de la lumière serait uniforme (MonrucLa, IIf, 564). 11 aurait donc aussi devancé Argand, au moins dans la théorie, IST, UNIV, — T, XIV,

montrer pourquoi les corps sont contraints d’o;:"2r de cette manière,

Nous devons donc ranger Léonard de Vinci au nombre des restaurateurs de la science et 4e la philosophie, en regrettant que des occupations trop variées l'aient empêché d'amener à terme ou de publier tant d’inventions capitales,

En ce qui concerne la peinture, on ne saurait le rattacher à aucune école; mais, créateur d’une théorie précise d'anatomie, d'un sentiment raisonné des lois des contours, il saisit avec bonheur l'aspect général et les détails ; il l'emporte sur ses contemporains pour le ini du dessin, la fermeté des lignes et des formes ; aussi son exemple et ses préceptes contribuèrent-ils à former l'école milanaise, Fondée par l’ancien peintre Vincent Foppa, cette école produisit de bons maîtres, comme les deux Civerchi, Bernard Zenale et Buttinoni de Treviglio, qui purent profiter des exemples de Bramante. Barthélemy Suardi, surnommé le Bramantino, qui suivit les traces de ce dernier, excella dans la perspective, et travailla aussi à Rome. Ambroise de Fossano, surnommé le Borgognone, les surpassa tous ; mais on ne sait rien de ce peintre, sinon qu’une dévotion chaste respire dans les peintures assez nombreuses qui lui ont survécu. La façade de la chartreuse de Pavie est de lui.

L'académie de dessin créée par Louis le More, et dirigée par Léonard de Vinci, fut une pépinière de bons artistes, tels que Francois Melzi, André Salvi, dont Léonard faisait un cas particulier, Jean-Antoine Beltrafio, enfin, pour ne pas en citer d’autres, César de Sesto et Bernardin Luini. Privés du bonheur d’avoir des historiens, comme les artistes toscans , ils sont presque ignorés de ceux qui ne voient pas leurs ouvrages dans leur patrie; mais les fresques de Bernardin Luini, très-nombreuses en Lombardie, sont comptées parmi les meilleures, et les étrangers attribuent souvent ces ouvrages à Léonard. Le Crucifiement, à Lugano, est un véritable poëme, qui offre une infinité de personnages, dont les attitudes, les costumes et les sentiments sont tous variés, tous vrais ; les têtes se détachent du fond avec cette magie de regards qui semblent demander une réponse, et que Léonard enseigna aux Milanais. Les nombreuses Vierges de Luini n'ont pas l’élégance qu’on remarque chez les plus grands maitres, mais elles sont toujours empreintes d’une suavité pudique ; il paraît cependant qu'il n’avait rien vu de sesillustres contemporains, etque, du reste, il fut toujours très-faiblement rétribué.

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