‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 78 sur 146 · CG · texte numérisé non relu

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ÉOOLE LOMBARDE. 275

César de Sesto aida dans ses travaux Raphaël, qui, suivant une tradition, lui aurait dit un jour : Je ne comprends pas comment, élant aussi amis que nous le sommes, nous avons si peu d'égards l’un pour l'autre. On ne détacherait jamais ses yeux des toiles où il a voulu être grand, Son intime ami Bernazzano, excellent paysagiste, travaillait souvent à ses fonds.

Lorsque Antoine Salaino découvrit son tableau de la sacristie de Saint-Celse, tiré d’un carton de Léonard, tout Milan vint en foule pour admirer cette peinture.

Gaudence te: Valdugia, que Lomazzo compte parmi les sept plus gran 8, formé à Verceil dans l'atelier de Jérôme Gioven borateur de Raphaël et grand admirateur de Le: nei, conserva toujours quelque chose de l'ancienne écoie lant il eut de la grandeur dans l'invention, choisit des stutudes nouvelles, surpassa les autres peintres milanais par la vivacité du coloris, et s’attacha particulièrement à donner de l'expression aux visages. Sur ses traces marchèrent, entre autres, André Solaro, d’un pinceau soigné et bon coloriste, et Bernardin Lanini de Verceil, inférieur à Solaro dans le dessin et le clair-obscur, mais bon compositeur et en grand, comme on peut le voir dans sa Sainte-Catherine, à Saint- Nazaire. Marc d'Oggiono, outre ses tableaux de chevalet, peignit des fresques, et peu d'artistes le surpassent dans l’expression et l’art des compositions.

Une élite de sculpteurs, ornematistes surtout, formait à ces peintres un honorable cortége; Vasari, si partial pour les Florentins , avoue qu'on est étonné en voyant les ouvrages de Bambaia, de Solaro, d’Agrati, de Gaudenzio, de César de Sesto, de Marc d'Oggiono, de Luini, « qui feraient beaucoup s'ils avaient autant d’objets d’études qu’il y en a dans Rome. Il est donc heureux que Léon Léoni ait porté là tant d'ouvrages antiques et de

modèles. »

Léon Léoni d’Arezzo était sculpteur et fondeur ; il travailla en Flandre, et fit à Milan le mausolée du Medeghino, fondu d’après un dessin de Michel-Ange, tant soit peu maniéré. Il construisit pour lui-même un palais, dont la façade est soutenue par de grandes cariatides (les omenoni), et qu'il remplit de plâtres et de modèles classiques.

Plusieurs maîtres maçons et tailleurs de pierre, venus principalement des lacs de Côme et de Lugano, devinrent des sculpteurs et des architectes de premier ordre ; les cathédrales de la

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Lombardie. sont embellies de morceaux dont les auteurs sont à peine connus. Ainsi nous citerons les ouvrages de la cathédrale de Côme, dus surtout aux frères Rodari de Marogia, et qui sont exécutés avec une élégance enchanteresse, et ceux de la demicathédrale de Lugeno, que nous sommes tenté d’sitrihuer à Gaspard et à Christophe Pedoni, qui étaient de cette ville (1).

Augustin Busti, surnommé Bambaia, et Christophe Solaro, dit le Bossu, acquirent une plus grande réputation. Le premier mettait partout des arabesques, des fleurs, des broderies, ne fût-ce qu’au bord des. vêtements, et traitait avec une extrême finesse les cheveux, les barbes et les draperies. Dans la Présenlation, qui orne la cathédrale de Milan, il voulut essayer de rendre la perspective, chose extrémement difficile pour le ciseau, en disposant en raccourci un escalier dont le sommet est occupé par Siméon, et le pied par Marie : art merveilleux, mais qu'il ne faut point imiter. Bambaia est aussi l’auteur du tombeau de Caracciolo, dans le même temple, et du tombeau plus célèbre encore de Gaston de Foix. Le changement de domination empêcha qu’il ne fût fini, et ce qui reste de ses morceaux dispersés semble être exécuté en cire.

Solaro a laissé de très-beaux ouvrages dans la cathédrale de Milan.et la Chartreuse de Pavie. Lorsque Michel-Ange découvrit sa Déposition de Croix, au Vatican, quelques-uns, dit-on, l’attribuèrent à Solaro, ce qui fit que le grand artiste florentin y inscrivit son nom. Deux statues de Solaro qui, dans la Chartreuse, représentent Louis le More et Béatrix, sont la chose la plus finie qu’il soit possible de voir.

= La façade de Saint-Paul offre encore d’autres travaux d’une grande beauté, par Lombardi. On admire à Saint-Celse les sculptures d’Annibal Fontana, et plus encore celles de François Brambilla, qui, avec André Biffi, Fusina, Bambaia et Solaro, travailla dans la cathédrale, et surtout à la chapeile de l’Arbre. Il fondit les cariatides de la chaire, travail exquis, bien-que tourmenté de petits détails.

On nous pardonnera, en qualité de Lombard, de nous arrêter sur une école généralement négligée ; nous nommerons donc encore Lomazzo, bon peintre aussi, qui, devenu aveugle à trente ans, se consola de son malheur en dictant les préceptes de son art (2). ILenseigna toutes ces convenances et ces choses de conven-

(1) Voy. Storia della città e diocesi di Coms, par C. Canru, liv. VII. (2) Trattato dell’ arte della pittura, di Giov. PAoLOo LomAzzo , peintre

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