‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 8 sur 146 · X. Maison de Clèves, éteinte · texte numérisé non relu

X. Maison de Clèves, éteinte

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MAXIMILIEN 1°, 91 Parmi ces États, différents de constitution, inégaux en forces,

les villes , les nobles et.la plupart des princes n’avaient point de

suffrages à émettre dans l'élection de l’empereur ; ils souffrajent de tous les inconvénients de la division, bien que la communauté d'origine et de langage, comme aussi le souvenir d'un temps où le roi dominait sur tous, les tinssent encore unis.

Au milieu d'eux s'était élevée ln maison d'Autriche qui, |

grâce à sa position et à sa ténacité, réussit à prévaloir et à faire de’l'Empire son patrimoine; mais elle s'inquiéta moins, en t'administrant, d’en soutenir la dignité que de favoriser ses intérêts héréditaires.

- L'Empire était alors occupé par Maximilien, qui, à l'âge de trente-quatre ans, avait hérité, par son père, de l'Autriche, de la Styrie, de la Carinthieet de la Carniole ; par Sigismond , son cousin, des possessions de l’autre branche autrichienne, savoir : le Tyrol, la Souabe, l'Alsace; enfin par son mariage, de la Bourgogne , du Brisgau et du Sundgau, qu’il céda ensuite à son fils Philippe, lequel atteignait à peine sa seizième année.

- Beau de sa personne, de manières vives et gracieuses , aimant

les lettres et les arts, Maximilien peignait, écrivait, avait des connaissances en musique, en architecture, en métallurgie , en géographie, en histoire, et n’oubliait plus ce qu'il avait appris une fois. Il eut du goût pour la guerre, et dirigé par les conseils de George Fründsberg, il organisa les milices et créa les Jandsknecht, infanterie permanente, enrégimentée, armée de piques, et secondée par des retfres à cheval.

Hardi jusqu'à la témérité, généreux jusqu’à la prodigalité, il s'égarait en chassant le chamois sur les hautes cimes du Tyrol. Plus chevaleresque que les autres princes de sa race , il aima de cœur Merie de Bourgogne, et, l'ayant perdue après une courte union , il la regretta toujours ; il montra envers son père un respect que celui-ci méritait peu. L'empereur lui ayant offert une corbeille de fruits et une bourse d'or , il accepta la première’, et distribua l’autre entre les siens. Ce sera un dissipaleur, s'écria son père. —= Je ne veux pas, reprit-il, dére le roi de l'or, mais de ceux qui possèdent l'or.

Phrase copiée et faisant anachronisme, puisque la prédominance de l'or se substituait aux temps chevaleresques. Ce fut précisément parce qu'il en avait très-peu que Maximilien ft toujours

triste figure. Lorsqu'il alla épouser Marie de Bourgogne, elle dut

renouveler sa garde-robe, afin qu’il parût décemment ; fiancé à

Maximilien, 1493-1519,

pe QUINZIÈME ÉPOQUE.

Aune de Bretagne, il ne put conclure le mariage, faute de trouver mille -éeus d’or; -afin de toucher trois cent mille écus de dot, il

prit pour femme Blanche Sforza, et il accepta de Henri VIII un

subside de cent couronnes par jour pour combattre la France. 11 vendit pour de l'argent les priviléges, le droit de légitimer les bâtards, et jusqu’à celui de créer les poëtes (1); et pourtant il ne voulut jamais, dans une grande pénurie, toucher au trésor ni aux joyaux que lui avaient laissés ses aleux.

Le mauvais succès de ses entreprises l’a rendu presque ridicule dans l’histoire. Les Pays-Bas, mécontents de ses troupes étrangères , se soulèvent, le tiennent plusieurs jours assiégé à Bruges, dans la maison d’un pharmacien, et ne le laissent partir qu'après lui avoir fait jurer les conditions qu'ils jugent à propos de luiimposer. Il eut encore à subir d’autres affronts personnels, dont il prenait note sur son livre rouge, sans y donner d'autre suite.

La Gueldre et la Frise ne se considéraient pas comme réunies à l'Empire, et les baillis que déléguait l’empereur n'étaient bien vus qu'autant qu'ils. favorisaient le peuple. Maximilien ayant concédé héréditairement cette dignité au due de Saxe, ces provinces le chassèrent, etse mirent sous la protection de Charles, duc de Gueldre; de là, une guerre, et Maximilien fut obligé de l'interrompre pour combattre les Suisses, Ces montagnards s’étaient ligués à Brünnen pour la défense de leur liberté, mais sans rompre entièrement les liens qui les attachaient à l'Empire, dont le chef prétendait de temps à autre leur envoyer quelque décret, auquel ils ne faisaient pas attention. Maximilien apercevait la nécessité de les tenir unis à l'Empire au moyen d'une confédération avec les villes de Souabe, mais ils avaient trop de sujets de mécontenteinent, et ils prirent les'armes;

Ne me provoquez pas, ou j'irai vous trouver, disait:il aux envoyés des Grisons. — Que Votre Majesté s’ épargne cette peine, lui répondirent-ils, car nos gens, paysans grossiers, connaissent peu les égards dus aux téles couronnées.

En effet, ils le défirent dans l'Engaddine, et demandèrent des secours aux Suisses, ce qui l’obligea d’avoir recours à la mé-

(1) Il accorde, le 3 août 1501, à Urbain Terralunga d’Alba, conseiller du marquis de Montferrat, ul facere, creare el instituere possit poelas laureatos, ac quoscumque qui in liberalibus artibus, ac maxime in carmi-

nibus, adeo profecerint , ut promoveri ad poelicam et laureatum meritor

possiné. Tinaposçer, VII, 1823,

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