‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 83 sur 146 · VITRAUX, MOSAÏQUE; ÉMAUX · texte numérisé non relu

VITRAUX, MOSAÏQUE; ÉMAUX

Nous serions tenté d'appeler marqueteries en marbre les clairsobscurs de pierres juxtaposées, art né , peut-être, mais certainement perfectionné à Sienne, dans ce merveilleux pavé de ja cathédrale commencé grossièrement par Duccio, continué par de plus habiles artistes , et s'améliorant successivement jusqu’à

mi.

L'art des vitraux fut poussé plus loin en France et en Flandre (1) qu'en Italie; c’est de là que Brermante appela, pour orner le palais du Vatican et Sainte-Marie du Peuple, Claude et Guillaume, qui enrichirent ensuite la Toscane d’autres ouvrages. Plusieurs artistes flamands vinrent en Italie, entreautres, Valère Profondval, de Louvain, qui se fixa à Milan, et Gérard Ornaire, qui travailla à Bologne. On attribue à Luc de Hollande les vitraux de Sainte-Catherine, à Milan.

Les mosaiques de Saint-Marc furent une école permanente dans Venise, mais les meilleures ont toujours été faites à Rome.

La peinture sur émail survécut à l'antiquité, surtout dans l'Orient, d'où elle passa en Espagne. On l'ernployait à faire des

carrés et des triangles (asulejos), que l'on disposait en dessins ‘

pour orner le pavé et les murs des appartements dans les pays où la religion défendait les figures ; les chrétiens en formaient des histoires, et Valence fut renommée pour leur fabrication. Nous avons en Occident des ouvrages du sixième et du huitième siècle, et Théophile traite de l'émaillage des vases d'argile et de verre. Au douzième siècle, à Limoges, on décorait d'émaux des crosses, des fermoirs, des vases et des tombeaux ; on faisait aussi des portraits. Dans la moitié du quinzième, Faënza, Urbin, Pesaro et Castel Durante fabriquaient des vases, des plats, des brocs en terre cuite ornée d’émaux à dessins, exécutés quelquefois par les principaux artistes. La famille de Luc de la Robia continua à revêtir de verre les terres cuites, secret qui se perdit en 1565 avec Sante Buglioni.

‘En France, Bernard de Palissy, réduit par la pauvreté à brûler jusqu’à son lit pour chauffer son four, consacra seize ans d'efforts à découvrir la véritable composition de lémail; il réussit, et la richesse lui vint avec la réputation. François [°° renouvela la manufacture de Limoges, où toutes sortes d'objets

(1) Voy. M. A. Gessenr, Wisi. de la peinture sur verre en dseieses dans les Pays-Bas, etc. ; Leipsig, 1842, |

Vitraux.

Mosaïque.

Émaus.

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furent exécutés en cuivre émaillé, sur les dessins des meilleurs artistes. Le premier directeur fut Léonard le Limousin.

Quant à la peinture proprement dite, presque toutes les villes citen* des maîtres de cette époque; mais aucun ne saurait rivaliser avec ceux de Florence et de Rome. Naples compta des imitateurs du Zingaro, jusqu’au moment où les esprits se formèrent au nouveau style. Polidore de Caravage forma André de Salerne, Lama, Ruviale, dit le Polidornio ; d’autres eurent pour maîtres le Fattorino et Vasari. Jean Marliano exécuta des sculptures d’un excellent travail à Montolivet, dans Saint-Dominique Majeur, et au monument des trois Sanseverino , empoisonnés par leur tante. Il n’est personne qui n’aille admirer dans Sainte-Claire le tombeau d’Antonia Gandino, et dans Saint- Jacques des Espagnols, celui de Pierre de Tolède. Jérôme Santacroce, qui fit avec lui les pales de marbre aux Grazie, et d’autres travaux à Montolivet, au tombeau de Sannazar et à la chapelle des Vico dans Saint-Jean, à Carbonara, se montra son digne émule. Jean-Antoine Razzi de Verceil (1554) exécuta plusieurs ouvrages à Naples; mais ses mauvaises mœurs lui valurent le surnom de chevalier de Sodome. Parmi les morceaux les plus remarquables de Naples, est la crypte de l’archevêché, œuvre de Thomas Malvita, de Côme; c’est une salle tout en marbre, de quarante-huit palmes sur trente-six, et de dix-huit de hauteur, avec dix colonnes ioniques qui soutiennent un plafond merveilleux, orné de saints en demi-figure , et de pilastres d’un travail magnifique.

A Modène, Properzia des Rossi, repoussée par celui qu’elle aimait, sculpta dans le bon style le chaste Joseph, pour faire allusion à sa propreaventure. L'école de Bologne, née de celle de Florence, mais avec un caractère distinct, produisit des peintres de mérite qui, pourtant, ne firent aucun progrès jusqu’au seizième siècle. Il faut en excepter Laurent Costa, dans le genre de Moutegna, et François Francia, l’égal de Caradosso en orfévrerie, dont Raphaël loua les Vierges, « n’en voyant ni de plus belles, ni de plus pieuses, ni d’aussi bien faites. » Il envoya même à Bologne sa Sainte-Cécile, en le priant de la corriger s’il y trouvait quelque défaut : acte de modestie ; mais il est faux que Francia mourut de chagrin après avoir vu ce chef-d'œuvre, car il vécut jusqu’en 1533. Le Saint-Sébastien de la Zecca, à Bologne, est le type de cette école.

Plusieurs peintres bolonais se faconnèrent au style moderne,

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