‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 86 sur 146 · TINTORET, CORRÈGE · texte numérisé non relu

TINTORET, CORRÈGE

au point que certains de ses tableaux ne paraissent qu'ébauchés; mais il lespréférait aux tableaux léchés, en disant qu’il craignait de les refroidir par trop de soin. Honnête. homme, il ambitionnait la gloire, mais sans s’avilir ; ses élèves imitèrent ses défauts, etnon sa puissance.

François de Ponte s'établit à Bassano, et commença l’école à laquelle cette ville donna son nom. Jacques, son fils, imita le Titien et le Parmigianino, mais avec simplicité et naturel. 11 traita de préférence les sujets qui n'exigent pas beaucoup de force, les lumières de bougie, les lustres de cuivre, les cabanes et les paysages ; on peut dire qu'il fut le précurseur, sinon le maître, des Flamands. Il travailla beaucoup, mais sans variété ; la Crèche, à Bassano, est son chef-d'œuvre. Il aimait à vivre en paix, sans cabales, sans mendier ni envierles louanges. François, son fils, au contraire, se complut aux sujets tragiques; son esprit en reçut une telle impression qu’il se croyait toujours as-

École de Bassano.

sailli par les personnages de ses tableaux , et qu’une fois il se pré- |

cipita par la fenêtre. D’autres peintres du même nom remiplirent les boutiques de leurs productions.

Jacques Palma, élève de Giorgione, rivalisa avec lui pour la vivacité des couleurs et le vaporeux des teintes. Il fut surnommé le Vieux pour le distinguer de son neveu, qui prétendit vainement rivaliser avec Paul Véronèse et le Tintoret pendant leur vie, et qui devint détestable après leur mort. Anguisola de Créimone eut quatre filles, et toutes quatre peintres. Sophonisbe, l’une d'elles, fut emmenée par le due d’Albe en Espagne, où elle obtint les bonnes grâces dela reine ; quelques-uns de ses ouvrages passent pour être du Titien. Crémone peut citer avec éloge Galéas Campi, ses fils Jules, Antoine et Vincent, ainsi qu’un de leurs parents du nom de Bernardin ; coloristes moelleux, leur dessin est correct et grandiose, 'nais il manque de noblesse et d'élégance.

Le Brescian Alexandre Buonvicino, dit le Moretto, après des tableaux remarquables peints selon sa manière propre, étudia

sur les gravures de Raphaël pour unir le dessin de ce modèle au |

coloris do Titien ; il laissa de magnifiques essais, surtout à Bresciaet dans les environs, avec des draperies variées, de beaux accessoires, de riches couleurs, et une touchante expression de piété, qu'il devait à ses sentiments religieux. Il est suivi de près par ses compatriotes Jean-Baptiste Morone, peintre distingué de

Corrége.

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