‹ Histoire universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 87 sur 146 · LB LEE · texte numérisé non relu

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portraits, et Jérôme Romanino, dont on voit un excellent tableau à Sairte-Justine de Padoue.

On n’a sur’Antoine Allegri, dit le Corrége;'que des renseignements très-incertains. À Parme, il ne fut pas rétribué aussi largement qu'il aurait pu l'être à Rome et à Florence; mais il est faux qu'il'soit resté. dans la misère. Formé sur les ouvrages de Montegña, il chercha un style plus large et plus moelleux, bien qu’il ne paraisse pas avoir jamais va Rome. Il changea plusieurs ‘fois de manière, et de là, l'incertitude où l’on'est sur ses œuvres: Lorsqu'il eut fait connaître son mérite parles scènes plus que mondaines dont il orna l’appartement de l’abhesse de Saint-Paul , on le chargea de peindre dans Saint-Pau: cette coupole qui fut un miracle nouveau; ‘car la chapelle Sixtine ne possédait ‘pas ‘encore le Jugement dernier; puis il se surpassa lui-même dans l’Assomption qu'il représenta sous la voûte du clocher’de la cathédrale.

Ce peintre exagère parfois l'expression du sentiment ; du reste, il excita l’admiration des académiciens par cés raccourcis de dessous en dessus, et par la perspective de la figure humaine, dont il rend lés contours par des courbes toujours élégantes, même jusqu'à la mignardise ; la souveraine intelligence du clair-obseur, la fusion harmonique de la lumière avec l'ombre, et la gradation imperceptible des teintes; font paraître sobre chez lui ce qui est traité avec une richesse appréciable seulement pour celui qui tente de limiter.

Les deux Mazzola sont le plus bel ornement de son école, vantée surtout pour les raccourcis ; il faut encore citer Jérôme, son cousin et son élève, qui émpâte et colore bien ; heureux dans les perspectives et varié dans ses compositions, la précipitation nuisit à son talent. François, dit lé Parmigianino, se fit uün style propre d’après l’étudé des maîtres; mais, trop désireux d'arriver à la grâce , il est maniéré jusqu’à l’afféterie. Tout entier à ses pinceaux, il ne S'aperçut pas dé la prise de Rome que dévastaient les soldats de Charles-Quint, dont la rapacité le réduisit lui-même à la misère. Il fit le portrait de l’empereur, qui, d’abord enchanté de lui, l’oublia ensuite. IL'avait commencé à peindre à la Steccata de Parme; mais, comme il ne terminait pas, bien qu’il eût touché l'argent, il fut obligé de s'enfuir à Casal. Partout il trouva des honneurs, mais jamais la fortune. Il demanda à l'alchimie les richesses que les hommes ne voulaient pas lui accorder,

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etacheva ide 8e ruiner, Comme Raphaël, il mourut à trente-sept ans; il fut aussi graveur très-habile, et on lui attribue le paume usage de l’eau forte.

: Lorsque des Farnèse furent venus dominer à Parme , ils favori:

sèvent lesartistes, mais sans faire surgir aucun grand talent. Sam-

machini et Hercule Procaccino, et; après eux, Arétusi et Annibal Carrache furent:appelés pour travailler dans la cathédrale; dès lors la manière de: Corrége fut modifiée par celle de l’école bolonaise} us et Ladfraien se firent un: nom PR Les bonnes: ‘traditions rc se conservèrent plus longtemps que celles de: la peinture (1): Les artistes cessèrent d’être à:la fois sculpteurs et architectes; la vénération pour les classiques ressuscités, et surtout pour Vitruve ; fit considérer commé barbares les travaux du moyen âge, et comme incorrection toute hardiesse. Frère Joconde, dé Vérone, commenta Vitruveet les autres auteurs qui s'étaient occupés de l’art ; il posséda une habileté singulière dans: la construction des ponts, habileté dont: il fit preuve dans celui de:la Pietra à Vérone, et dans deux autres à Paris, aux voûtes’en piérre de taille à plein cintre. Ilmérita bien de Venise spécialement; en réglant le cours dela Brentà. La préférence donnée à d’autres plans, par suite des intrigues ordinaires, sur celui qu'il avait: fait pour uz pont à Rialto, avec ‘les constructions accessoires, lui causa tant de déplaisir qu’il se rendit à Rome, où il fut ndeaine DRE es PAR

‘Pierre Lombardofit à Venise Sainte-Marie des Miracles;" avec des ornements gracieux; le tombeau Zero à Saint-Marc; que

(1) ‘On lit avec plaisir les Memorie degli architetti antichi e moderni de François Milizia. Cèt ouvrage, écrit d’une manière bizarré', avec un mépris despréjugés qui va jusqu’à l’insolence, le cède cépendant:en téméritéà d’aatres ouvrages par lui:composés antérieurement. Sans parler de.son manque d’égards envers les étrangers, il a oublié plusieurs Italiens , tels que Rainaldo, qui éleva, au onzième siècle, la façade de la cathédrale de Pise; Philippe Calendari6, aréhitecte et sculpteur du palais ducal à Venise, impliqué dans la conjuration du: doge Marino:Faliero à./a belle épouse, et mis à mort par ce motif; Thomas Formentone de Vicence, architecte de la Loge de Brescia ; Balthazar Longhena, architecte de Sainte-Marie de la Santé et du palais Pesaro à Venise; les architectes militaires piémontais Bertola, Devincenti, Pinto. Il ne parle pas non plus dé Marchi et de Pacciotto d’Urbin, du comte Alfieri, etc., ni des Milanais Omodei, Richini, Meda, Mangone, Bassi, Seregni, qui ne le cèdent à aucun autre.

tous vont admirer, et l'autel voisin qui est encore plus beau; enfin, sans parler d’autres travaux, le palais Vendramin et la riche tour de l'horloge. De ce Pierre dériva une génération de Lombardi, dont les œuvres ont une empreinte spéciale. Barthélemy Buono éleva les Procuraties vieilles. Jean-Marie Falconetto, de Vérone, remplit l’État d’édifices remarquables, et construisit la « très-magnifique et très-ornée loge » des Cornoro à Padoue. Il étudiait soigneusement les anciens, dont il dessina le premier les théâtres et les amphithéâtres, La chapelle Émilienne à Saint- Michel de Murano suffit pour la gloire de Guillaume Bergamasco; Antoine Rizzo de Bregno fit à Venise de belles statues pour le mausolée Tron aux Frari; au palais ducal, la distribution intérieureet l'escalier des Géants sont également de cet architecte.

Sansovino, Les choses prirent une meilleure allure lorsque parut à Venise le Florentin Jacob Tatti, qui prit le nom de l'architecte André Contucci de Monte-Sansovino. Il avait fait à Florence ses premiers essais en architecture, lors de l'entrée de Léon X, qui fut un moment de véritable émulation parmi les meilleurs artistes. Granacci et Rosso élevaient des arcs de triomphe, et de fausses façades avec des perspectivesétaient exécutées par Sangallo et ce même Sansovino, qui fit le plan d’une façade pour Sainte- Marie del Fiore. André del Sarto s'était chargé du clair-obseur, Feltrino du grotesque, Rustici, Bandinelli et Sansovino des statues; d’un autre côté, Ghirlandaio, Pontormo, Franciabigio, Ubertini, avaient-rivalisé pour décorer le quartier habité par le pontife; enfin Michel-Ange et Raphaël délibéraient avec d’autres maitres au sujet de la façade de Saint-Laurent, et d’autres ouvrages projetés par Léon X.

Sansovino, formé d’après les meilleures traditions, se laissa éblouir par le style de Michel-Ange. Nommé premier architecte de la république vénitienne, il dégagea la petite place (Piazzetta), répara les coupoles de Saint-Marec, fit l’église de Saint- Géminien, trop vantée, et l’intérieur plus simple de Saint-François de la Vigne; on lui doit encore l'escalier d’or au palais, la petite loge, trop chargée, la bibliothèque, un des plus beaux édifices modernes , et la Monnaie, qui portait l’empreinte de l'usage auquel elle était destinée, outre le magnifique palais Cornaro près de Saint-Maurice, et celui de Jean Dolfin à Saint-Sauveur. Mais à peine la bibliothèque était-elle terminée, que la voûte s'écroula ; il fut mis en prison, et, rendu à la liberté, il l’exécuta en bois et en roseaux.

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SANGALLO, VIGNOLE. 297

Voulant mettre ses sculptures en rapport avec le nouveau style architectonique, il tomba dans l'exagéré ; ses deux géants, qui rapetissent l'escalier auquel ils donnent leur nom, sont très-inférieurs à ses bronzes qu'on voitsur la porte deSaint-Julien, dans les niches de la petite loge, et sur la porte exquise, dessinée par lui seul, de la sacristie de Saint-Marc. Parmi les nombreux tombeaux qu’ilfit, nous rappellerons comme le meilleur celui de Venier à Saint-Sauveur. Pour le pont de Rialto, où il éleva les constructions nouvelles , il avait donné un plan que la guerre avec les Turcs empêcha de mettre à exécution. Cette guerre ayant obligé la république de lever un impôt extraordinaire sur tout le monde, le Titien et Sansovino en furent seuls exemptés. Son fils François a donné une description de Venise,

Antoine Sangallo, de Florence, naquit d’une famille d’architectes. À Rome, où ilaida Bramante et devint architecte de Saint- Pierre, il dessina un palais pour le cardinal Farnèse, qui passe pour le plus parfait ; la cour, qui fut terminéepar Michel-Ange et Vignole, est surtout remarquable. Il exécuta différentes parties du Vatican, notamment les beaux escaliers, et construisit les citadelles de Civita-Vecchia, d’Ancône, de Florence, de Montefiascone, de Népi, de Pérouse, d’Ascoli, et plusieurs autres. Clément VII s'étant retiré à Orviéto après le sac de Rome, Sangallo remédia au manque d’eau par le moyen d’un puits merveilleux, large de vingt-cinq coudées, avec deux escaliers que les bêtes de somme descendent et remontent sans se rencontrer. Lorsque Charles-Quint, après sa victoire, fut revenu de Tunis, Sangallo dirigea les fêtes que Rome lui donna ; parmi d'autres merveilles, les contemporains ne tarissent pasen louanges sur la richesseet la variété d’un arc de triomphe érigé sur la place de Venise. Plus simple, la porte du Saint-Esprit, qui n’est pas terminée, est cependant un modèle.

Gênes était riche, elle voulut aussi être belle. Les principales familles se mirent donc à l’œuvre pour l’orner,et, comme il était impossible de l’étendre par la construction de nouveaux quartiers, elles refirent les anciens ; dans ces travaux furent employés André Vannon de Côme, Barthélemy Bianco, le Lombard Roch Pennone, Ange Falcone, Pellegrino de Tibaldo, et d’autres artistes de

renom. Parmi eux se distingua surtout Galéas Alexisde Pérouse, qui avait terminé danssa patriela fortification commencée par Sangallo, et fait plusieurs palais. Il ouvrit dans Gênes la rue Neuve, où s'élèvent les beaux palais Grimaldi, Brignole, Sercari, Carega,

Alexis.

Vignole.

Giustiniani , dans lesquels la nature du lieu exigeait une distribution différente; , celui des Sauli, dont toutes les colonnes sont d’un seul morceau , passe pour un des mieux entendus de l'Italie, Dans l'édifice très-hardi des. Banchi, il. couvrit avec très-peu de matériaux une longueur de cent cinq pieds sur une largeur de soixante-cinq. Sans parler des maisons de plaisance qu’il éleva dans le voisinage, il construisit l'église de la Vierge de Carignan, l’une des plus finies et des plus solides qui existent; en outre, il prolongea le môle ;, embellit le port et.les magasins. Il porta son activité'ailleurs ; à Milan, il fit le palais de Marino, la façade de Saint-Celse et de Saint-Victor,

Le, peintre napolitain Pirro Ligorio, qui fit des dessins de tapisseries et publia le premier un livre sur les mœurs des peuples, mérite une mention pour le pavillon du pape au Vatican, qui offre’ de l'originalité. Il, nous a conservé les dessins des monuments romains, et fitun tableau dans lequel ilrestaurait l’ancienne Rome et la villa. d’Adrien. Sans doute , et c’est la faute de son temps peu exercé à la .critiqua, il commet de fréquentes erreurs dans ses descriptions, et ses, nesures géométriques ne sont pas exactes; mais son livre est utile, d'autant.plus que beaucoup de ces édifices n'existent plus. Il fut aussiingénieur civil et militaire, et Alphonse. d’Este le chargea de garantir Ferrare des inondations du P6.

:: Sébastien Serlio de Bologne, .élève. de Perugzi, leva des dessins, et prit les mesures des édifices de Rome, sur lesquels il forma son style. Appelé.en, France -par Français L°", il s’occupa de constructions tantqu’il vécut, et laissa un bon traité d'architecture.

Jacques Barozzio, né à Vignole dans le Modénais , s’appliqua à laiperspective, dont son propre génie lui fit découvrir plusieurs règles; unejacadémie d'architectes lechargea de dessiner tous les anciens édifices de Rome. Il se rendit en France avec le Primatice ; mais; à cause de la guerre, aucun de ses plansne fut exécuté, ni même celui qu’il avait fait pour Saint-Pétrons à Bologne, où il dirigea toutefois d’aûtres travaux, notammen’ le Vaviglio. Le palais ducal de Plaisance, les Anges d’Assises , que Galéas Alexis et Julés Danti exécutèrent ensuite, et d’autres églises encore, lui feront éternellement honneur. Jules IIT, l'ayant nommé son architecte, le chargea de éonstruire l’aqueduc de Trevi, la maison de plaisance qui porte son'nom sur la voie Flaminia, et le petit temple rond qui s’élève auprès. Le palais de Caprarola, fait pour le cardinal Alexandre Farnèse , tient de l'architecture militaire pour

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