LANGUE LATINE ET LANGUE ITALIENNE
Nous avons vu dans le siècle précédent Pétrarque et Boccace, après les exemples signalés de Dante, revenir à la langue latine, d'autant plus qu'une troupe de pédants, partis de la Grèce vaincue, sans autres moyens d'existence que l'enseignement des langues mortes, s’efforçaient de les maintenir en honneur, ‘alors que leur inaptitude à exprimer les idées d'une civilisation toute différente tendait à les détrôner. La langue latine, il est vrai, - était pour les Italiens une sorte de vanité nationale qui leur rap-
pelait ces temps glorieux où ceux qu'ils nommaient leurs aïeux dominaient sur les barbares, qui alors les foulaient aux pieds; il leur semblait, en écrivant avec pureté dans l’idiome de Cicéron, revenir à une époque où les mêmes paroles tombaient de la tribune pour rendre des:idées de liberté.
Le facile Roscoe, qui suppos:i le siècle de Léon X bon comme il l'était lui-même, mais qui ne le connut ni ne le fit connaitre, trouve que les: latinistes italiens ne le cèdent pas aux contemporains d’Auguste, et c’est aussi l’avis de Jovien Pontano ; mais ce jugement n’est pas plus fondé que l'éloge de Boiardo, qu'il appelle grand poëte, et de Sannazar, dont il met l’Arcadie audessus de tout ce que l'Italie avait produit jusque-là : l’Italie, mère de Dante! Il est vrai toutefois qu’on trouvait dans ce pays les meilleurs latinistes ; d’ailleurs il n’était pas facile alors d'acquérir la pureté; par le manque de bonnes grammaires. et de dictionnaires, chacunétait ot ligé, à force de travail, de trouver
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