‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 121 sur 245 · COMPAGNIE ANGLAISE · texte numérisé non relu

COMPAGNIE ANGLAISE

un magasin. La saison finie et les commissions terminées, le

. banyan et ses agents examinaient chaque pièce, et la payaient

au tisserand, avec un rabais de quinze, vingt et vingt-cinq pour cent sur le prix convenu ; en un mot, le banyan était l’anneau de communication entre la race indigène et la race européenne. Les riches indiens achetaient ce titre à un prix élevé, pour se ménager l’occasion de trafiquer pour leur propre compte sous le nom angjlais.

On accordait aux marchands libres, c’est-à-dire à ceux de la compagnie , le privilége de faire dans le pays le commerce sous leur propre nom, en prêtant serment d’habiter, eux et leur famille, dans le lieu désigné par la compagnie, et jusqu’au terme prescrit, de n’écrire ni faire écrire rien qui concernât le commerce de la compagnie dans l’Inde à d’autres qu’à la cour des directeurs.

Le système judiciaire, organisé en 1726, se composa de quatre sortes de tribunaux : chaque présidence eut une cour du maire (major’s court), une d’appel , une de première instance et un tribunal des quatre sessions, qui réunissait les attributions des juges de paix et des juridictions inférieures. Deux tribunaux rendaient en outre la justice aux indigènes selon leurs lois, l’une au criminel et l’autre pour les affaires civiles ; le président nommait ou destituait les juges à sa volonté. Un tribunal suprême de juges anglais, indépendants du gouverneur, décidait en dernier appel d’après les coutumes anglaises , üe qui était en opposition fondamentale avec le droit national. Les Bengalais voyaient des gens armés traverser le pays pour faire exécuter des décrets fondés sur des lois qu’ils ne comprenaient pas, et grever les mindars, c’est-à-dire les anciens fermiers héréditaires, devenus alors grands possesseurs, et vénérés comme le dernier reste des anciens princes. Blessés dans leur religion et leurs habitudes, les Indiens résistaient souvent par la force , et le sang coulait; le parlement changea donc cet état de choses.

La compagnie voulut étendre son pouvoir sur tous les sujets britanniques qui se trouvaient dans l’Inde , bien qu’ils ne fussent point ses agents ; peu à peu elle obtint que quiconque s’y rendrait sans son autorisation, serait renvoyé comme infracteur de la loi.

On avait déjà discuté en Angleterre le point de savoir si une compagnie privilégiée pour le commerce pouvait exercer la souveraineté, et si ses acquisitions devaient appartenir à la nation; il paraissait étrange, en effet, que la qualité d’actionnaire dans

une société conférât le droit de se faire conquérant et législateur.

Atnatos KA

Le parlernent s’abstint de prononcer, moyennent !:t :jon prise par la compagnie de payer 400,000 livres sterling :.: plus que par le passé.

Les guerres ruineuses et la mauvaise administration épuisaient la compagnie : chacun ne songeait qu’à piller ; la dette s’éleva à 920 millions de francs, sans compter les dettes particulières des quatre présidences , et cela lorsque le capital ne dépassait pas en tout 420 millions.

Le gouvernement. vint donc à son aide, en réduisant les divi-, dendes à six pour cent; il cessa de participer à la rétribution annuelle , et changea en outre l'organisation intérieure de la société. Un gouverneur général ,:nommé pour cinq ans, dut résider au Bengale, avec un conseil de cinq membres désignés par la compagnie et institués par la couronne. Les autres présidences relevèrent de ce fonctionnaire , et ne purent faire ni guerre ni traités sans son assentiment. Le:droit.que tout propriétaire d’une action avait d’abord de voter dans l’assemblée générale , fut restreint à ceux qui:en auraient deux ; la durée des fonctions des vingt-quatre directeurs fut fixée à quatre ans, et ces directeurs durent être renouvelés annuellement par quart.

Le privilége fut continué à la compagnie pour un temps limité, à la charge de payer une réttibution de 400,000 livres sterling et de transmettre tous ses actes au gouvernement.

Les marchands revenaient en Europe avec des richesses immenses que la renommée exagérait encore, ce qui fit monter énormément les actions (1) ; mais lorsqu’on veut que l’arbre donne du fruit , il ne faut pas en dessécher les racines. Le Bengale épuisé ne produisit plus le revenu habituel ; aussi la compagnie auraitelle fait faillite, si le ministère ne lui eût avancé 31 millions et demi, et fait remise des 9 millions qu’elle devait payer annuellement, sous l’obligation de se soumettre à la surveillance immé-

(1) Le dividende de la compagnie, de 1744 à 1756, monta à huit pour cent; de 1756 à 1766, à six ; en 1767, à six et un quart; puis, jusqu'à 1769, à dix; ensuite à onze', à douze, à douze etdemi; enfin, en 1772, il baissa tout à coup à six pour cent.

Au Ier,mai 1773, la situation financière de la compagnie était la suivante :

Actif. Passif.

En Europe et ailleurs.,,,,,..,. Liv. sterl, 7,784,689 9,219,114 Dans l'Inde et dans Ja Chine.......,.,, 6,397,299 2,032,306

1 lui restait donc un actif de 2,930,568 sterl., qui, déduit du capital de 4,200,000, laiscait un déficit de 1,209,432 steri,

tion prise plus que

puisaient s’éleva à lières des ait pas en

les divi-,

ution ana société.

ésider au r la comes releveni traités ne action estreint à

gt-quatre

rent être

ps limité, terling et

bsses imt monter bre donne ale épuisé e auraitillions et annuellee immé-

pour cent;

9, à dix; out à coup

ivante :

Page 1