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Cornwallis.
288 DIX-SEPRTIÈME, ÉPOQUE.
« étaient entendus par ceux, qui les provoquaient., je vans.ai/ré- « sisté ; j’élevai mes demandes en mêmetemps, que-vous éleyiez « l’audace de l’ennemi. Néanmoins ,.j'obtins une paix-honorable a et, j'ose l’espérer, durable avec un:grand, État (les Mahrattes); « je donnai les moyens dela conclure avecun autre (Tippoo-8aib). « Cornmunes d'Angleterre , comment. m’avez-yous récompensé à « par la disgrâce, la confiscation, Forienons ; par, des, accusa- « tions éternelles.» . : Dieiil
Ce procès, qui dura de 1786 à 179b, se Linie. par l'aequitter ment d’Hastings. Rendu à {a liberté et indemnisé de. ses pertes, il se retira des affaires, et mena une existence: paisible (4). ..!
Beaucoup de personnes contestaient non-seulement à, la.com
pagnie , mais à l’Angleterre elle-même le droit, de faire, des.conquêtes dans l’Inde , et principalement Fox, Burke, Shéridan, an nom de ces principes philanthropiques qui. retentissaient alors partout. Pitt était donc contraint. de défendre les conquêtes: par la parole, tandis que d’autres le faisaient, les armes à la main; les héros marchands, à leur retour dans leur.patrie, y trouvaient au ‘lieu du triomphe, une accusation. Le ministère lui-même réprouva plusieurs fois lès acquisitions, de territoire; mais.pouvait-on faire autrement? Chaque pays soumis avait. un État voisin , qui.devenait immédiatement ennemi et atiaquait. s'il n’était attaqué; battu une fois, il réunissait d’autres troupes, et:revenait.à la charge, d’où la nécessité de le détruire, et de,se. trouver ainsi,en contact avec un nouveau voisin, qui devenait un nouvelennemi.,
Charles Cornwallis, successeur d'Hastings, partit avec, la, résOlution déclarée dé rétablir la paix et de la conserver; mais:S0n gouvernement, fut une. contradiction perpétuelle avec..les sentiments et les idées qui lui avaient. valu la popularité, et: avec; les siennes propres. Au lieu d'économiser, il fit d'énormes dépenses; au lieu de se soumettre tout à fait au parlement, il s’affranchit de son autorité ; au lieu de ramener la paix, il. s’agita dans une guerre incessante. Mais comme on gouverne plus par le caractère que par l'intelligence, il se concilia les esprits; tout. ce qui. venait de lui paraissait juste, et, bien qu’il manquât de grandes qualités, tant militaires qu’administratives , il. montra qu’on. peut. être honnête en politique. On lui vota une statue dans le palais de la cour des Indes , et une pension de Faq Faile als Marine: Pour si ans.
(1) Ce procès coûta 100,000 livres sterling aù gouvernement, et. 60,000 à l'accusé. La compagnie lui ‘accorda une pension annuelle de 4,000 livres sterling, avec les arrérages de vingt années, qui. montèrent à 3.millions de francs.
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COANWALLIS: 389
‘Aile fin’ du sièclé'passé, la’ situation extériéure du gouvernemenñt'anglais dans es Indés'était ‘extrémement brillante ; mais l'adnifistration imtériéure se trouvait dans un état effrayant (4). Là, \éomimé dan touté l'Asie, le territoire ‘appartient au monardüe ; Celui-ci le concède ‘au cultivateur, moyennant une rétribution' qui ‘alimente les caisses du gouvernement indo-britannique, héritier des anciens maîtres du pays. Point donc de division en grands domaines, comme dans la féodalité, mais un morcéllérnénti en petites tenures, que le fermier subdivise encore entre des’cultivatéurs.
Le gouvernement met dés taxes sur le premier, le premier sur le second, ét celui-ci sur le troisième, qui, accablé par le poids, n'a pas même de quoi acheter une poignée de riz dans un pays si fertile; éomtne en''frlande, tous pâtissent de la faim.
À côté de ces/classés malheureuses, il en est de privilégiées : les brähmines, qui ne font rien; les fermiers de quelques terres exemptes d'impôts {{akhïradjars) ; lés marchands des villes ; les grandes failles musulmanes, et ce qui reste de noblesse, indigèné. Ce sont autant de corps divers sans lien commun; il faut compter en outre les habitants, mélange de sang anglais et de rs indien, et qui sont aussi très-distincts.
‘l'en ést ‘de même des sujets britanniques, qui ne peuvent niäcqüérir la bienveillance de la racé hindoue et. musulmane, nf changer les habitudes qui protégent son indolence et son indifférence. Les parents refusent d'envoyer leurs enfants à l’école, et font! plus de'cas du dernier pundit que de tous les savants de la Société asiatique. Le petit nombre de ceux qui étudient savent mille choses inutiles, le calcul des slokes, les minuties de la grammaire, de la prosodie, des représentations des temples et de leurs divinités ; mais ils n’ont aucune science applicable. Les brahmines et les khiradjats sont trop intéressés à les maintenir dans leur ignorance et leur ancienne condition.
‘Aussi, quoique la conquête commerciale soit terminée, et en grande partie la conquête politique, malgré le voisinage de Seikhs et du roi de Lahore, la conquête morale et religieuse n’est pas ÿ même commencée, Les Mahrattes seuls auraient pu faire, s’ils
(1) En 1793 et 1794, les revenus des Indes étaient de 8,276,770 livres sterl., les dépenses de 6,633,936 ; mais ce élat prospère ne dura pas, et en 1798 les revenus étaient de 8,059, 880, les dépenses de 8,178,620. A la fin de l’administration dé lord Wellesley en 1306 , les revenus étaient de 15,403,409 , les depenses, de 15,672,017. Ainéi la dette qui, en 1793, était de 15,962, 943 liv. sterl., s'élevait en 1797 a417,059,192, et n 1805 à si, 638,827 liv. sterl.
eussent été plus unis, ce que les Tartares ont accompli à la Chine ; mais ils ontété détruits dans l’espace d’un demi-siècle par les Anglais.
Cornwallis avait introduit une réforme judiciaireet financière ; mais elle n’était pas heureuse. Il s’était efforcé d'établir surles formes antiques une aristocratie territoriale à la manière anglaise, en déclarant les zémindars pro riétaires des terres, dont ils auraient à payer l'impôt au gouvernement ; faute par eux de le faire, une béion de leurs terres devait être vendue en détail. Ces ventes se multiplièrent tellement qu'elles représentaient, en 1796, un revenu de 28,700,000 roupies, c’est-à-dire un dixième des trois provinces du Bengale, de Behar et d'Orissa ; il en résulta que la classe des zémindars s’amoindrit, sans que les ryots se fussent élevés, comme Cornwallis l’avait espéré, en obligeant dans ce but les zémindars à leur remettre un titre inaltérable. Lors donc que le zémindar ne put plus augmenter à son gré la rente que le ryot lui payait, il rechercha soigneusement toutes les occasions de le congédier, afin de faire un meilleur arran-
ement avec un autre. Le ryÿot en appelait-il à la justice, les len- Lits du procèt'le laissaient exposé à la vengeance du zémindar, et il était ruiné par les frais. En 1796, vint une réforme qui amena une procédure plus expéditive pour les zémindars à l’égard des ryots, par la permission qu’on leur accorda de yendre aussi les revenus, ce qui mit sans retour les ryots à la merci des propriétaires. | |
Quant à lordre judiciaire, les seuls juges, sous les Mongols, étaient les collecteurs. Cornwallis créa des tribunaux ; mais les juges, ne sachant pas se déméler des formules, ne prononçaient que sur un petit nombre de cas, ét les lenteurs ne faisaient que multiplier les contrats de mauvaise foi. On crut y remédier en mettant un impôt sûr les plaideurs; inais cet impôt empéchait la majeure partie d'obtenir justice, tandis que le nombre des procès s’accrut au delà de toute idée ; le brigandage et tous les crimes augmentèrent également. |
Les Anglais ne $e faisaient pas moîns détester sur la côte du “Malabar. La présidence de Bombay secourut Ragobah, qui s'éleva, en assassinant son neveu, au rang de peïschwah des Mabhrattes occidentaux. Haïder-Ali, qui depuis deux ans faisait inutilement la guerre aux Mahrattes, voyant alors la haine que les Anglais s’attiraient en protégeant le tyran, conclut la paix, et s’allia contre Fennemi commun avec le nidzam de Deccan et les Français, que les affaires d'Amérique avaient mis
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TIPPOO”SAÏR. 491
en guerre avec l'Angleterre. La compagnie se sauva par sa promptitude dans. ces circonstances critiques; elle attaqua les établissements français de Chandernagor, Karikal et Masulipatam, réduisit. Pondichéry à capituler, et sut réveiller adroitement les vieilles haines des Mahrattes et du nidzam pige ar are du Mysore. Cependant Haïder ne se montra point effrayé; pre le bi ot et prit Arkate ; mais il fut forcé de se retirer devant de nouvelles troupes, et du même coup il se vit arracher Calcutta, et Mangalore ; sa flotte fut aussi détruite. Le général anglais Eyre Coote le contraignit à accepter la bataille, et lui fit essuyer une défaite; il le battit de nouveau, mais sans le dompter, et des renforts français relevèrent sa fortune.
ll importait moins aux Anglais d’abattre Haïder-Ali que de détruire les établissements de la France et de la Hollande ; ils enlevèrent à cette dernière puissance Paliacate, Boublipatam, Négapatam, Chinchoura, la. baie de Trinquemale et une partie de Ceylan. La Hollande demanda donc secours aux Français qui envoyèrent une flotte sous les ordres du Dal de Bron
‘ Ce capitaine expérimenté rétablit la fortune d’Haïder-Ali,-qui
fut appuyé d’un autre côté par les victoires de son fils Tippoo- Saïb. » ; Hit
Les Anglais suscitaient contre Haïder l'inimitié du nidzam et celle des Mahrattes, et prenaient Bednor, une des places les plus importantes du Malabar; mais leur bonne fortune » Ce fut la mort d'Haïder-Ali, ennemi implacable autant qu'habile.
Tippoo-Saïb, son successeur, continua la guerre avec des Tippno-saib. chances diverses; puis, lors de la paix entre la France et l’An- 15 septembre.
gleterre, la prewière recouvra Pondichéry , Karikal, Chandernagor, et la Hollande ses anciennes possessions, moins Négapatam , qui resta aux Anglais. | Tippoo-Saib, demeuré seul, désira la paix , qui fut signée, en effet, avec. la compagnie anglaise à Mangalore; les conquêtes et les prisonniers furent restitués des deux parts. Mais Tippoo-Saib haïssait les Anglais autant que son père ; plus fier et moins intelligent que lui, il se crut choisi par le prophète pour exterminer dans l'Inde les Nazaréens, et les poursuivre jusqu'aux enfers. Il répétait qu’il aimerait mieux vivre deux jours tigre que deux siècles agneau ; le tigre était son symbole ; ille mettait partout, etil:en avait plusieurs apprivoisés. Il aimait la guerre pour, ellemême et surtout contre les Européens par fanatisme religieux. Pro- | digue et avare ; franc.et intrigant, énergique et indolent, il n’était constant que. dans son courage et son amour pour ses enfants.
39, AA DIX-SHPTIÈME RPOQUE, |
LL résidait habituellement à. 8ériogapatan, dans ‘une :{l formée, par la, Cavery,, et, comme, son, père ;: il: s'appliquait à : réglementer l'administration; il favorisait les arts, l’agriculture, ml découvertes, et.s'aidait, à la » des inventions des, En
« Dès, qu'il était, levé, il, enr les rapports des divers.
il se nu ensuite, au peuple du baut d’un: balcons -où « iles pliant. ge nopx;, :80n. déjeuner, il entrait, dans la salle
dut à d'audnoos où», entouré de .8es parents et de ses -courtisans, il recevait, et |ÉeouI ait ceux; qui avaient à lui parler; plusieurs sec,
que. les courriers déposaient à ses pieds. H indiquait immédiat tement les Féponses, à faire, les signait,.et y.apposait son sceau: On lui amenait ensuite les chevaux nouvellement achetés sou des, vu qui venaient de, lui | être, expédiés, et. lorsque : tout était ilsg relirait, vers: les: trois heures. À ‘oing'heures-et demié, äl revenait. dans la. salle, d'ayience ;\ puis. il observait, |
heures js demie,, commençait le repos:.l réunissait alors :Jés grands. dans fon. Jais, magnifiquement: illuminé; . ob la soirée : se pasgait, au, mi jeu des, danses :etdesrafratchissements, en:
elles avaient été enlevées, par ses ordres, ràcleurs familles. Dès:
nation disciplinaient ses troupes et dirigeaient:son: artillerie:;; il
d’alliés. Bonaparte, qui se trouvait alors au, Cairey: ‘envoya dans l'Inde plusieurs. de:ses pompeuses, proclamations, où il annonçait
d’Aboukir eut a avorter les one dont se flattait 13 Praneé) :