CHAPITRE XX
ÉTAT INTÉRIEUR DE L'ANGLETERRE, — Lis : ÊR ATURE,
L'Europe avait cru que l’Angleterre , après la perte de ses colonies d'Amérique , à la suite d’une guerre désastreuse , rabattrait de son orgueil, d'autant plus que la multitwde s'ag-tait à l’intérieur, et que l'Irlande se souleyait; mais, outre qu'elle s'indem nisa largement par ses acquisitions dans l'Inde elle stipula avec les États-Unis des conventions commerciales qu: lui furent bien autrement profitables que ne l'avait été sa suzerainett comme métropole. Jamais la liberté n’avait donné un démenti plus solennel aux doctrines économiques formulées dans not de lord Chatham : Quand l'Amérique fabriquera un clou, sera fait de l'Angleterre.
L'importance que la mer avait prise, surtout pendant la guerre d'Amérique, fit que l’on étudia, quant à la théor les nombreuses questions qui naissent de l'exercice du droit im national. Nous avons exposé ailleurs les règles fandamentale de cette science en ce qui touche les nations belligérantes et le neutres. La France s'était rapprochée ; par l'ordonnance du #% octobre 1744, des principes posés dans le consulat de la mer, temshant les navires neutres avec chargement ennemi, en ne prononcant la confiscation que pour les marchandises et la contrebande néanmoins, elle déclarait de bone prisè toute denrée produiteou travaillée dans un pays hostile, à l'exception du chargement des hâtiments neutres naviguant directement, du port ennemi où ils l'avaient pris , vers un port de leur nation; en outre, il était défendu aux bâtiments neutres de transporter des marchandises
Bancnou DE PENHOEN, Histoire de la conquéle et de la fondation de l’empire anglais dans l’Inde; Paris, 1840.
C. DL BIOENSTIERNA, Essai sur l'empire indo-brilannique; Stockholm.
MW... Abams; Rapport sur l’état de Péducation publique dans le Bengale el dans le Behar , Londres.
Le dernier soulèvement (1858) a fixé plas que jamais l'attention sur l'Inde, et les écrits se sont multipliés à ce sujet.
Droit maritime.
396 | 'DRCSÉPTIÈME ÉPOQUE.
d’un’ port ennemi à un autre, quel qu'en fût le ‘propriétaire. Les vaisseauK! danois et hollandais seulement ouvaient faire voile librement d’un de leurs ports pour un port. neutre : à moins de blocus, et quel que fût le propriétaire des marchandises , privilége qui fut étendu à d’autres peuples moyennant des conventions particulières. L’Angleterre admit aussi pour la Hollande la maxime : Libre le vaisseau, libre la marchandise.
Quand Frédéric IL enleva la Silésie à l'Autriche, ils ’engagea à payer un emprunt fait par Marie-Thérèse à des négociants anglais, et qui avait été garanti sur les revenus de cette province , ; mais lAngletérre ayant arrêté plusieurs bâtiments portant | avillon et chargement prüssièns, sans tenir compte des réclamations de Frédéric, ce prince réunit une commission de quatre ministres sous la présidence de Coccéius, pour examiner si, par représailles, il serait en droit de séquestrer l'emprunt silésien. Leur décision fut'affirmativé ; mais l'Angleterre protesta, etil en résulta une discussion reltivement aux principes du droit maritime, discussion dont nous croyons inutile de rappeler les détails, attendu qu’elle s’äppuie sur un trop grand nombre de faits et de conventions particulières. Il suffira dé dire que la Prusse soutenait la liberté des mers ainsi que la neutralité maritime, et repoussait le droit de visite, à l'exclusion toutefois du cas de contrebande. Sans résoudre la question fondamentale, on en vint, lors de l’alliance de Westminster, à un arrangement par suite duquel la Prusse leva le séquestre mis sur la dette silésienne , et l'Angleterre paya une indemnité de 24,000 livres sterling pour les pertes souffertes (1).
Mais, dans la guerre maritime de 1756, l'Angleterre voulut établir que les neutres ne pourraient faire en temps de guerre aucun commerce qui ne füt point permis en temps de paix ; elle visait, comme nous l’avons dit, à les empêcher de trafiquer avec les colonies, tandis que la France les y avait autorisés. Les Hollandais proftèrent de cette faculté; mais, leurs bâtiments ayant été capturés par les Anglais, il en résulta des discussions que soutinrent même d’habiles publicistes : Hübner (2), principalement, prétendit que le pavillon neutre couvre tout le chargement , quoiqu’il appartienne à l’ennemi, la contrebande seule exceptée. Mais, quand l’indépendance de l'Amérique du Nord eut été reconnue, l’Angleterre abandonna cette prétention, qu “elle fit ensuite revivre à l’époque de la révolution.
(1) Voy. Martens, Causes célèbres du droit des gens. (2) Du séquestre des bdtiments neutres.
priélaire.
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Dans le traité d'alliance entre la France et les États-Unis, il fut stipulé que les vaisseaux libres rendraient libres les marchandises ; la France étendit cette convention à toutes les puissances neutres, avec défense à ses nationaux de capturer les bâtiments neutres lors même qu ils feraient voile d’un port ennemi à un autre , pourvu qu'il ne fût pas bloqué, et qu'ils ne portassent pas de contrebande de guerre.
L’Angleterre » voyant alors sa supériorité ruaritime menaoée par l’alliance de la France et de l'Espagne avec les États-Unis se tourna vers la Russie ; mais, au lieu de faire un traité, Cath: : proclama la neutralité armée, en vertu de, laquelle elle MIE que les vaisseaux neutres pourraient naviguer librement de port à port, et sur les côtes des nations belligérantes ; ; que les marchandises appartenant. à des sujets des puissances. ennemies seraient libres sur vaisseaux neutres, sauf le cas de contrebande; que lon considérerait uniquement comme port bloqué celui qui le serait réellement, attendu qu’une déclaration de blocus ne, pouvait suffire. L’Angleterre, qui professait des principes opposés , vit cette déclaration de mauvais œil; les autres puissances y. adhérèrent plus ou moins; enfin, la liberté des neutres parut reconnue lors de la paix de Versailles.
Pour subvenir aux dépenses de la guerre d'Amérique , PAngleterre avait dû songer à de nouveaux impôts, Les droits d’entrée, et de sortie produisaient, en 1774, 2 millions et demi de livres sterling. La, liste civile s’élevait, sous Guillaume IIL, à 700,000 livres sterling; elle ne fut augmentée ni, pour la reine Anne, ni pour Georges I‘, qui sut cependant en économiser 23,000, pour les constituer en dot à l’une de ses filles naturelles. Sous George II, elle dépassa un million , ce qui lui permit , après de grandes dépenses, de laisser encore une épargne de 170,000 livres sterling. Le parlement fixa à 800,000 livres la liste civile de George Ill, et il fallut par deux fois payer. ses dettes jusqu’à concurrence d’un million,
La dette publique, qui s'élevait, en 1739, à 54 millions de livres sterling , monta à 78, pendant la guerre de la succession d'Autriche ; à #46 pendant la guerre de Sept ans, et à 257 à la suite de la guerre d’Ainérique. Déjà tous les revenus se trouvaient absorbés par le payement seul des intérêts, et plusieurs fois on eut des craintes pour le crédit public ; enfin, Pitt consolida la dette et assura le payement régulier des intérêts en constituant un fonds d’amortissement pour la seule dette existant alors. Puis le bill du 17 février 4792 établit qu’un fonds spéciai d’amortisse-
6 février.
Finances,
Pitt. .
Avril.
18 novembre.
a Le xs Er a mn ei isnarrntnane ner er sn — =
18 décembre.
PE a meme épis =
ment serait créé pour chaque nouvel emprunt, à räisofi d’un pour cent. De cette manière le gouvérnement reste le seul acheteur régulier des rentes, et c'est ainsi qu’il maintient une sorte d'équilibre dans le cours dés effets publics:
Chose étonnante { toutes les nations de l’Europe succombèrent sous le poids dé la dette contractée dans lé cours dé la guérté d'Amérique ; celle de l’Angleterre, malgré les revers de ses armes, devint pour elle comnie ün nouveau lién éhtre lé gouvefnément et les sujets : cé fut un refuge pour lés capitalistes, un stimulatit pour l’industrié et lé commerce. Commé l'existence dé la constitutiun se rattachait au crédit du gouvVernérnent, celui-ci n’en devint que plus fort ; car la nation éut intérêt à soutenir le crédit, de même que le gouvernemerit se trouva obligé de tout sactifier au maintien dés libertés publiques, afin d’obtenir le vote de nouveaux impôts.
Lord Chatham;, qui moürut en 1778, né laïssait rien autre chose à ses fils que son exernple. Le parlémerit paya ses dettes, et lui fit élever un monument dans WesminSter, « en témoignagé des vertus et de l’habileté de William Pitt, sous l'administration dé qui la divine Providence éleva la Grande-Bretagne à un dégré de prospérité et de gloire inconnu dans les siècles précédents. »
Son fils, du même nom que lui, ävait alors dix-huit an$, et toute sa richesse consistait dans üne éducation forte et sévère; il s’adonna donc au barreau et suivait en même temps les séances des parlements, écoutant les orateuts et s’éxerçant lui-tnême sur différents sujets. Lorsqu'il y entra , à l’âge de vingt et un ans, il attaqua, conjointement avec Burke, chef nominal des whigs, et avec Fox, leur chef réel, le ministère de lord North, qu'il vit enfin tomber sous son impopularité. Après quelques alternatives, il se forma le ministère Fox, dit de la coalition, parce qu’il réunissait les opinions les plus discordantes ; toütefois, bieri que discrédité, il réussit à terminer la guerre d'Amérique.
Le coup de maître du ministère de Fox, qui lui succédä, fut le bill des Indes, dont nous avons déjà parlé, et qui tendaït à enlever entièrement à la compagnie le gouvernement de ces contrées, pour le confier à une commission nomméé non par le roi, mais par la chambre des communes ; c’était changer la constitution, et attribuer au corps électif une supériorité dangereuse pour le pouvoir exécutif.
George III, qui s’en aperçut, s’y opposa de toutes ses forces, et protesta qu’il retournérait en Hanovre plutôt que de se soumettre à une pareille servitude. En effet, le hill fut rejeté, et Fox se
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trouva rértiplacs par Pitt, Agé de vingt-quatre ans, ait milieu d’une opposition violente; ayant étudié à fond la conititution de son pays ainsi que l’état de ses richésses et de ses ressources, Pitt reconnut qu’ilné fallait détruire aucune des forces qu'ilrenférmait, mais les faire contribuer à tout cé qui pouvait tendre.à l'agtändissement dé l’Angletérre ; fidèle à ce système, il résista vin t ans avec autant de saïg-froid que d’éloquence, d’habilété et dé/courage aux attaques de ses advefsäires , et remit en vogué les principes conservateurs. Il ne brilla pas seulement, comme son père, par élans soudains, et n'eut pas seulement à tenir les rênes de V'État dans des temps réguliers, à les défendre contié des intrigues de rois et de maîtresses, mais il eut affaire à une révolution, à des peuples ; il lui fallut établit un nouvel ordre social et se méttre à la tête de réformes que l'opinion réclamait, mais que les excès commis en France faisaient craindre et détester.
En effet, la liberté anglaise est bien différente de cellé que préchaient alors les philosophes. Si quelquefois les lords affectäient de se prendre de passion pour celle-là, et lui élevaient des statues daris leurs parcs, ils avaient grand soin de la bannir du parlement. Un écrivain moderne (1) a remarqué que les Anglais furent toujourszélés admirateurs de Venise, cette reine de: mers, qui comptait mille ans de gloire. Ils se flattèrent d’établir chez eux une aristocratie comme celle de Venise, dans laquelle ils voyaient le type dela perfection; c'était même la pensée des whigs les plus ardents, comme Harrington et Algernon Sidnéy. Ils y parvinrent lors de la révolution de 1688, et ce furent ces grands libéraux qui fondèrent le système protecteur dans l'unique intérêt des gros propriétaires. Guillaume [I eut peine à se résigner au rôle de doge, auquel on voulait le réduire; mais les princes de la maison de Hanovre, ses successeurs, George [°' et George II, durent s’ÿ renfermer de gré ouù de force. Lord Chatham essaya de briser cette oligarchie, qui, depuis plusieurs générations, servait à balayer les marches du trône avec son manteau chargé de broderie d’or, et il rendit à la nation sa dignité. Son fils marcha sur ses traces en appelant au pouvoir les classes moyennes, en plaçant l’industrie à côté de l’aristocratie, ce qui préserva l’Angleterre de l’exémple contagieux de la révolution française. On ne saurait dire pour cela qu’il existât dans le pays une démocratie , et jusqu’en 1832, l'Angleterre semble se proposer pour modèle la constitution vénitienne.
Peu de mois lui suffirent pour obtenir la confiance de beaucoup
(4) D'fsnaezs.
#auût.
de personnages influents; en conséquence, il hasarda un autre bill des Indes, où l’autorité était attribuée à la couronne. Les communes le repoussèrent obstinément. Alors Pitt, s’enhardissant, osa dissoudre la chambre, et, soutenu par celle qui. la remplagça, il en vint à ses fins. Appuyé par le roi non moins que par les communes, il entreprit des réformes intérieures, et conclut avec la Prussé'et la Hollande le traité de Loz, qui rétablit dans le Nord la supériorité de l'Angleterre, amoindrie par la guerre d’Amérique.
Son traité de 1786 avec la France est aussi remarquable comme un des pluslibéraux qui aient été faits dans son sens ; car l’Angleterre s’y obligeait à recevoir les vins français sur de même pied que ceux de Portugal : privilége illusoire, attendu que ces. derniers étaient plus connus et préférés dans le pays, tandis que la France ne grevait en retour que d’un droit léger les produits des fabriques anglaises.
Les pertes n’avaient donc pas moins contribué que les victoires à la grandeur de l’Angleterre, qui se trouvait désormais sans rivale sur les mers. On ne peut trop s'étonner de voir que ces..ineptes George n'aient point empêché la nation de marcher à pas degéant, et que des affaires destinées à changer la ‘ace du monde soient venues à terme au milieu des puérilités honteuses ou des sales intrigues de la cour. Le mérite doit en être rapporté aux institutions. Londres, capitale d’un empire démesuré, élargit ses rues et s’embellit de nouveaux édifices; le magnifique hôpital de Greenwich s’ouvrit pourles marins invalides ; plusieurs règlements améliorèrent l’administration, et la prospérité publique se fonda sur le perfectionnement de l’agriculture, de l’industrie et du commerce intérieur.
En 1757, l'Angleterre eut jusqu'à trois cent trente-sept mille hommes sous les armes, soixante et un vaisseaux de ligne, et trois cent cinquante-trois autres bâtiments de guerre. Les hommes d'État se plurent à remarquer que sur vingt blessés un seul succombait, etque sur quatorze mille hommes qui croisèrent plusieurs mois, en 1760, dans le golfe de Biscaye, vingt à peine tombèrent malades, grâce aux soins intelligents dont les équipages étaient l’objet. *
Les bandes de voleurs qui exploitaient audacieusement le pays sous George I‘ étaient détruites. La milice urbaine se trouvait organisée, | et le service des armées régularisé. Les biens confisqués sur les Écossais, par suite de la rébellion de 1745, avaient été restitués, grâce à la politique de Pitt.
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perter ‘les bändès, toujours’ prêtes à suiyre un chef, héréditaire ; maisil'en résülta un bouleversement total dans, les habitudes et le caractère national. Les champs et les montagnes.se dépeuplèrent
‘au’ptofit'des villés; le commerce et l’industrie multiplièrent les relations'dé l'Écosse avec l'Angleterre, ce qui ouvrit la, porte aux
idéés ‘et’ atix usages étrangers. tof Dans l’ancien système des clans, autrement dits /ignées, le chef truitait en’ père ceux qui relevaient de lui; il n'aurait pas augmenté les fermages, ni M à des bras en dehors de la parenté. Lorsqué cé’lién, paternel et magistral à la fois, fut brisé, au, lieu de subdiviser les biens autant que possible pour les donner à, bas prix;iet augmenter ainsi le nombre des vassaux et des soldats, on forma, 'en'élevant le prix, de grandes tenures, et l’on .congédia ceux qui étaient hors d’état de payer, pour donner la préférence à des homrhés dë la plaine, qui venaient cultiver les, biens, de la rhontagne. La valéur dés biens fonds augmenta. donc; d’où il résulta ‘que les propriétaires, qui, en 1780, pe tiraient que cinq ou sitmille” livres sterling de leurs terres, en touchaient, jusqu'à quatre-vingt ‘et cent mille à Ja fin du siècle, Les riches se trouvèrent'alors dans la plus grande prospérité, tandis que, les fermiers allaient ’appauVrissant de jour en jour. Les. campagnes se ‘peuplèrent de troupeaux au lieu d’hommes,, et de nomer se dirigèrent vers le Canada et la Nouvelle- Megus API EUR LR TS STE Ga ES tp, L'Angleterre ‘avait prévu ce désastre, et laissa à l'Écosse, moyennant tuelques dédommageménts, ses lois municipales, certains avantages honorifiques et quelques autres concessions; mais industrie gaghaen proportion de ce que perdaient les agriculteurs.
Glascow, qui comptait à peine quatorze mille habitants en 1707, en,
avait éeñt cinquante mille à la fin du siècle, et. aujourd’hui. elle en renferme deux cént quatre-vingt mille. La douane de son port a
produit ‘en'’1840 neuf cent mille livres sterling, tandis qu’au
témps de l’uiion celles de tout le royaume ne rapportaient pas trente quatre mille livres. | A cette époque, Jean Wesley, thévlogien anglican, introduisit uné riouvéllé secte, dite des méthodistes, observateurs rigides des principes du calVinisme. Bientôt il s’y manifesta une division opérée par George Whitefield, qui combattait la prédestination et se fit aïmér par son zèle à secourir les classes pauvres. | Un profond sentiment de tolérance et de philarthropie , bien HIST, UNIV, —- 7. AVIL 26
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qu’en opposition avéc les intérêts du pays, porta les esprits à s’occupet aussi des nègres ; lesquaäkers, qui avaient aboli l'esclavage parmi eux, ptésentèrent au patlément titic pétition demandant que la traite füt prohibée. Ils furent appüyés par les rméthodistes, et le peuple prit l& mesure à cœur; les Univetsités d'Oxford et de Cambrige ainsi que plusieurs villes émirent des vœux dans le même sens. Wilberfürce les appuya par réligioh, Fox par philañthtopie, et le ministère fut obligé d’ordonnéer une enquête sur les faits qui lui avaient été sigrialés: La question fut soumise par Pitt à la Chambre des communes; alors cofmetita 18 môutvettient, non interrompit depüis, dont le but ést l’affranchissemient des nègres ét l'abolition de la traite : tnouvement auquel applaudissent les philanthropes, tandis qué d’autres ne savent y voir qü’ufie r'üse de l'Angleterre pour affaiblir les colonies des autres puissances en Amérique; ëh leur enlevant des bras dont elle n’a pas bésoiti dans ses posséssions des Indes, Heureuse la politique dont les ruses sont conformes aux lois les plus saintes de l'humanité !
On a peine à se figurer que l'Angleterre, alors l’objet de l’admiration des hommies d'État, conservât, dans un temps où le cri de réforme retentissait dans toute l’Europé, tant de rigueur contte les catholiques, auxquels elle continuait dé réprocher une intolérante depuis longtemps oubliée. Anne, la bonne féine, avait rendu contre eux les ordônnances les plus sévères ; si la maison de Brunswiek laissatomber en oubli celles qui concernaient les persünnes, il h’en fut pas de mêtie pour celles qui avaient rapport aux biens ; on les avait même rendues plus cruelles dans lespoir de déposséder peu à peu les catholiques,
Au moment où Frédéric IL tolérait les jésuites, où Catherine IT laissait élever dans Saint-Pétersbourg une église catholique, où Gustave IL en ouvrait une à Stockholtn, cette disposition libérale se rnahifesla aussi dans la Grande-Bretagne; mais le peuple s’ÿ oppôüsa avec fureur. Les juifs ayant été naturalisés en 1753, l’indignation publique fut telle, qu’il fallut rapporter cette mesure ; on eut beaucoup de peine ; en 1754, à faire adoptet la réforme grégorienne du calendrier, et la raison c’est qu’elle était l’œuvre d’un pape. Les idées avançaient néanmoins; en 1775 , les chambres adoptèrent une formule de serment qui, ne contenant rien qui répugnât à la religion romaine, fut prêté par la plupart des catholiques. Puis, sur la proposition de George Saville, on abrogea une partie de l’Acée du règne de Guillaume IIE, qui prononçait l’emprisonnement perpétuel contre les évêques et les prêtres catholiques tenant uns école ; et déclarait les catholiques déchus du droi
rits à s’oc- ‘esclavage émandant thodistes, ford et de s lé même nthropie, s faits qui Pitt à la hent, non les hègres lissent les ñé r'üse de sances en soiti dans rusés sont
it de l’adlemps où nt de riréprocher ne féeine, bres ; si la icérnaienit aient rapdans l’es-
itherine IT olique, où n libérale peuple s’y 53, l’indiesure ; on orme gréuvre d’un chambres n qui réès catholirogea une çait l’ems catholi- :s du droi
ÉTAT INTÉAIÉOR DÉ L’ANGLÉTERRE. 403
d'hériter et d'acheter des propriétés. Tous néaninoins dutent prêter un serment qui se tessentait des vieilles craintes anglicanes : ils furent forcés de jurer de ne prendre autune part à des conspirations, de ne point. assister le prétendant, de ne point croire qu’il soit permis d’assassiner les hérétiques, ni de refuser obéissance à un prifice excommiuünié, ét de ne pas regarder le pape un autre pritice ou prélatcomme ayant pouvoir oüjuridiction dans le royaume.
On essaya d’en faire autant en Écosse; mais plusieurs synodes protestèrent. Il se forma des associations dans le peuple pouf empêcher toute concession aux éatholiques ; on passa dé là aux faits, et 1e calme ne se rétablit que sur la déelaration forthelle qu’on ne se relâcherait en rien des rigueurs décrétées tontre etit.
Ces associations avaient pour chef George Gürdoh; mélange d'enthousiasme, d'artifice et de folie. La chambre s’amusait de son étrange toilette, et de la chaleur not moins étrange avaë laquelle il ne cessait de montrer les périls dont le papisiné entourait la religion et la liberté ; mais il excita tellement le fanatisme dans Londres, que l'association protestante demanda que là loi favorable aux catholiques füt rapportée.
Une foule immense, partagée en quatre Corps et portant pour symbole des nœuds blancs, s'achemina vers les chambres , avec une pétition, couverte de cent vingt mille signatures. Il était facile de prévoir qu’un orage éclaterait ; en effet, pendant la discussion de là proposition, et plus encore lorsqu'elle eut été rejetée par cent quatre-vingt-dix voix contre six, la multitude, irritée, se mit à renverser les chapelles catholiques, puis à saccager Londres, en se déchaînant surtout contre les catholiques et leurs partisans. Elle ouvrit les prisons, mit le feu en plusieurs endroits, et assaillit la Bourse; il fallut proclamer la loi martiale, et appeler des troupes. Il y eut quatre cent cinquante-huit morts et blessés, et beaucoup d’autres restèrent écrasés sous les maisons qu'ils démolissaient. Lorsque le tumulte eut cessé, Gordon ; poursuivi pour crime de haute trahison, fut absous par le jury; d’autres chefs subirent un châtiment rigoureux. On calma les esprits en enlevant aux papistes l'éducation ; ce qui dissipa la terreur panique à laquelle ils étaient en proie.
C’est ainsi que des répugnances religieuses faisaient soutenir au peuple anglais les anciens excès de la tyrannie, et que le gouvernement se voyait contraint de céder, quoique Fox $’écriât qu’il était honteux de se faire l’instrument des passions popülaires, et s’élevât hautement contre le serment du fest.
a juin.
Irlande,
Comme l'effet de ces haines se faisait sentir davantage dans la malheureuse Trlande, elle avait plusieurs fois demandé en vain que son commerce et son industrie fussent dégagés d’entraves ; pour se, soustraire au monopole étranger, des associations s’étaient formées dans le but de repousser les marchandises anglaises. D’autres. associations armées alléguaient, en protestant de leur fidélité, l'intention de se défendre contre une invasion française ; elles comptèrent jusqu’à cinquante mille hommes dans leurs rangs. Le gouvernement anglais n’osa y mettre obstacle par respect pour la légalité, et dans la crainte de provoquer les esprits à la résistance. Les Irlandais, encouragés par. cette modération, prononcèrent leur séparation di parlement anglais, et celui de Dublin cassa tous les décrets rendus contre les catholiques; il demanda en outre la liberté du commerce.
Le parlement de Londres, engagé dans des guerres extérieures, abrogea leslois qui prohibaientl’exportation des laines irlandaises, ou entravaient le commerce des verres à vitres avec les colonies. .
La capitulation de Limerick, accordée par Guillaume III aux catholiques irlandais en 1691, garantissait à ceux qui se, soumettaient au gouvernement leurshiens etleurspriviléges, comme avant le règne de Charles II, et le libre exercice de leur culte, autant que le comportaient les lois du royaume. Or, ces lois défendaient le papisme, et poussaient fort loin la tyrannie; plusieurs fois les Irlandais avaient fait entendre des plaintes, mais sans rien obtenir. Aucun d’eux n’avait pris part au mouvement écossais de 1745 ; mais ils frémissaient sous le joug, et comme ils n’avaient. point alors un personnage influent pour les diriger, les Enfants blancs (æwhile-boys) et les niveleurs se soulevèrent contre les fermages exorbitants et contre les dimes exigées par le clergé protestant. Bien que sans expérience , ils s’organisèrent du mieux qu’ils purent , en s’obligeant à garder le secret, et à faire chacun ce qui leur serait commandé par l'association. Ils expédiaient des ordres personnels, avec des menaces suivies d’effets terribles, tels qu’assassinats, enlèvements de jeunes filles, incendies, dévastations des propriétés et des troupeaux, à l'égard de ceux quise montraient tropexigeantsenvers lears fermiers, qui les congédiaient, qui donnaient de trop de faiblés salaires. Les maux que fait un peuple en révolution sont proportionnés à l’oppression qu’ila endurée (1);
(1) Arthur Young, Anglais et protestant, qui voyageait en frlande en 1778, s’exprimait ainsi : « Le propriétaire d’un bien occupé par des tenanciers catholiques est une espèce de despote qui ne reconnaît, dans tous ses rapports avec eux, d’autre loi que sa propre volonté... Il ne saurait imaginer un ordre
ge dans la 2h vain que ves ; pour 1s s'étaient anglaises.
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ktérieures, rlandaises, colonies.
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