‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 133 sur 245 · L'EMPIRE. JOSEPH · texte numérisé non relu

L'EMPIRE. JOSEPH

ligieuse ; Marie-Christine épousa le dernier fils d’Auguste HE, roi de Pologne, et le ciséau de Canova l'a immortalisée. Amélie fut unie au duc de Parme, Caroline au roi des Deux-Siciles. Marie- Antoinette était réservée à uu destin plus brillant, bientôt suivi d’une terrible catastrophe.

Le second de ses fils eut la Toscane ; le troisième épousa Béatrix, héritière de Modène, et reçut le gouvernement du Milanais ; Maximilien obtint des titres et l'évêché de Munster.

Joséph IL, l'aîné, qui fut élu empereur, donnait de grandes espérances : il était jeune, plein d'instruction et d'imagination, montrait pour la guerre plus de goût qu'on n’en a d'ordinaire en Autriche ; il avait vécu dans le monde, où il répandait des bienfaits. Marie-Thérèse l’aimait peu, le jugeant grossier et dur de cœur (1). Pendant le temps qu’ils régnèrent ensemble , ils furent peu d’accord, elle désirant conserver par la paix ce qu’elle avait acquis, et lui aspirant à l’accroître par la guerre.

Il avait étudié le droit public plus que les princes n’en ont l'habitude; dans le lecture des économistes, alors en grande faveur, dans la conversation des hommes instruits et dans ses voyages, il contracta cette manie de réformes qui se produisait en tout. Les obstacles qu'y apporta sa mère ne firent que l’accroitre, d’autant plus que toutes les suppliques, toutes les doléances s’adressaient , comme il arrive toujours, à l'héritier du trône.

Devenu maître à l’âge de quarante ans, il voulut se hâter pour regagner le temps perdu; comme il ne pouvait réformer tout l’empire, il se mit à l’œuvre dans ses provinces héréditaires, où il se proposait d'introduire tout d’un coup cette unité et cette centralisation qu’il voyait en France , en dépit des priviléges et du régime provincial,

En effet, il y avait dans cet héritage, dont l’acquisition avait été si longue, autant de nations que de provinces avec des langues, des habitudes, des civilisations différentes : ici la féodalité était en pleine vigueur; là:elle se trouvait modérée par des lois et des coutumes; il y avait presque partout des États, composés de deux ordres privilégiés et de quelques députés des villes royales, qui partageaient avec le roi le droit d’asseoir des taxes ; les bourgeois n’avaient aucune représentation; dans certains lieux, les paysans n’étaient pas affranchis du servage. .

Joseph rêvait un vaste système d’unité administrative, où

(1) Selon Coxe, elle disait à un artiste célèbre : J'enseigne à mon fils à aimer

les arts, pour qu’ils le dégrossissent. Il a le cœur dur.

1780, 29 novembre.

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