‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 135 sur 245 · L’EMPIRE. JOSEPH II · texte numérisé non relu

L’EMPIRE. JOSEPH II

« le pays. Souverain d’un grand empire, je dois embrasser d’un « coup d’œil l’ensemble de mes États, ‘sans écouter chaque fois « les cris de quelques provinces qui ne connaissent: qu’elles- « mêmes. Le bien des particuliers est une chimère, et je le sa- «crifie au bien général... » Ce principe, qui dans la bouche des philosophes n’était qu’une absurdité païenné, devenait meurtrier dans la main d’un prince. |

Les questions religieuses furent pour lui. un écueil plus grand, Après la réforme, elles avaient été assaupies en Allemagne, mais non éteintes; comme des disputes fréquentes renaissaient sur l'application des droits, beaucoup de princes avaient eu l’intention de mettre d’accord les calvinistes et les luthériens. En 1621, Guillaume IV, landgrave de Hesse-Cassel, ayant convoqué les théologiens dans sa capitale, ils décidèrent qu’une des sectes ne désapprouvait pas l’autre touchant les dogmes de la prédestination, de la grâce universelle, de l’application des mérites de Jésus-Christ, du baptême et de l’exorcisme; mais cette tentative de paix n'amena qu'une recrudescence de. haines, et Christian Thomasius, de Leipsick, Godefroy Masius , de Copenhague, publièrent des écrits violents où vint se mêler la politique.

La politique avait également fait désirer cette réunion au premier roi de Prusse : elle était favorisée par sa femme, Sophie- Charlotte et par Leibniz; en conséquence, un synode fut réuni à Berlin en 1705, pour aviser aux moyens de s'entendre; mais il se termina aussi par des anathèmes. Le roi cependant fit élever une église commune aux deux cultes, sur l’autel de laquelle étaient placés la confession d’Augsbourg et le catéchisme d’Heidelberg. |

Son successeur ne s’occupa nullement de cette fusion ; mais les dissidents s’y employèrent, car ils en reconnaissaient la nécessité pour résister aux catholiques, et parce que la réunion devait concerner uniquement les points essentiels au salut, sur lesquels on était déjà d'accord. Le savant théologien Pfaff, chancelier de l'université de Tubingue, en fut le grand promoteur, et il eut pour opposant un homme d’un aussi haut mérite dans Cyprian, de Gotha.

Frédéric TI, tolérant par indifférence, laissa chacun observer les cérémonies qui lui convenaient; et le temps rencat la réunion moins difficile, en détruisant les haïines nées de convictions profondes. On se rapprocha donc, les calvinistes renonçant à la prédestination, les luthériens à la présence réelle. Restait, il est vrai, le côté politique , les luthériens attribuant au prince tout le

pouvoir ecclésiastique, les réformés plaçant l'autorité dans .la réunion de tous les fidèles; mais on n'y fi point attention jusqu’à notre époque.

Un certain nombre de protestants s'étaient réfugiés dans le pays de Salzbourg, et, quoiqu’on les eût chassés, il en était resté quelques-uns dans la vallée de Tefferegg, où ils se trouvaient ignorés ou tolérés. Le baron de Firmian, étant venu dans ce diocèse comme prince archevêque, voulut les expulser; malgré leur recours au corps évangélique, et bien que les rois se fussent interposés, il les chassa, sans même leur permettre d’émporter ce qu’ils possédaient. Ils étaient plus de vingt mille, dont dixhuit allèrent s'établir dans la Lithuanie prussienne; les autres passèrent en Amérique. Toute l’Europe fut en rumeur pour l’émigration de Salzbourg.

Marie-Thérèse, qui attachait une extrême importance aux pratiques de dévotion, au point d’en épier l’accomplissement au sein des familles, ne voulut pas accorder à ses sujets la liberté du culte, quoiqu’ils invoquassent le traité de Westphalie ; elle permit seulerient aux dissidents de l'Autriche, de la Styrie et de la Carinthie d’émigrer en Transylvanie. Néanmoins, sous l'influence de Kaunitz, imbu des idées philosophiques, elle apporta des restrictions à l’autorité pontificale, et prononça . l’expulsion des jésuites, dont les biens furent affectés à l'instruction publique.

Le Jus ecclesiasticum de Van Espen (1), où les droits des princes sont constamment soutenus contre ceux du sacerdoce, était très-répandu en Allemagne. L'opinion publique y fut indisposée contre les pontifes, non par les jansénistes, écrivains trop raffinés, ni par les philosophes, trop railleurs pour une nation grave et pensante, mais par un prélat catholique, Jean Nicoias de Hontheim, évêque suffragant de la métropole de Trèves, renommé pour son intégrité et sa piété. Il publia en 1750 l’Histoire diplomatique de Trèves; puis il fit paraître en 1763, dans l'intention de rapprocher les dissidents catholiques, un petit livre Sur l'état de l'Église et la puissance légitime du pontife rcmain (2), qui, réimprimé avec des additions, devint le manuel de son parti. Dans cet opuscule, il cherche à établir que le pouvoir ecclésiasaque n’a pas été attribué à un seul personnage infaillible et autorisé à publier des lois obligatoires pour tous les

(1) Tome XVI, page 665.

(5) Jusrins FEBRoNI De statu Ecclesiæ et legilima potestate romani ponlificis Liber singularis, ad reuniendos dissidentes in religione christiana compositus. Bouillon.

chré par chef voir a po sans conc pose que tran etau ticuli décré les e trera lui-

sent C’e

cont tant aux des entas nière schis So le pe des mani éditi maxi s’en par I Antc febr érud que.

mais expl À

6 dans .la on jusqu’à

s dans le était resté trouvaient | dans ce r; malgré se fussent l'emporter dont dixles autres pour lé-

> aux prant au sein liberté du le permit de la Cal'influence a des reson des jéique.

roits des acerdoce, fut indisvains trop ne nation n Nicoias rèves, re- 750 l’His- 763, dans petit livre pntife roe manuel e le pounnage intous les

bmani ponchrisliana

Page 1